Il y a quelques jours, des déchets provenant des eaux usées du centre d’épuration de La Baie se sont retrouvés sur la plage, à proximité du site de l’ancienne usine Consol.
Il y a quelques jours, des déchets provenant des eaux usées du centre d’épuration de La Baie se sont retrouvés sur la plage, à proximité du site de l’ancienne usine Consol.

Des eaux usées inquiètent à La Baie

Des citoyens de La Baie ont dénoncé, via les médias sociaux, l’état de la plage aux abords du site de l’ancienne usine Consol à La Baie. Des eaux usées y sont déversées lors de forts épisodes de pluie. Une situation qui ne transgresse pas les lois, mais qui est jugée inquiétante et rebutante.

« C’est une question de santé publique, affirme Rémi Aubin, commerçant et spécialiste de la pêche bien connu à La Baie. Chaque fois qu’il y a une crue importante, il y a un refoulement et le trop-plein d’eau d’égout va se déverser exactement à l’endroit où il y a un projet de parc sur le site de la Consol qui a été cédé à la Ville. On voit des serviettes hygiéniques, du papier de toilette et tout ce que vous pouvez imaginer », dénonce-t-il lors d’une entrevue téléphonique.

Rémi Aubin s’inquiète particulièrement pour les baigneurs et les pêcheurs qui consomment leurs prises.

« Plein de choses se ramassent dans les égouts. Les baigneurs se retrouvent à travers les bactéries. Les gens ne savent pas. Il faudrait faire de la prévention et l’indiquer quand il y a des déversements. Il faudrait trouver une solution. Je suis un pêcheur, pas un spécialiste, mais pour sentir l’odeur et voir le papier de toilette, pas besoin d’être un spécialiste. »

Rémi Aubin espère conscientiser la population et les décideurs.

« À court terme, ce qu’on peut faire, c’est avertir la population quand il y a des déversements. Même si ce ne sont pas des plages reconnues, des gens y vont. C’est un problème vécu par plusieurs municipalités. Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Les municipalités n’ont pas des budgets énormes. Ça prend une aide au niveau gouvernemental. »

Raynald Simard rassurant

Le conseiller Raynald Simard se veut quant à lui rassurant. Il assure que tout est légal, que des démarches sont entreprises afin de régler la situation, mais qu’une solution nécessiterait plusieurs dizaines de millions de dollars d’investissement.

« C’est un phénomène autorisé par le ministère de l’Environnement. En cas de pluies diluviennes, l’usine d’épuration a le droit de déverser à cet endroit, affirme-t-il d’emblée. C’est certain que ce n’est pas agréable à voir, mais ça arrive rarement. Il n’y a rien d’alarmant. Je suis moi-même allé faire le nettoyage vendredi. Il n’y avait pas des quantités industrielles de déchets. Il y avait quelques serviettes hygiéniques, mais c’était surtout du bois dû au phénomène de marée. Ça prendrait des dizaines de millions de dollars pour reconfigurer et grossir l’usine d’épuration. »

Le conseiller assure tout de même que des démarches sont entreprises afin de trouver une solution. « J’ai moi-même amorcé des démarches auprès d’Andrée Laforest (ministre des Affaires municipales et de l’Habitation du Québec et ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean). Elle est sur le dossier. Tout le monde travaille en collaboration pour essayer de trouver une solution. On essaie de trouver de l’argent par des programmes. La solution, c’est l’argent. On a déjà le projet d’agrandir l’usine d’épuration, mais ça ne sera pas suffisant pour éliminer ce problème. »