Des citoyens ont la moutarde au nez

Des citoyens de Sainte-Rose-du-Nord ont déposé une pétition, hier, au conseil municipal, pour dénoncer les débordements survenus lors du Festival du folk sale dont la troisième édition avait lieu à la fin juin dans le village pittoresque sertie au coeur du fjord du Saguenay.
L'initiatrice de cette démarche, Francine Larouche, a voulu exprimer son désaccord et son indignation face aux éléments subversifs de cet événement qui regroupe des artistes marginaux et des festivaliers bruyants et festifs. «De nombreuses personnes m'ont fait part de leurs commentaires après l'événement qui a duré trois jours. J'ai jugé qu'il fallait plus qu'une démarche personnelle, ce qui justifie cette pétition signée par 63 personnes», fait valoir la Roseraine qui a l'appui de la moitié de la population qui habite au coeur du village.
La vente et la consommation de drogue, le non-respect des éléments de sécurité, l'explosion de feux d'artifice après 2h du matin et des spectacles qui font résonner la musique jusqu'à 5h du matin ont fait monter la moutarde au nez de plusieurs résidants. «On ne déteste pas ces gens qui viennent festoyer, mais quand près de 3000 personnes occupent un village de 125 personnes, ça modifie considérablement le paysage et la quiétude des lieux», affirme celle qui se dit inquiète pour la sécurité des gens et qui aimerait un meilleur contrôle.
La pétition, qui détaille les débordements, demande que les normes de sécurité soient respectées et suggère même la possibilité d'une année sabbatique pour la tenue du festival.
Le maire de la municipalité, Laurent Thibeault, n'a pas été surpris de la signature d'une pétition relativement à cet événement. «J'ai pris la peine de rencontrer les citoyens pour écouter ce qu'ils avaient à dire et je savais qu'il y avait du mécontentement. Quand 3000 personnes débarquent ici pour festoyer, que l'alcool coule à flots et que des fumées hallucinogènes se répandent dans la foule, il est évident que des débordements puissent se produire. Il y a des règlements municipaux concernant le tapage nocturne qui n'ont pas été respectés et il y a du mécontentement dans la population», confirme Laurent Thibeault, qui n'hésite pas à faire face à la musique.
«Nous allons recevoir la pétition et écouter ce que les citoyens ont à dire. On ne prendra pas de décision sans discussion. S'il faut mettre sur pied un processus de consultation populaire, je n'hésiterai pas à le faire», assure le maire de Sainte-Rose-du-Nord au sujet de cet événement qui jouit de l'appui du conseil municipal.
La responsable du festival et conseillère municipale au village, Isabelle Michon-Campbell, qui était à l'extérieur de la région hier, se dit consciente du dérangement que peut engendrer le Festival du folk sale et que, malgré les efforts des organisateurs d'assurer une bonne relation avec les citoyens, il y a toujours des débordements. Elle attend de connaître le contenu de la pétition pour commenter davantage les revendications des citoyens.
Rblackburn@lequotidien.com