Stéphanie Gignac est directrice amélioration des affaires Atlantique chez Rio Tinto.

Des figures féminines inspirantes

Encourager les jeunes filles à emprunter des voies dites moins traditionnelles a toujours sa raison d’être en 2019. Du moins pour l’ingénieure industrielle Stéphanie Gignac, qui a été sélectionnée par le programme provincial Les Catalys, qui vise à motiver les filles de 13 à 19 ans à choisir les sciences comme domaine d’étude. Celle qui est désormais directrice amélioration des affaires Atlantique chez Rio Tinto a accepté ce rôle, espérant ainsi inspirer les adolescentes tout en démystifiant les métiers scientifiques.

Les Catalys est un projet montréalais, présenté sous la forme d’une websérie ludique et faisant la promotion des femmes en sciences à travers dix figures féminines. Elles présentent leur quotidien et font la lumière sur leur métier.

Stéphanie Gignac est l’une d’entre elles, la seule des dix femmes sélectionnées à représenter la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Son employeur, Rio Tinto, avait été approché par la boite de production des Viü Médias, qui est derrière le concept des Catalys, afin qu’on lui propose une employée performante et inspirante. Le nom de Stéphanie Gignac est immédiatement venu sur le tapis.

La femme, qui a été embauchée par Rio Tinto en 2007, est née à Shawinigan, mais s’est installée au Saguenay en 2001, lorsqu’elle a rencontré son conjoint. Après avoir oeuvré comme ingénieure industrielle puis comme directrice adjointe des opérations aux usines Grande-Baie et Laterrière, elle vient tout juste d’obtenir un nouveau poste, celui de directrice amélioration des affaires Atlantique. Elle supervise ainsi l’amélioration continue de toutes les usines du Saguenay-Lac-Saint-Jean jusqu’à celle de Kitimat.

La femme a-t-elle toujours su qu’elle voulait travailler dans le monde industriel ?

« Pas vraiment. Mais mon père était directeur d’école alors c’est certain qu’il m’a encouragée à aller en sciences au cégep, car c’est un domaine qui ouvre le plus de portes possible. Mais j’avoue que je n’ai pas toujours trouvé ça facile ! », a affirmé Stéphanie Gignac, lors d’une entrevue accordée au Progrès. Petite, elle n’était pas du genre à faire des expériences dans son sous-sol ni à participer aux Expo-Sciences.

« J’étais plutôt une jeune fille qui faisait du sport. J’ai d’ailleurs enseigné la natation durant plusieurs années. Les sciences, c’est un domaine assez ardu, mais c’est aussi très intéressant. J’ai tenté les sciences infirmières durant une session, mais je suis vite revenue aux sciences pures. Le domaine de la santé me correspondait moins, je me voyais davantage professeure de sciences ou ingénieure et c’est finalement ce que je suis devenue », a expliqué Mme Gignac, qui n’a pas trop eu de difficulté à faire sa place dans un milieu majoritairement masculin.

« J’ai grandi avec deux frères, alors j’ai toujours eu à faire ma place ! Travailler dans un milieu d’hommes, ça peut être cru par moment, mais c’est aussi facilitant. J’ai toujours aimé ça et je me suis toujours bien entendue avec mes collègues », a ajouté l’ingénieure.

Pourquoi a-t-elle accepté d’être une Catalys ?

« Ce n’est pas trop mon genre de me mettre en avant-plan, mais je trouvais le concept intéressant. Si je peux inspirer une jeune fille, ça sera déjà ça ! Faire connaître des métiers qu’on n’a pas la chance d’avoir dans notre environnement immédiat, ça peut motiver des jeunes et les encourager », a affirmé celle qui est également la maman de jumelles de 10 ans et qui a couru son premier marathon à 40 ans.

Si elle avait un conseil à donner aux adolescentes, ce serait celui de ne pas lâcher et de foncer.

« Ce n’est pas facile parfois, mais on vient toujours à bout de nos aspirations », précise celle qui a jadis été inspirée par l’astronaute Julie Payette.

Les capsules des 10 femmes sélectionnées peuvent être visionnées sur la page Facebook Les Catalys.