Des experts réclament un régime d’assurance-médicaments universel

MONTRÉAL — Un régime public universel d’assurance-médicaments permettrait aux Canadiens d’épargner entre quatre et 11 milliards $ par année et améliorerait l’accessibilité aux médicaments pour l’ensemble de la population, mais il ne doit pas être calqué sur celui du Québec.

C’est l’avis émis, jeudi, par près de 1300 experts indépendants du domaine de la santé et des politiques publiques. «On a toujours un grand problème d’accès aux médicaments au Canada et un problème de coût aussi», a expliqué Marc-André Gagnon, professeur de politique publique à l’Université Carleton.

«Ça coûte extrêmement cher et l’assurance-maladie reste complètement incomplète sans le médicament; un patient à l’hôpital, dès qu’il sort de l’hôpital, n’a parfois plus accès aux soins de santé essentiels que sont les médicaments pour des raisons financières», a-t-il noté, tout en rappelant que le droit aux médicaments est un droit humain fondamental reconnu par l’ONU.

S’appuyant sur le rapport du Conseil consultatif sur la mise en oeuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, publié en juin dernier, les experts signent une lettre demandant à tous les partis politiques de s’engager pour la mise sur pied d’un tel régime afin d’éviter d’en faire un enjeu partisan.

Les experts estiment que le Canada et les Canadiens ont tout à gagner à aller de l’avant non pas avec un régime parallèle ou mixte, mais bien avec un régime intégré au régime universel d’assurance-maladie, comme l’ont fait tous les autres pays développés avec un régime de santé public.

Le Canada, qui «fait figure d’anomalie» à ce chapitre parmi les pays ayant un système de santé public, occupe le deuxième rang, derrière les États-Unis, où le prix des médicaments est le plus élevé. 

De nombreuses études au fil des ans ont démontré qu’il ne fait aucun doute qu’un régime pancanadien, qui permettrait des achats groupés, pousserait les prix fortement à la baisse, en plus de permettre l’accès aux citoyens moins fortunés.

Quant au Québec, son régime mixte ne saurait servir d’exemple affirme avec force Marc-André Gagnon : «Le Canada est le deuxième pays le plus cher au monde en médicaments en termes de coût per capita, derrière les États-Unis, et au Canada la province la plus chère c’est le Québec.»