Gelareh Momen et Reza Jafari travaillent de concert sur le projet contre la COVID-19.
Gelareh Momen et Reza Jafari travaillent de concert sur le projet contre la COVID-19.

Un produit antiseptique développé à l’UQAC

S’inspirer de la fleur de lotus pour combattre la COVID-19 : voilà le projet sur lequel planche une équipe de chercheurs de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Ils espèrent mettre au point un produit antiseptique qui pourrait ralentir la propagation du virus.

Cette approche s’appelle le biomimétisme. Le but : imiter la nature pour créer des matériaux qui ont certaines propriétés, comme résister à l’eau ou encore au gel.

« On analyse, par exemple, les yeux des moustiques qui peuvent voler dans les endroits humides en restant toujours secs ou encore le chou puant qui ne gèle pas et qui fleurit en janvier », explique Gelareh Momen, professeure au Département des sciences appliquées de l’UQAC et responsable du projet.

En s’inspirant de la surface des lotus, l’équipe tentera de rendre les surfaces « autonettoyantes ». Ils ajouteront certaines composantes « antitaches, antivirales et antibactériennes » afin d’empêcher le virus de survivre.

Mme Momen et son équipe ont reçu 50 000 $ pour mener leurs recherches. La professeure sera accompagnée du chercheur Reza Jafari, qui se spécialise en biotechnologie. L’équipe espère obtenir des résultats préliminaires avant la fin de l’année.

Si tout se passe bien, le produit sera ensuite distribué dans les hôpitaux, où il pourra être vaporisé sur les surfaces à risque. La compagnie Nanophyll s’occupera de la distribution une fois que le produit sera prêt.

La technologie sera développée spécifiquement pour la COVID-19. Les échantillons seront envoyés dans un laboratoire en Ontario, où ils seront mis en contact avec le virus. En théorie, le « revêtement » devrait éliminer 99 % du virus sur les surfaces.

Mme Momen avait développé un projet similaire, l’an dernier, avec l’entreprise saguenéenne ECOGENE-21, pour créer des surfaces en aluminium antiseptique.

Le produit contre la COVID-19 donnerait un répit aux gens dont le système immunitaire est affaibli en créant un environnement plus sécuritaire.

L’équipe de l’UQAC n’est pas la seule à plancher sur un projet de ce genre. Des chercheurs partout à travers le monde travaillent dans ce domaine. « C’est essentiel et très important, dit la professeure Momen. On va tenter d’apporter quelque chose dans ce domaine. »

La chercheuse Gelareh Momen a reçu 50 000$ pour travailler sur un produit destiné à ralentir la progression de la COVID-19 sur les surfaces.

Le groupe de recherche tentera de livrer les résultats le plus rapidement possible, mais dans le contexte de pandémie, leurs travaux pourraient être ralentis. « Avec le changement des lois de migration et les voyages entre les pays limités, c’est plus difficile de trouver de bons étudiants et de les garder », expose Mme Momen.

Malgré les défis, elle espère pouvoir venir en aide rapidement au système de santé.

« J’espère qu’on va pouvoir répondre aux besoins. »

Matériaux innovants

Dans son laboratoire de l’UQAC, Gelareh Momen tente de modifier les propriétés de matériaux pour accomplir des tâches spécifiques.

Depuis quelque temps, elle travaille sur des surfaces autoréparantes. « C’est une approche récente où l’on crée des matériaux qui “cicatrisent” comme la peau », explique la professeure.

Cette technologie permet aux surfaces de durer beaucoup plus longtemps.

Mme Momen collabore aussi avec Hydro-Québec depuis 2018 pour mettre au point des revêtements destinés à protéger le réseau électrique du gel et de la pluie.

L’équipe de recherche a utilisé les propriétés autonettoyantes du lotus dans un projet avec l’entreprise Chlorophylle pour créer des vêtements antitaches.

Depuis son arrivée à l’UQAC, en 2016, Mme Momen a obtenu deux millions de dollars en subventions pour réaliser différents projets.