Les éventuels navires de croisière qui viendraient en hiver à Saguenay n’accosteraient pas directement au quai Agésilas-Lepage.

Des croisières en hiver, mais pas au quai

Alors qu’une délégation de compagnies de croisières s’amènera ici la semaine prochaine pour évaluer les attraits de Saguenay en vue de recevoir des bateaux en hiver, Promotion Saguenay étudie la logistique nécessaire au projet. Toutefois, même si plusieurs paramètres demeurent à être analysés, il est déjà acquis que les navires n’accosteront pas au quai Agésilas-Lepage et navigueront dans le chenal déjà dégagé pour Rio Tinto, question de ne pas nuire aux villages de pêche blanche.

« Actuellement, il y a des analyses qui sont en train de se faire, mais le navire n’irait pas au quai de Bagotville. Donc, on est en train de regarder d’autres options de débarquement. Par exemple est-ce qu’il y aurait un débarquement par navettes qui se ferait ? Est-ce qu’on mettrait des pontons à proximité ? Il y a différentes options qui vont être mises en place. Et on va voir avec les discussions avec les compagnies de croisières ce qui leur convient le mieux », a expliqué Priscilla Nemey, directrice exécutive de Promotion Saguenay, lors d’une visite du Quotidien à ses bureaux. Celle qui œuvre directement auprès du dossier des croisières depuis son arrivée en 2006 a également indiqué qu’en certains endroits du monde, les passagers peuvent même parfois débarquer directement sur la glace. C’est notamment le cas lors d’une escale d’observation d’animaux à un endroit sans installation humaine permanente.

Trois compagnies
Les trois compagnies qui visiteront sont la Française Ponant, la Norvégienne Hurtigruten et finalement Adventure Canada. Leurs représentants seront accompagnés par un journaliste d’un magazine réputé dans le monde du tourisme. La visite se déroulera par voie terrestre.

« On va leur présenter la région, l’ensemble du produit touristique, car dans un court laps de temps, malheureusement on ne peut pas aller voir toutes les expériences qu’on a à offrir durant l’hiver. On va leur faire vivre de la pêche blanche, de la motoneige, des traîneaux à chiens, de la raquette, la Vallée des fantômes. Donc, on va leur montrer des coups de cœur de notre hiver et tous les produits qu’il y a d’un bout à l’autre de la région », a poursuivi celle qui a rencontré les médias en compagnie du nouveau directeur général, Arthur Gobeil.

Comme leur présence sera de courte durée, il ne sera pas possible de faire un détour par le Zoo sauvage de Saint-Félicien. Toutefois, Mme Nemey a mentionné que cet attrait touristique majeur pourrait quand même être inclus dans d’éventuels forfaits proposés si jamais les navires devaient passer une nuit à Saguenay. Ce serait ainsi plus facile de présenter un large éventail d’activités malgré le peu d’heures d’ensoleillement d’une journée hivernale.

La directrice exécutive de Promotion Saguenay, Priscilla Nemey, croit que le Saguenay-Lac-Saint-Jean possède tous les atouts pour se démarquer dans le marché émergent des croisières hivernales.

Une initiative provinciale

La visite est organisée par L’Association des croisières du Saint-Laurent (ACSL), qui regroupe neuf escales québécoises. Ils ont d’ailleurs annoncé l’initiative dans un communiqué envoyé mardi aux médias. « L’industrie des croisières internationales s’intéresse à l’hiver québécois et son fleuve glacé ! Elle songe à offrir de nouveaux itinéraires aux croisiéristes explorateurs à la recherche d’expériences nordiques grâce à l’initiative de l’ACSL », ont-ils affirmé dans leur document.

Priscilla Nemey a souligné au Quotidien que le marché des croisières hivernales se spécialise dans une offre d’activités de type expédition, dans des navires de plus petite taille et de très grand luxe. Au maximum, les navires qui remonteraient le Saguenay ne dépasseraient pas 200 passagers. Selon elle, la région offre un atout de taille, alors qu’il est garanti que les visiteurs qui se rendraient ici vivraient l’expérience « neige » en tout temps, ce que ne peuvent assurer des destinations plus au sud.

Les touristes visés pourraient être par exemple des Américains du Texas qui veulent découvrir l’hiver ou encore des Européens qui rêvent des hivers canadiens, même s’ils ont déjà accès à des croisières en Scandinavie. 

Les itinéraires pas encore établis

Comme tout est à l’étude, il n’est pas possible de savoir quels seraient les itinéraires proposés, car de toute façon ce sont les compagnies de croisières qui vont les déterminer. Pour l’instant, la majorité des itinéraires estivaux et automnaux se font dans le corridor Montréal-Boston. Il y a toutefois des navires qui accostent à Saguenay en provenance de l’Europe, passant notamment par le Groenland. Actuellement, des croisières hivernales déjà existantes proposent de suivre la côte du Labrador vers le Grand-Nord. Aucune approche n’a été faite avec des ports dans cette direction pour l’instant.

« La navigation hivernale sur le Saint-Laurent, dans le fjord du Saguenay et dans le Golfe représente un certain défi. À cet égard, les autorités telles que Transports Canada, les administrations portuaires, la Garde Côtière et l’Administration du pilotage des Laurentides seront mises à contribution pour présenter l’ensemble des exigences techniques ainsi que les services disponibles afin d’assurer la sécurité des navires et des passagers », a aussi avancé le communiqué de l’ACSL. De son côté, Priscilla Nemey ne pouvait confirmer si les navires devraient être accompagnés d’un brise-glace, même s’ils présentent eux-mêmes les caractéristiques nécessaires à la navigation en eaux glacées. Ces points font partie des analyses en cours. Rappelons que le Québec est frappé pour l’instant par un manque de brise-glaces dans ses eaux.