Des grands-parents toujours en attente

Dix-sept mois après le décès de leur petit-fils Charles (prénom fictif), dont le dossier de signalement et d’évaluation avait été placé sur la voie d’attente par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean avant son décès, les grands-parents sont toujours en attente du dénouement de l’enquête par la Division des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec.

Invité à commenter les derniers développements survenus au CIUSSS avec la nomination de Caroline Gaudreault à la DPJ plus tôt cette semaine, A.S., grand-père du côté maternel, affirme que c’est le calme plat du côté policier, mis à part le fait que les enquêteurs semblent se succéder. « Nous avons discuté avec un nouvel enquêteur. On est rendus au quatrième, mais rien de significatif n’est survenu. Il nous a promis que d’ici les Fêtes, il viendrait nous rencontrer », affirme A.S. 

Il ajoute qu’il n’y a pas une journée où lui et sa conjointe ne pensent pas aux événements entourant les circonstances du décès du petit Charles tout en vivant dans l’espérance de recevoir un appel ou un document qui leur apprendrait ce qui s’est vraiment passé. « C’est un événement qui nous a tués et qui continue de nous tuer tranquillement », a-t-il confié.

Aucun rapport d’autopsie ne leur a encore été soumis. La seule information qui transpire est que la SQ s’est adressée à la cour pour obtenir la permission de conserver certains éléments qui pourraient servir en preuve advenant que des accusations soient éventuellement déposées.

A.S. dit comprendre d’un autre côté que la SQ prenne le temps nécessaire pour tenter d’élucider un crime, s’il y a lieu.

Du côté de la Sûreté du Québec, la porte-parole, Ann Mathieu, a déclaré que l’enquête se poursuit dans ce dossier où l’enfant avait été victime de sévices en dépit du fait qu’il avait été soumis aux examens de professionnels de la santé. Même s’il peut arriver qu’il y ait des changements au niveau des enquêteurs pour toutes sortes de raison (retraite, mutation de personnel), elle assure que le contenu des enquêtes est préservé et que rien n’est perdu. « On a vu des dossiers d’enquête qui ont été très longs et qui ont mené sur quelque chose. »

En ce qui a trait au changement de garde à la tête de la DPJ du Saguenay-Lac-Saint-Jean et au suivi de l’enquête de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, A.S. se dit rassuré d’une chose : que le cas du petit Charles ait fait bouger et peut-être permis de sauver d’autres enfants. « Il est clair que la DPJ avait des problèmes majeurs puisque neuf des recommandations faites sur 23 la concernent », constate A.S.

L’enquête avait révélé que la directrice de la DPJ en poste, au moment de l’enquête, Sonia Boivin, n’avait qu’une connaissance théorique de la Loi sur la protection de la jeunesse.