Six espèces menacées de chauves-souris sont recensées sur le corridor de la conduite en gaz naturel de la zone industrialo-portuaire de Grande-Anse.

Des chauves-souris sur le tracé d'Énergir

Six espèces de chauves-souris ayant un statut précaire ou étant menacées sont présentes dans le corridor envisagé par Énergir pour construire la desserte en gaz naturel de la zone industrialo-portuaire, prévue dans le secteur de Grande-Anse à La Baie.

C’est la direction régionale du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), par l’entremise de la biologiste Sophie Hardy, qui a confirmé l’information à la commission du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Les travaux de déboisement nécessaires à la construction de cette desserte pourraient avoir un impact sur la reproduction de sept espèces de chiroptères en tout. Cependant, aucun inventaire supplémentaire des individus présents dans le secteur n’est prévu pour l’instant, à moins que l’échéancier des travaux fasse coïncider la période de mise bas des chauves-souris avec celle du déboisement qui devra être fait pendant la construction de ce gazoduc de 14 kilomètres.

« Des inventaires seraient pertinents pour s’assurer de ne pas causer de mortalité ou de dérangement excessifs durant la période de mise bas et d’élevage en plus d’adopter des mesures d’atténuation adéquates », explique Mme Hardy dans sa réponse à la coordonnatrice du secrétariat de la commission du BAPE, Annie Cartier.

Énergir, l’initiateur du projet, s’est engagé à faire des inventaires supplémentaires si les travaux de réalisation de cette conduite de gaz ont lieu pendant une période qui pourrait être lourde de conséquences pour les six espèces de chauves-souris menacées.

« Comme c’est la phase de reproduction qui est jugée critique, c’est donc entre le 1er juin et le 31 juillet [que les inventaires devraient] avoir lieu », précise la biologiste du MFFP.

Un corridor déboisé de 20 mètres est nécessaire pour la réalisation de ce gazoduc, selon le compte rendu des audiences du BAPE de juillet dernier. La conduite d’Énergir suivrait le tracé du chemin de fer de Grande-Anse, afin d’utiliser le plus possible les emprises existantes.

En dehors de la coupe des arbres, d’éventuelles activités de dynamitage pourraient affecter la période de reproduction des chauves-souris.

« Les charges sont susceptibles de générer des ondes et pressions sonores dommageables pour les chiroptères durant la période où ils sont présents », explique Mme Hardy.

Les chauves-souris recensées dans les secteurs de Grande-Anse sont la pipistrelle de l’Est, la chauve-souris nordique et la petite chauve-souris nordique, trois espèces en voie de disparition. On peut aussi y apercevoir la chauve-souris cendrée, la chauve-souris argentée et la chauve-souris rousse, qui sont menacées ou vulnérables.

On retrouve également la grande chauve-souris brune dans les environs. Cette espèce est la seule qui ne figure sur aucune liste d’espèces en danger, selon le MFFP.

Reprise des travaux

Les audiences du BAPE à propos du projet de desserte en gaz naturel de la Zone industrialo-portuaire reprendront mardi. Les citoyens et organismes concernés par la question pourront déposer un mémoire sur le sujet et faire part de leur opinion à la commission. Cette seconde partie aura lieu à partir de 19h à l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi.

Le projet de desserte des installations portuaires de Grande-Anse vise à alimenter une éventuelle usine de transformation de l’entreprise minière BlackRock en gaz naturel.