Des citoyens du chemin Saint-Louis, à La Baie, ont porté plainte à la police, en novembre 2016, en raison d’une épaisse fumée noire en provenance des installations de l’entreprise Moulures SMDT.

Des citoyens exaspérés par les émissions de fumée se mobilisent encore

Les émissions de fumée provenant du système de chauffage de Moulures SMDT, ayant pignon sur le chemin Saint-Louis à La Baie, incitent un groupe de citoyens à se mobiliser de nouveau afin de faire bouger Saguenay et le ministère de l’Environnement. Ils exigent que la réglementation environnementale en vigueur soit respectée.

À la suite de l’émission, le 9 mai dernier, par le ministère de l’Environnement d’un avis de non-conformité à Moulures SMDT pour avoir omis de faire caractériser les émissions atmosphériques de son système, lesquelles ne doivent pas dépasser 150 milligrammes de matière par mètre cube, un groupe de citoyens, avec Guylaine Tremblay à leur tête, une résidante du secteur, a tenu à faire connaître son exaspération devant la lenteur à faire bouger les choses.

En entrevue, Guylaine Tremblay a expliqué qu’elle a lancé une nouvelle pétition des citoyens du chemin Saint-Louis, parce qu’elle estime faire face à un mur administratif depuis 2014. Les citoyens veulent faire cesser les émissions de fumée. « Nous sommes dans un fond de vallée, et on doit subir les inconvénients liés à la présence de la fumée dans l’environnement, dans un milieu où sont présentes trois garderies. Je suis asthmatique et j’ai décidé de ne plus utiliser mon système d’échangeur d’air résidentiel en raison de la présence constante de fumée », explique Mme Tremblay.

Une autre résidante, Jocelyne Morin, affirme avoir entrepris des démarches sous l’administration Jean Tremblay et de la conseillère Martine Gauthier, et ce, sans succès.

Copie de la correspondance à l’appui, les citoyens ont déposé une pétition le 21 novembre 2014 à Denis Coulombe, directeur de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. L’ombudsman a également été saisi du dossier.

Le 20 novembre 2015, une lettre signée par Sylvain Lavoie, alors directeur adjoint de l’environnement et du développement durable à Saguenay, fait le résumé d’une rencontre tenue au printemps 2015 en présence de Sylvain Maillot, de Moulures SMDT.

Il avait été établi avec le ministère de l’Environnement un plan correctif incluant la conformité de l’équipement causant la fumée. Ce dernier a déposé les spécifications de l’équipement, qui ont été soumises à l’analyse du ministère. M. Lavoie affirmait, dans le document, qu’une rencontre de suivi allait être effectuée le plus rapidement possible.

Selon Mme Tremblay, outre les problèmes d’émission de fumée, des problèmes de bruit affectent les citoyens en raison des opérations qui s’y déroulent et le passage de camions.

« Depuis 2014, on effectue des démarches auprès de la municipalité. On se demande qu’est-ce qui se passe pour que les normes ne soient pas appliquées. C’est un problème qui aurait pu être réglé rapidement. On a beau envoyer des lettres et des pétitions, on ne reçoit aucun retour », exprime la citoyenne.

Compte tenu de la situation, le comité entend faire circuler de nouveau une pétition dans le but de recueillir une centaine de signatures.

Du côté de Saguenay, il n’a pas été possible de communiquer avec M. Coulombe ou avec le conseiller municipal du secteur, Raynald Simard, ces derniers étant en vacances.

Des citoyens avaient même porté plainte à la police en novembre 2016.

Plan correcteur

Du côté du ministère de l’Environnement, la porte-parole Sophie Gauthier a fait savoir que lors de l’émission de l’avis de non-conformité, le ministère a demandé à l’entreprise de soumettre un plan correcteur d’ici le 10 juin.

Moulures SMDT a fait part au ministère des mesures qu’elle entendait prendre pour se conformer. Des échanges ont eu lieu entre le ministère et le propriétaire de l’entreprise, mais à l’heure actuelle, le ministère n’a pas reçu le plan correctif demandé.

Si l’entreprise ne donne pas suite d’ici le 10 juin, le ministère évaluera les recours à sa disposition pour faire respecter la loi.

La caractérisation des émissions atmosphériques devra être réalisée par une firme spécialisée et selon une méthodologie standardisée.

La direction du ministère rappelle qu’il n’y a pas de notion de droits acquis, laquelle ferait en sorte que l’entreprise n’aurait pas à se soumettre au Règlement sur l’assainissement de l’atmosphère (RAA), qui l’oblige à caractériser ses rejets atmosphériques aux cinq ans.