Des économies annuelles de 775 000$ pour l'hôpital de Chicoutimi [VIDÉO]

Des travaux de 10 millions $, complétés vendredi sur le site de l’hôpital de Chicoutimi, permettront d’économiser 775 000$ par année en production d’énergie, en plus de réduire la production de gaz à effet de serre. Ce montant sera réinvesti dans les soins de santé par le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Du même coup, le CIUSSS élimine l’équivalant de production de monoxyde de carbone de 1500 voitures par année. Le hasard a voulu que ce vaste projet initié sous la gouverne de l’hôpital de Chicoutimi, qui a nécessité des travaux qui ont duré 31 mois, se termine la journée même où des jeunes de partout dans le monde prennent la rue pour exiger des mesures plus radicales pour freiner le réchauffement de la planète (voir p. 6).

«Nous allons sauver de l’énergie, des gaz à effets de serre, et les économies vont servir à donner des soins. C’est aussi important dans un tel projet de mettre en évidence le concept d’exemplarité de l’État en matière d’environnement et de changement climatique», insiste Michel Maltais, directeur de la logistique et des services techniques du CIUSSS, qui est associé au projet depuis le début.

D’entrée de jeu, le mandat global avait été confié à la Société de contrôle Johnson, une société spécialisée dans les économies d’énergie. Dans ce type de projet, la société s’engage à l’atteinte des économies annuelles en énergie. Si les cibles ne sont pas atteintes, explique Michel Maltais, la société rembourse le CIUSSS. Dans ce cas, le retour sur l’investissement est de sept ans et demi, ce qui permettra de rembourser les sommes avancées par le CIUSSS pour financer les travaux (750 000 $ par année).

«Nous nous entendons sur la façon de mesurer les économies d’énergie et une firme a été retenue pour faire l’arbitrage. Après 31 mois de travaux et la mise en exploitation des différents systèmes, les objectifs se confirment», reprend le gestionnaire. Les différents tableaux présentés au Progrès illustrent bien la réduction de consommation d’énergie du site de l’hôpital qui représente pas moins de 77 000 mètres carrés.

Le projet a été conçu à partir du principe de l’utilisation optimale des différentes sources d’énergie (gaz et électricité) et la récupération d’énergie à partir des différents systèmes qui composent la mécanique du bâtiment de l’hôpital (climatisation, eau chaude, vapeur).

À titre d’exemple, la climatisation de la salle des serveurs représente une consommation importante d’énergie. La chaleur retirée de la salle était autrefois perdue, alors qu’avec le nouveau système, elle est recyclée dans le chauffage. Chaque watt d’énergie utilisé pour climatiser l’air produit l’équivalent de trois watts pour la production de chaleur. Il est même avantageux financièrement de climatiser pendant l’hiver pour récupérer de l’énergie.

À la buanderie de l’hôpital, des quantités phénoménales d’eau chaude sont utilisées. Avant le projet, l’eau chaude prenait la direction des égouts. Le système ajouté permet de récupérer l’eau chaude pour alimenter en chaleur le système de séchage géant de la buanderie.

De façon plus globale, l’hôpital de Chicoutimi utilisait principalement la vapeur pour ses besoins en énergie. Aujourd’hui, l’achat à la compagnie de chauffage a diminué de 66 %. Le système a été converti à l’eau chaude avec l’ajout d’équipements modernes.

«Nous avons fait l’acquisition d’une bouilloire à l’électricité pour produire de la vapeur. Elle fonctionne uniquement quand nous sommes en dehors des pointes de la demande puisque nous payons déjà pour de la puissance électrique», reprend le directeur.

Tout ce projet, qui a nécessité des travaux un peu partout dans l’hôpital, est géré par deux techniciens qui supervisent les systèmes intelligents. Ces systèmes informatiques permettent la coordination des différentes composantes (chauffage, ventilation, climatisation) afin d’exploiter au maximum l’énergie la plus économique en fonction du temps et des besoins selon les différentes saisons.

Michel Maltais, directeur de la logistique du CIUSSS et le chargé de projet en efficacité énergétique Jean-François Tremblay constatent de jour en jour les économies d’Énergie réalisées après des travaux de 10 M$ réalisés à plusieurs niveaux pour diminuer la consommation d’énergie globale de l’hôpital de Chicouimi. — PHOTO LE QUOTIDIEN MARIANE L. ST-GELAIS

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PLUSIEURS DÉFIS RELEVÉS

La programmation des échéanciers pour la transformation des différents systèmes de mécanique du bâtiment a constitué l’un des principaux enjeux de ce projet qui s’est étiré sur 31 mois et qui a eu des effets sur tous les secteurs de l’hôpital.

Le chargé de projet Jean-François Tremblay a souligné la très grande collaboration des employés qui ont eu à composer avec cette réalité. Il est impensable de penser interrompre le système de climatisation du bloc opératoire et de faire fluctuer le système de ventilation d’une zone sensible. Le travail dans un hôpital implique des précautions pour assurer la continuité des services.

«Les employés ont très bien collaboré. On doit aussi souligner le travail des entreprises Pro-Sag Mécanique et Électricité du Fjord qui ont réalisé les travaux», précise le technicien.

Il suffit de visiter le sous-sol de l’hôpital à partir du bâtiment technique pour comprendre les défis d’installer de nouvelles conduites. C’est un peu comme ajouter quelques spaghettis additionnels dans une assiette qui déborde.

«Le seul problème a été une panne électrique majeure qui a privé 50 % de l’hôpital pendant une heure. C’est un système de disjoncteur qui a été à l’origine de la panne. Les modifications ont été faites», a expliqué Jean-François Tremblay.

Dans certains endroits, il n’y avait plus beaucoup d’espace pour les conduites. Même s’il s’agit d’une construction des années 1950, les firmes sont parvenues à réaliser la totalité des travaux, incluant l’installation des nouvelles conduites.

La présence d’amiante est toujours un enjeu, mais les responsables assurent que l’expertise développée au fil des ans par les services techniques permet de bien encadrer les interventions pour protéger le personnel.

Même si la vapeur a été en bonne partie éliminée, les conduites ont été conservées. Selon Michel Maltais, il est nécessaire dans un hôpital de conserver un système d’urgence en cas de bris du système principal. Ce double système a été maintenu pour les secteurs sensibles comme l’urgence, le bloc opératoire et les soins intensifs.