Le directeur Camil Dion précise que quatre postes administratifs ont été abolis, pour des économies totalisant 615,000 $.

Des choix déchirants s'imposent

Restructuration à la buanderie, abolition du service alimentaire dans certains centres d'hébergement, réaménagement de la main-d'oeuvre à l'hôpital d'Alma et attrition: le Centre de santé et de services sociaux de Lac-Saint-Jean-Est traverse une difficile période d'austérité.
Mercredi soir, dans le cadre de la séance mensuelle du conseil d'administration de l'établissement, il a essentiellement été question des nouvelles cibles budgétaires à atteindre, conséquemment à des coupes imposées qu'on estime à 2,7 millions de dollars.
Pour réaliser l'exploit, l'équipe du CSSS élabore des stratégies depuis près d'un an.
Comme il l'a toujours exprimé, le directeur général Camil Dion n'entend endosser aucune décision ayant une incidence directe sur le service à la population.
Néanmoins, plusieurs choix déchirants s'imposent. Ceux-ci sont présentés telles des améliorations d'efficacité, mais se traduisent souvent par une réduction de personnel.
Un passage obligé qu'acceptent à contrecoeur les représentants syndicaux, qui tentent tant bien que mal de limiter les dégâts.
«Nous travaillons fort dans les circonstances, nos membres en sont conscients. Dès qu'une porte s'ouvre, nous mettons un pied. Mais, des coupes budgétaires sont imposées et tout ce qu'on peut faire en ce moment, c'est minimiser les impacts», résume la présidente des employés CSN du CSSS de Lac-Saint-Jean-Est, Ginette Charbonneau.
Représentant quelque 550 membres, dont un grand nombre à temps partiel, elle devra sans doute accepter la disparition d'une vingtaine de postes.
Bien qu'il soit présentement impossible de connaître le nombre d'emplois touchés chez les infirmières, représentées quant à elles par la Fédération des infirmières du Québec (FIQ), il est admis qu'il subira lui aussi une diminution. Lors d'un entretien téléphonique, la représentante de ce groupe, Audrey Blackburn, dit avoir convoqué une assemblée générale la semaine prochaine afin de présenter la situation à ses membres. Selon elle, des compressions sont envisagées dans les départements de la chirurgie (400 000$), de la pédiatrie (200 000$) et des soins intensifs (100 000$).
Tel que le précise le directeur Camil Dion, on compte atteindre les cibles en misant particulièrement sur l'optimisation des employés. Il explique en ce sens que, compte tenu des durées d'hospitalisation, qui sont de moins en moins longues, il est possible de planifier plus efficacement les horaires de travail. Il prend pour exemple les soins intensifs, où l'utilisation moyenne est de 3,6 lits alors que le personnel sur place serait en mesure de répondre à une utilisation de six lits.
Il ajoute que l'administration a également été revue de façon à abolir trois postes de cadres intermédiaires et un poste de cadre supérieur, pour des économies totalisant 615 000$.
Buanderie
Divers projets ont vu le jour à travers les efforts de réduction budgétaire. En juin dernier, la direction du CSSS a notamment évalué la possibilité de faire appel au secteur privé pour ses services de buanderie. Une entreprise de Roberval avait été identifiée.
Or, explique le responsable de la démarche, Olivier Bellemare, le syndicat présidé par Ginette Charbonneau a clairement démontré qu'il est possible de conserver cette activité à l'interne, moyennant une révision en profondeur.
En faisant l'acquisition de 50 000 dollars en lingerie et en literie, on a ainsi pu réduire le nombre de jours d'opération, qui passe de sept à cinq. La buanderie sera également fermée lors de la plupart des jours fériés. En ce qui a trait au département de couture, il sera dorénavant centralisé sur un seul site.
Ces mesures entrainent la disparition de deux postes de préposés, mais devraient engendrer des économies annuelles récurrentes d'environ 120 000 dollars.
Repas en CHSLD
On a aussi adopté une nouvelle formule pour les repas en CHSLD.
Désormais, un seul des trois pavillons de soins de longue durée sera équipé d'une cuisine pleinement fonctionnelle, soit celui de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. C'est à partir de cet établissement que seront desservis les patients des pavillons Normandie et Isidore-Gauthier d'Alma.
Bien que la principale motivation de cette décision soit des économies anticipées de 425 000 dollars par an, le directeur Dion assure que la qualité des repas ne sera aucunement diminuée. Au contraire, la variété des mets proposés devrait être accrue, grâce à la méthode de conservation des aliments connue sous le nom de liaison froide. Cette technique est très répandue dans les chaînes de restaurants.