Le conseiller Kevin Armstrong est revenu sur les événements de mercredi en réclamant l’adoption d’un plan de redressement financier.

Des élus de Saguenay tentent de calmer le jeu

La séance extraordinaire du conseil de Saguenay tenue vendredi midi a été l’occasion pour plusieurs élus de tenter de calmer le jeu à la suite du rejet, mercredi, du projet de budget pour l’exercice 2020. La séance a été l’occasion pour les conseillers Kevin Armstrong, Carl Dufour, Michel Thiffault et Julie Dufour de nier avoir des velléités pour briguer la mairie en 2021. Mme Dufour a invité la mairesse à choisir entre son chapeau de mairesse et de cheffe de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD).

Ce qui ne devait qu’être qu’une séance technique pour repousser des projets de règlement en l’absence de budget s’est transformé en assemblée de justification du vote de rejet mercredi. Le conseiller Kevin Armstrong a été le premier à prendre la parole en niant que le rejet a été un coup de Jarnac, un effet de surprise, laissant croire qu’il a sorti un lapin du chapeau. Il a rappelé qu’il y a un an, il s’est rallié à contrecoeur contre le budget 2019, enjoignant Michel Potvin de présenter l’état de situation de la dette sans les filtres qui cachent le déficit fonctionnel.

La présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, a demandé à Josée Néron de réfléchir à son double rôle de chef de parti et de mairesse de Saguenay.

Il ajoute avoir essayé de nouveau, le 22 octobre dernier, d’exposer les défis qu’il estime être prioritaires. « Oui, on m’a laissé la chance d’être entendu, mais il y a un monde entre être entendu et écouté et encore plus entre être entendu et que des actions concrètes soient posées », a-t-il affirmé. La formation d’un comité ad hoc il y a trois mois a été l’occasion de parler de la fiscalité des périphéries plutôt que de dette et de gestion financière. Il a reproché à M. Potvin de ne pas se préoccuper de ces sujets tout en n’ayant pas de plan de match financier ou encore de plan pour revoir les pratiques organisationnelles.

Il a reproché à l’ERD d’avoir dans son ADN un ennemi bien personnifié, la formation ayant été fondée sous l’impulsion de sortir quelqu’un de son siège (le maire Tremblay).

Josée Néron a fait part de sa volonté de travailler en collaboration avec les conseillers indépendants pour l’avancement de la Ville.

Répondant à l’appel de la mairesse Néron lancé dans Le Quotidien de jouer franc jeu par rapport à ses ambitions politiques, M. Armstrong a affirmé n’avoir aucune intention de se présenter à la mairie aux prochaines élections. Selon lui, l’un des problèmes nuisant au fonctionnement du conseil est l’impression de plusieurs que les intérêts électoralistes de l’ERD sont priorisés au détriment d’une vision commune. Il a proposé de reléguer l’agenda politique de l’ERD pour écrire ensemble un plan stratégique.

La mairesse Néron a donné la réplique en rappelant qu’en assemblées plénières tenues en novembre et décembre, tout le monde avait levé la main pour adhérer au budget, personne n’ayant demandé de le repousser de côté. « J’ai attendu, mais je n’ai jamais eu de proposition à la suite de la formation du sous-comité ad hoc sur les finances. Agissez, apportez-nous des solutions. Vous avez de bonnes idées. Vous être mon collaborateur en matière de finances. Apportez-nous des propositions », a-t-elle clamé.

Le président de la Commission des Finacnes, Michel Potvin, avoue avoir entendu le message de Kevin Armstrong, mais ne pas l’avoir écouté.

Le président de la Commission des finances, Michel Potvin, a fait son mea culpa en reconnaissant avoir entendu le conseiller, mais ne pas l’avoir écouté puisqu’il croit que les solutions résident dans la recherche d’une meilleure efficience de l’appareil municipal. « Je persiste à dire que je ne suis pas d’accord. C’est un grand coup d’avoir fait ça comme ça. Je l’ai pris personnel. Je ne l’ai pas vu venir. Je ne suis pas d’accord avec ce qui s’est passé. Je n’ai pas apprécié les deux dernières journées. Il n’y a pas de miracle financier à part arrêter les investissements », a-t-il réagi, en référence au rejet du budget.

La présidente de l’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour, a invité la mairesse à réfléchir pendant les prochains jours à son double rôle de chef de parti politique et de mairesse, une situation qui crée un malaise, selon elle, tout en argumentant que lors de l’élection partielle du district 1, un indépendant a été élu.

Mme Néron a rétorqué qu’elle a été élue par la population à l’intérieur d’un regroupement de membres répartis sur tout le territoire ayant adopté un programme politique. Elle a mentionné qu’elle a besoin des conseillers indépendants. Selon elle, la présence d’un parti politique ne change rien à sa façon de diriger la Ville puisqu’elle entend travailler avec les conseillers que la population a désignés.

Jean-Marc Crevier a soutenu que le rejet du budget s’inscrit dans le cadre d’une action démocratique et qu’il est maintenant temps de tourner la page et de regarder ce qui s’en vient.

Le conseiller Marc Pettersen a réitéré sa volonté de procéder à un grand ménage et à un dégraissage au sein de la fonction publique municipale en proposant l’embauche d’une ressource externe qui aura comme mandat de dresser un diagnostic de l’appareil administratif municipal.