Le Collectif Saint-Rose-du-Nord en TRANSITION espère que son message se rendra aux bonnes oreilles afin de travailler de concert avec les autorités de la municipalité.
Le Collectif Saint-Rose-du-Nord en TRANSITION espère que son message se rendra aux bonnes oreilles afin de travailler de concert avec les autorités de la municipalité.

Des citoyens de Sainte-Rose-du-Nord veulent retrouver le droit d’arroser leur jardin

Des citoyens de la municipalité de Sainte-Rose-du-Nord sur la rive nord du Saguenay ont formé le Collectif Sainte-Rose-du-Nord en TRANSITION afin de se faire entendre auprès des autorités de la municipalité. L’initiative émerge d’un avis envoyé aux citoyens par la Ville, qui restreint la consommation d’eau des citoyens, notamment l’interdiction d’arroser les jardins avec l’eau du service d’aqueduc. Le Collectif est clair : les mesures ne tiennent pas compte des besoins de la population.

Dans une lettre adressée à la Ville, mais aussi aux députés Andrée Laforest, ministre responsable de la région, et François Tremblay, député de Dubuc, les citoyens de Sainte-Rose-du-Nord demandent à la municipalité d’écouter les besoins et les propositions qu’ils ont à leur faire. « On souhaite travailler en concertation avec la Municipalité, en ouvrant le dialogue entre les structures municipales, les citoyens, les commerçants et les prestataires de services, agriculteurs et petits maraîchers, afin de développer des solutions structurantes et pérennes pour que la gestion de l’eau soit prioritaire et qu’elle se concrétise dans des actions justes pour tout le monde », peut-on lire dans la lettre signée par une vingtaine de résidents du village.

« Ça fait quelques années qu’on essaie de mettre en branle le mouvement, mais avec le nouvel avis, ça nous a semblé essentiel de se réunir pour redéfinir nos valeurs et faire part à la municipalité de notre façon de voir les choses, mais aussi d’apporter des solutions. En général, on ne se sent pas vraiment écouté ou consulté. Notre but n’est pas de nuire au tourisme ou aux commerces locaux. On veut seulement que tout le monde soit sur un pied d’égalité et que les priorités des citoyens soient les mêmes chez la municipalité. On compte aussi faire de la sensibilisation chez les citoyens », explique la porte-parole du collectif Fanny Tremblay-Girard.

Dans l’avis envoyé aux citoyens par la municipalité le 22 juin, les autorités interdisent l’arrosage des pelouses, des haies, des arbustes et de tous les végétaux vivaces, de nettoyer les entrées, trottoirs et murs extérieurs, mais ce qui sème la grogne chez les citoyens, c’est l’interdiction d’arroser les jardins.

« On dirait qu’ils ne sont pas conscients qu’on a de gros jardins qui répondent à des besoins. Il est primordial de souligner que de nombreuses personnes ont consacré temps, argent et énergie dans leurs potagers et qui représentent pour la plupart un énorme investissement pour nourrir les familles et leur assurer une sécurité alimentaire saine et de proximité », ajoute Mme Tremblay Girard.

La porte-parole du groupe, Fanny Tremblay-Girard, estime que les options offertes par la municipalité ne sont pas logiques et ne respectent pas l’environnement et les besoins des citoyens.

Un manque d’eau criant

Du côté de la municipalité, on mentionne dans l’avis que « présentement le niveau des puits est de 38,84 m et de 31,34 m alors que normalement il devrait être à au moins 90 m. Ils ne suffisent plus à la demande, la consommation étant trop élevée. Les difficultés que nous rencontrons dans l’alimentation des puits nous obligent à diminuer de façon significative la consommation sur le réseau. Même s’il y a de la pluie, cela ne fait pas en sorte que les puits se remplissent. Cet avis sera en vigueur tout l’été. Un nouvel avis sera émis lorsque le nouveau puits sera en fonction ». L’entrée en fonction de ce nouveau puits n’est pas prévue avant la fin du mois d’août.

Des options peu convaincantes

Pour l’instant, la municipalité offre quelques options. « Nous avons procédé à l’achat d’une palette de 50 bacs de récupération d’eau de pluie que nous vous offrons au prix de 55 $ chacun. Les gens intéressés à s’en procurer peuvent communiquer avec nous. Nous ferons même la livraison », peut-on lire dans le communiqué émis par la Ville.

Un service de remplissage de contenant est aussi offert. « Nous offrons un service de remplissage de contenants pour l’arrosage des fleurs et plants. Vous devrez vous rendre avec vos contenants sur le terrain de la station d’eau et nous les remplirons avec l’eau de l’ancien réservoir au moyen d’une pompe installée dans ce dernier. Un préposé vous accueillera entre 15 h et 17 h du lundi au jeudi. »

Ces mesures ne font pas du tout l’affaire de Fanny Tremblay-Girard. « Ce n’est pas logique d’envoyer les gens chercher leur eau dans de petits bidons, avec chacun son auto et dans une plage horaire super serrée. De plus, on ne peut pas arroser nos jardins avec notre petit arrosoir à main en temps de sécheresse. »

Le maire prêt à écouter

Le maire de Sainte-Rose-du-Nord, Laurent Thibault, est prêt à écouter les propositions des citoyens. «Ils ont le droit de ne pas être d’accord et je les invite à poser des questions et à entrer en contact avec nous. Depuis que les séances du conseil municipal sont à huit-clos, on invite les gens à envoyer leurs questions par courrier ou par téléphone et depuis mars, on n'en a reçu aucune.»

Le maire de Sainte-Rose-du-Nord, Laurent Thibault, est prêt à discuter avec ses citoyens pour écouter leurs solutions, mais demande également la compréhension de tous vis-à-vis la situation.

Le maire demande à ses citoyens d’être patients et compréhensifs. «On demande aux gens d’accepter une situation difficile pour la municipalité. Ce n’est pas facile et il faut financer tout ça. Pour l’instant, on préfère avoir de l’eau dans la maison que de donner à boire aux plantes. Quand il n’y aura plus d’eau, comment vont-ils arroser leurs plantes? Il faut être patients et comprendre la situation.»