Il n’est pas rare de voir apparaître des crevasses sur les glaces à Sainte-Rose-du-Nord, mais la situation est exceptionnelle cette année.

Des cabanes en danger

La soixantaine de cabanes qui se trouvent sur le village sur glace de Sainte-Rose-du-Nord sont dans une situation précaire. Des fissures provoquent des maux de tête aux responsables, au point où ils craignent d’être incapables d’évacuer le site en toute sécurité.

Gaétan Crevier, vice-président de l’Association de pêche blanche de Sainte-Rose-du-Nord, a sa petite idée sur l’origine des crevasses, plus imposantes et plus nombreuses qu’à l’habitude. Il estime que le passage trop rapide du NGCC Des Groseilliers, le brise-glace de la Garde côtière canadienne, a causé d’importants remous. La vitesse recommandée n’aurait pas été respectée, selon lui.

« La formule 1 n’est pas commencée encore, mais je ne pensais pas qu’ils venaient se pratiquer dans le Saguenay », a illustré Gaétan Crevier, qui en avait long à dire sur le comportement de la Garde côtière canadienne lorsqu’interrogé mercredi.

« On n’est pas contents parce qu’on a quatre pieds de glace et ils ont tout brisé, a-t-il déploré. On n’est même pas sûrs de sortir les cabanes et ils sont entièrement responsables de toute cette misère. C’est incroyable la façon dont ils ont agi. Ces brise-glaces là, quand ils vont dans le nord et qu’ils rencontrent un pingouin, une baleine ou un ours polaire, ils font attention. Mais quand ils rencontrent un humain, ce n’est pas grave. Ils utilisent une voie maritime. Ils avaient juste à nous appeler et nous dire qu’ils s’en venaient. »

Le vice-président de l’association de pêche blanche de Sainte-Rose-du-Nord, Gaétan Crevier, déplore le comportement de la Garde côtière canadienne.
C’est le branle-bas de combat sur le village sur glace de Sainte-Rose-du-Nord depuis quelques jours.

Gaétan Crevier va même jusqu’à envisager de demander aux propriétaires de cabanes de venir récupérer leurs effets personnels avant qu’ils ne soient trop tard.

« Ce qui peut arriver, c’est de dire aux gens de venir vider leurs cabanes et ensuite, elles caleront, a réagi le vice-président. Elles se ramasseront à Tadoussac et ils (les gens de la Garde côtière) s’arrangeront avec l’environnement. Ça sera pleinement de leur faute. »

En principe, des équipes doivent amorcer le débarquement des cabanes jeudi matin. Des ponts supplémentaires ont été installés au cours des derniers jours. Habituellement, deux ponts de 25 pieds sont utilisés pour permettre au tracteur à chenilles de manœuvrer. Cette fois, une installation en bois rond longue de plus de 200 pieds a été aménagée en raison des trop grandes fissures.

Un pont long de plus de 200 pieds a été spécialement aménagé pour procéder au débarquement des cabanes.

Un manque d’écoute ?
Avant le début de la saison, un représentant de la Garde cotière canadienne vient à la rencontre des responsables du village de pêche blanche de Sainte-Rose-du-Nord, dans le but de bien connaître la situation dans la « perle du Fjord ».

« Ils nous disent qu’ils vont collaborer, mais je suis persuadé qu’après la rencontre, ils se disent : “bon, une autre journée de passé”, a fait valoir Gaétan Crevier. C’est dangereux de faire ça, des tragédies peuvent survenir. Est-ce qu’on est choqués ? On est déçus. On est vraiment, vraiment déçus. J’espère qu’ils vont venir nous rencontrer et ils sont mieux d’être prêts. »

Sur le site de la Garde côtière canadienne, un communiqué avise les habitants que le NGCC Des Groseilliers entreprendra ses opérations de déglaçage le 12 mars. Les berges doivent donc être libérées de toute activité humaine au plus tard le 11, à 23 h 59.