Un regroupement de familles pratiquant l’enseignement à la maison a manifesté, vendredi, à Chicoutimi, puis a rencontré le député caquiste François Tremblay.

Des familles manifestent pour l'enseignement à domicile

Un regroupement de familles pratiquant l’école à domicile au Saguenay–Lac-Saint-Jean s’oppose au projet de modification du règlement sur l’enseignement à la maison déposé par le ministre Jean-François Roberge. Ses membres sont contre l’imposition des examens du ministère et l’abolition de la Table de concertation nationale sur l’enseignement à domicile.

Le regroupement a organisé un rassemblement pacifique, jeudi midi, pour informer la population à la Place du citoyen. Il a été suivi d’une rencontre avec le député caquiste de Dubuc, François Tremblay, afin de faire valoir leurs arguments contre l’application des nouvelles mesures de la loi 144.

Le projet de modification a été déposé par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec en mars. Dans son application, le gouvernement demandait, entre autres, à ce que tous les étudiants à la maison passent les examens ministériels à partir de la 4e année.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en 2018, le gouvernement libéral a adopté la loi 144. Un encadrement plus strict a ainsi été mis sur pied pour les parents enseignants.

Mais à ce moment, les parents avaient plusieurs choix d’évaluation. L’un d’entre eux était de prendre les examens du ministère. Plusieurs préféraient une autre méthode, celui du portfolio, qui, selon Caroline Jean, co-porte-parole du regroupement, se concentre sur la progression du jeune contrairement aux connaissances apprises par coeur en vue d’un examen.

Une Table de concertation nationale, composée de 21 intervenants, avait été également créée, pour mieux comprendre et conseiller ceux qui font l’école à la maison. Cette dernière a été suspendue à l’arrivée du nouveau gouvernement.

« Le nouveau gouvernement va trop vite et oublie d’attendre pour voir si ce qui a été mis en place l’an dernier fonctionne. Une évaluation des retombées d’une première année de l’application du règlement était déjà en cours, mais le ministre n’a même pas attendu les résultats ! » a affirmé Mme Jean, par voie de communiqué de presse. Le regroupement préférerait que le ministre reconstitue la Table de concertation nationale et collabore avec elle, ainsi qu’avec la Direction de l’enseignement à la maison (DEM), avant d’imposer de nouvelles mesures.

Mme Jean a aussi souligné que les enseignants des milieux scolaires conventionnels ont accès aux paramètres des examens ministériels et peuvent donc faire pratiquer la matière aux enfants, un avantage dont ne bénéficient pas ceux qui ont l’école à domicile. « Plusieurs ont quitté le système scolaire à cause de problèmes d’anxiété et de performance. Des examens obligatoires dans ce contexte pourraient bouleverser le cheminement académique de plusieurs enfants » a-t-elle continué.

Pour elle, faire l’école à la maison est un choix et un privilège. Elle aimerait que le gouvernement maintienne plutôt le statu quo et vérifie l’évaluation de la première année de la Table de concertation avant de faire quoi que ce soit.