Le directeur général d'Énergie Électrique, Jean-François Gauthier, est persuadé que la tangente empruntée par RTA est la meilleure, dans une perspective d'avenir.

Des changements à prévoir pour RTA

À l'aube de la tenue d'audiences publiques portant sur la gestion du lac Saint-Jean, Rio Tinto Alcan se dit ouverte à une approche adaptée aux nouvelles réalités. La direction rappelle toutefois que ses droits hydrauliques sont indissociables de sa présence au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Au cours des 24 à 36 prochains mois, RTA et le gouvernement du Québec devront s'entendre sur les termes d'un nouveau décret concernant la gestion des bassins hydrographiques exploités par la compagnie. Le pacte actuel vient à échéance à la fin de 2016.
Au cours d'une entrevue éditoriale accordée au Quotidien la semaine dernière, le directeur de la division Énergie Électrique, Jean-François Gauthier, admet que des changements sont à prévoir.
Comme tout le monde, le dirigeant a entendu la critique provenant, notamment, des organisations riveraines et de différents élus. Aussi aborde-t-il sans détour le dossier de l'érosion des berges du lac Saint-Jean.
Ce phénomène a provoqué la colère de nombreux citoyens, qui accusent la multinationale de maintenir le plan d'eau à un niveau inacceptable en saison automnale. La grogne a été particulièrement manifeste lors des deux dernières saisons automnales, alors que les dégâts ont été catastrophiques.
«Le phénomène d'érosion est très complexe, réitère Jean-François Gauthier. Il y a plusieurs facteurs et le niveau du lac en est un. C'est indéniable et nous en sommes pleinement conscients. Mais il y a autre chose à considérer.»
En ce sens, il fait référence aux vents ainsi qu'à la configuration du fond marin, laquelle a été bouleversée avec la construction de la centrale Isle-Maligne, en 1926.
De nouveaux riverains
Les dernières années ont également été marquées par la multiplication de résidences cossues et d'aménagements paysagers. Cette réalité sera au coeur de la réflexion mise en branle chez RTA, promet-il.
«Ce n'est pas le même portrait que celui des années 80. J'ai fait le tour du lac quand j'étais adolescent, en 1987, et je peux dire que ce ne sont plus les mêmes riverains ni les mêmes milieux. Ç'a évolué et nous devons tenir compte de ces changements. Il faut travailler ensemble, en faisant preuve d'écoute, en dialoguant. C'est par des échanges constructifs que nous trouverons des solutions.»
L'énergie comme la bauxite
Jean-François Gauthier, identifie l'hydroélectricité telle une matière première, au même titre que la bauxite. L'une comme l'autre sont «les ingrédients d'une recette».
En fin de compte, affirme-t-il, l'essentiel demeure le coût de production de chaque lingot de métal gris.
«Oui, nous avons une énergie verte à faible coût. C'est vrai, mais il ne faut pas perdre de vue que la bauxite doit être acheminée ici à partir de l'Australie. Ça coûte plus cher que si nous étions en Chine ou au Moyen-Orient. C'est là que l'énergie devient un avantage. C'est là que la division Énergie Électrique rend nos alumineries plus robustes. Quand nous réduisons nos coûts de production, nous réduisons ceux de nos usines.»