Bien que ses blessures soient bien guéries, on peut imaginer les souffrances d'Olive lorsque les plombs se sont logés dans son corps. La petite chatte en adoption est en attente d'une famille calme.

Des chats errants martyrisés au Saguenay

Le 31 décembre 2016, le groupe Facebook Rescue Poilus, qui a comme mission de freiner la surpopulation de chats errants du Saguenay-Lac-Saint-Jean, terminait l'année en capturant une colonie de 15 chats au lac Léon à St-Fulgence, dont une chatte criblée de plombs.
C'est après un examen chez le vétérinaire en vue de sa stérilisation qu'ils ont découvert qu'Olive avait près d'une dizaine de plombs logés dans son corps. « Le vétérinaire a dit que ces blessures, qui dataient de longtemps, ont été faites avec un fusil de chasse », précise Annie Tremblay, une des trois fondatrices du groupe Rescue Poilus. Deux plombs ont été extraits de l'abdomen. D'autres, logés trop près de sa colonne vertébrale et dans une patte, n'ont pas pu être extraits.
« Il faut que ça arrête. Les gens ne peuvent pas tirer comme ça sur les chats. Il y a d'autres moyens de régler le problème», réfléchit Suzanne Harvey qui fait aussi partie des fondatrices de Rescue Poilus. Dans leur enquête, les sauveteuses ont aussi appris que cet endroit était un lieu de prédilection pour les sans-coeur qui souhaitent y abandonner des chats. Actif sur le territoire de Saguenay, le groupe Rescue Poilus a compris que le lac Léon n'est pas le seul lieu propice à ce genre d'abandon. Près du sentier Panoramique, sur le boulevard Barrette à Chicoutimi, deux chats, visiblement pas adaptés pour la vie dehors, ont été retrouvés morts pendant les grands froids cet hiver.
Le 31 décembre dernier, ils étaient donc huit bénévoles du groupe Rescue Poilus à se mobiliser pour capturer la colonie du lac Léon. « On continue d'y aller régulièrement, car il en reste deux à trapper. Si on laisse quelques chats là-bas, ils seront encore une vingtaine cet été », réfléchit Annie Tremblay. Des familles d'accueil ont été trouvées pour installer tout ce beau monde en attente de soins vétérinaires. Heureusement que le groupe Facebook peut compter sur près de 2000 membres qui les appuient. Avec les 900$ de dons, on a pu faire stériliser, examiner et vermifuger une partie de la colonie.
Le montant n'étant pas assez gros pour couvrir tous les frais, une donatrice anonyme a donc payé la facture qui s'élevait à plus de 250$ pour soigner et stériliser une chatte qui n'a jamais pu être intégrée dans une maison. Clin d'Oeil a donc été placée dans une ferme laitière afin de chasser la vermine. Elle prend son rôle à coeur et s'est bien adaptée à cet environnement. Dix autres ont été stérilisés et sept attendent toujours une famille.
« Pourquoi une telle cruauté ? Pourquoi est-ce si difficile de faire appliquer la nouvelle loi pour punir de tels gestes », conclut Suzanne Harvey.
Soulagement
Un résidant du lac Léon avait remarqué que les chats étaient si nombreux que les oiseaux avaient déserté.
Au printemps, les excréments de chats empestent les lieux. Il est bien content, mais surtout soulagé de savoir qu'un groupe ayant à coeur le bien-être des chats a trouvé une solution. L'homme s'était informé auprès de sa municipalité, mais il n'y avait aucune solution pour remédier à cet interminable fléau qui aurait empiré d'année en année. Il avait peur, selon les ouï-dire, que des gens passent à l'action en prenant des moyens drastiques et cruels pour régler le problème.