Biochar

Des copeaux de bois transformés en France

Des scieries indépendantes du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont envoyé des échantillons de copeaux de bois en France pour qu’ils soient transformés avec la même technologie qui sera utilisée au Centre de recherche sur le biochar de Mashteuiatsh. Elles souhaitent ainsi prendre un peu d’avance dans l’étude sur la transformation de leurs résidus en charbon de bois.

La Coopérative forestière de Petit Paris, le Groupe Lignarex et la Scierie Girard font partie de ce regroupement. Ensemble, les entreprises ont exporté environ 15 mètres cubes de copeaux d’épinette, de sapin et de tremble afin qu’ils soient convertis en biochar et en huile.

Déjà de retour

Les composantes produites lors des essais en laboratoire en sol français ont été retournées au Québec. Agrinova, l’organisme qui sera responsable du Centre de recherche de Mashteuiatsh, procède actuellement à l’analyse de ces sous-produits. D’ores et déjà, l’organisme observe une séquestration du carbone à long terme, une propension à maintenir les éléments nutritifs et à retenir les métaux lourds. Les résultats de cette étude ne sont cependant pas encore publiés. 

« Ça nous donne déjà des idées de produits que nous pourrons mettre en marché. Au lieu d’attendre que l’usine soit construite, nous sommes proactifs. Les essais agronomiques seront déjà faits », souligne le directeur général de l’Alliance bois Saguenay-Lac-Saint-Jean, Réal Bouchard. Ce dernier estime que ce partenariat permettra de gagner une année de recherche et de développement. 

Une fois transformé, le biochar a toutes sortes d’utilités, mais essentiellement il sert d’engrais et de terreau organique. M. Bouchard donne l’exemple d’une mine qui ne sert plus et qui doit être remise à l’état initial. 

« Dans la région, nous avons des forêts et des usines qui transforment le bois. Maintenant, les copeaux seront remis en terre. C’est un cycle complet qui sera effectué », affirme le directeur général. 

Avec l’UQAC

L’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) évalue pour sa part la possibilité de développer un protocole spécifique reconnu par le gouvernement qui permettrait d’émettre des crédits carbone pour la production et l’utilisation du biochar.

La construction du Centre de recherche de Mashteuiatsh a débuté cet automne. Les équipements seront livrés d’ici le début de l’été.