L’école de langue française et de culture québécoise de l’UQAC a accueilli plusieurs étudiants anglophones. Ceux-ci ont pu visiter des entreprises de la région, comme Ubisoft.

Des étudiants en génie ravis

Étudier et habiter au Québec depuis trois, voire cinq ans, sans parler un mot de français, ça se peut. Par contre, un groupe d’étudiants internationaux en génie de l’Université McGill, à Montréal, qui achève un stage de quelques semaines à l’École de langue française et de culture québécoise (ELFCQ) de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), croit que cela n’a aucun sens.

C’est pourquoi les universitaires ont soumis leur candidature au programme d’immersion Explore. À quelques heures de la fin de leur stage, ils se sont entendus pour dire que Saguenay est sans contredit le meilleur endroit en Amérique du Nord pour apprendre la langue de Molière.

L’ELFCQ en avait beaucoup à offrir aux étudiants, cette année. Une nouvelle formule a été lancée, laquelle leur a permis de visiter des entreprises ayant pignon sur rue à Saguenay et oeuvrant dans des domaines spécialisés connexes aux champs d’études des apprenants. Ainsi, les 13 jeunes, qui se trouvent au début de la vingtaine, ont pu se rendre chez Norda Stello, STAS, Dynamic Concept, Canmec, Cégertec et, en toute fin de parcours, aux studios d’Ubisoft.

« Ce programme vise à faire connaître l’expertise de nos entreprises au Saguenay–Lac-Saint-Jean dans différents domaines. Les étudiants apportent, avec eux, dans leur université, leurs découvertes et leurs coups de coeur pour les entreprises. C’est un bon moyen de promouvoir notre région », dit l’agente de liaison de l’ELFCQ, Josianne Gauthier.

Autour d’une table ronde, Al Abri, Katharine Callahan, Junho Park et Ross Li avaient plein de choses positives à dire au sujet de notre région. Al Abri, originaire d’Oman, au Moyen-Orient, parle arabe et anglais, mais ne balbutiait que quelques mots de français avant de fouler le sol de Saguenay. Le futur ingénieur informatique a pigé très rapidement et s’exprime aujourd’hui avec aisance dans sa troisième langue, animé d’une spontanéité étonnante.

« Je suis parti de zéro. La première semaine, j’étais complètement perdu. La deuxième, c’est devenu beaucoup plus facile. C’est un environnement très francophone. C’est le meilleur endroit pour apprendre », a-t-il remarqué.

Katharine Callahan, une Américaine, qui deviendra bientôt ingénieure mécanique, est tombée en amour avec sa ville d’adoption, Montréal. Si bien qu’elle souhaite s’y établir après l’obtention de son diplôme. Il est cependant inconcevable pour elle de s’établir dans la Belle Province sans maîtriser le français. Le partenariat entre McGill et l’UQAC lui a plu, parce qu’elle savait que Chicoutimi était une destination de choix pour polir sa seconde langue, elle qui a suivi quelques cours de français à l’école, il y a de cela plusieurs années.

« Quand j’ai choisi McGill, j’ai dit : ‘‘C’est bon, je vais améliorer mon français’’. Ça fait quatre ans que je suis là et je ne parle jamais français. J’habite une communauté anglophone. On doit parler les deux langues quand on vit à Montréal, je pense », fait valoir l’étudiante, qui enchaîne avec un « J’adore Chicoutimi ! » bien senti.

Junho Park, est né à Séoul, en Corée du Sud, et a vécu dans de grandes villes du monde, dont Washington et Oxford. Il n’avait jamais séjourné dans un milieu doté d’aussi grands espaces et où le plein air est à la portée de tous. Il sort ravi de son expérience et confie qu’il va vraiment s’ennuyer de son « chicoutimipère » et de sa « chicoutimère », en référence à Jean-François et à Lucie, les gens qui l’ont accueilli.

« J’ai appris plus dans ma famille qu’à l’école », pointe-t-il, ce qui rappelle les avantages manifestes de l’immersion quand vient le temps d’apprendre une langue.