La PDG du CIUSSS, Julie Labbé, croit que les nouvelles conditions permettront d’attirer de nouvelles recrues et de conserver les employés actuels. Le CIUSSS engage 1000 personnes chaque année.

Des centaines de postes rehaussés ou créés au CIUSSS

La présidente-directrice générale du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Labbé, disait en avoir fait une priorité. C’est donc avec plaisir mercredi qu’elle a annoncé le rehaussement et la création de 500 postes dans le réseau, dont une partie se fera à coût nul en raison du lourd impact budgétaire engendré actuellement par le temps supplémentaire obligatoire et l’assurance-salaire.

C’est ce qu’elle a confirmé lors d’une entrevue accordée au Quotidien à son bureau du siège social du CIUSSS.

« Je suis en mesure de vous annoncer que nous avons complété le rehaussement attendu en lien avec la cible établie. Pour le personnel de catégorie 1, infirmières, infirmières-auxiliaires et inhalothérapeutes, là on parle de 300 postes, où il y a du rehaussement et de la création. Pour la catégorie 2, c’est notre personnel de préposés aux bénéficiaires plus particulièrement et nos gens de métier et nos préposés en alimentation et en hygiène-salubrité et on parle de 190 postes rehaussés ou créés. Pour la catégorie 3, qui est notre personnel administratif et technique, il y aura création et rehaussement de 20 postes. Il nous reste une seule catégorie qui est l’APTS (Alliance du personnel professionnel et technique) avec qui on vient de signer la convention collective locale la semaine dernière. Donc le rehaussement sera à venir l’automne prochain. Donc, c’est plus de 500 postes qui seront rehaussés et créés dans les prochains mois », a-t-elle expliqué d’entrée de jeu.

La présidente-directrice générale du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Labbé, a rencontré Le Quotidien en compagnie du directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques, Alexandre Boivin.

de Temps partiel à temps plein

Le rehaussement d’un poste revient à transformer un poste à temps partiel en un poste à temps complet, en tenant pour acquis que les heures étaient déjà accordées sur le plancher, mais pas à des employés permanents.

« On espère une incidence positive sur la réduction du temps supplémentaire, du temps supplémentaire obligatoire et de l’assurance-salaire. Donc c’est un premier pas que l’on vient de franchir. Pour nous, c’est une excellente nouvelle et ça se poursuivra », a-t-elle mentionné aussi, disant qu’il n’y avait aucun recours à des agences privées dans la région.

Avec les heures déjà accordées, Julie Labbé pense que l’annonce aura peu d’impact financier sur son réseau. « Ce qu’on est en train d’évaluer, c’est qu’on a reçu la lettre du budget et je vais être en mesure de confirmer à la fin mai ce que ça aura comme impact au niveau budgétaire. Évidemment, je capitalise sur le fait qu’on a battu des records sur l’assurance-salaire qui avoisine les 9 %. Donc ça devrait avoir une incidence positive sur l’assurance-salaire et sur le temps supplémentaire. (...) Il y a une partie qui va être à coût nul et une partie où il y aura sûrement un certain réinvestissement qui a été annoncé par le ministère et qu’on pense pouvoir y accoler, mais j’attends mes derniers paramètres. (...) C’est ma croyance en tant que PDG, qu’il faut stabiliser notre organisation, conjuguée au fait qu’il a été annoncé du gouvernement qu’il y a du soutien financier qui arriverait », a-t-elle pu s’avancer, admettant qu’elle avait dû attendre des réponses positives de Québec avant d’aller de l’avant.

Elle a poursuivi en disant que la réduction du nombre de syndicats avait permis aux travaux d’avancer plus facilement. Elle pense aussi que les nouvelles conditions de travail permettront d’attirer des jeunes dans les hôpitaux. « Dans le cadre de la fusion, il y avait 34 conventions collectives sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, nous sommes passés à quatre. Ça vient répondre à un besoin du terrain qui va nous permettre de créer de la rétention chez notre personnel, parce que là on ouvre des postes à temps complet, de s’assurer d’avoir une meilleure attraction pour venir travailler dans notre organisation et de stabiliser les équipes de travail. On parle aussi de conciliation travail-famille et des horaires donnés à l’avance, donc ça attirera sûrement de la nouvelle main-d’œuvre », a-t-elle dit.

Julie Labbé estime aller dans la même direction que la nouvelle ministre de la Santé, la caquiste Danielle McCann, qui a aussi déclaré que la diminution du temps supplémentaire était prioritaire. Elle n’a cependant pas voulu comparer la nouvelle façon de faire à celle du précédent gouvernement libéral, où, de l’extérieur, il semblait se dessiner une certaine gestion plus directe de la part du ministre Gaétan Barrette. « On est une région qui a toujours travaillé en collaboration avec le ministère », s’est-elle limitée à dire.

+

LES SYNDICATS NE POUVAIENT PAS DEMANDER MIEUX

Pas plus tard que le 3 avril dernier, des membres de la FIQ–Syndicat des professionnelles en soins du Saguenay–Lac-Saint-Jean s’étaient rendues à une séance du conseil d’administration à Roberval pour demander de respecter les conventions collectives et l’entente sur les 300 postes à rehausser. C’est donc avec joie que la présidente Julie Bouchard a accueilli l’annonce de la PDG du CIUSSS.

« C’est la demande qu’on avait et c’est ce qui avait été entendu avec la signature de la convention collective en juin dernier. On est très contentes. »

« Enfin, enfin, l’employeur a fait les efforts nécessaires pour y arriver. Donc, nous sommes vraiment contentes que ce soit terminé », a-t-elle commenté au téléphone.

La présidente syndicale croit que le résultat positif est en partie dû à la pression exercée par ses membres au cours des derniers mois. 

Elle se réjouissait également de savoir qu’il n’y aurait pas de demande additionnelle du côté de la mobilité dans les nouveaux postes. 

C’est ce qu’avait confirmé plus tôt Alexandre Boivin, le directeur des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques. 

« Quand on a présenté une première fois, on avait eu des discussions avec eux pour regarder les possibilités d’aller plus loin, pour avoir plus de latitude. À la suite de la réflexion qu’on a faite, on a été en mesure finalement de ne pas aller de l’avant avec ces mesures-là », avait-il indiqué, lors de l’entrevue avec Julie Labbé.

Heureux aussi à la CSN

Du côté du Syndicat du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métier de la santé et des services sociaux du Saguenay–Lac-Saint-Jean (CSN), l’heure était aussi aux réjouissances.

« L’ajout de ces nouvelles ressources se traduira concrètement par l’addition de 120 préposés-es aux bénéficiaires chaque jour sur l’ensemble du territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean desservi par le CIUSSS. Ces ajouts donneront de l’air et un bon coup de main à ces travailleuses et travailleurs qui se dévouent corps et âmes depuis longtemps pour offrir les meilleurs services possible à la population de la région. En plus de diminuer la charge de travail, la création de ces nouveaux postes permettra d’être plus attractif envers de nouveaux salariés-es », a affirmé par voie de communiqué Gaston Langevin, président du syndicat.

Les postes bientôt affichés

Selon Alexandre Boivin, des postes pourraient être affichés bientôt. 

« Compte tenu de la période estivale qui s’en vient, on regarde avec les syndicats de faire une bonne partie du rehaussement, donc de rehausser des postes de gens qui sont déjà à temps partiel, et qu’on est capable de rehausser à temps complet avant la période estivale pour faire justement un premier tour de roue. » 

« En deuxième temps, possiblement de procéder à un affichage au mois de juin ou aussi en septembre, dépendamment des catégories. Pour la FIQ, entre autres, il y aura probablement de l’affichage en juin, ce qui permettrait aux gens de transférer à leur poste dès la fin de l’été », a-t-il détaillé.