La rencontre de mardi fut l'occasion de lancer le livre écrit par Marc-André Valiquette relatant les 75 ans d'histoire de la Base de Bagotville. Les 1000 exemplaires de l'édition régulière, coûtent 60 $, et l'édition de luxe, limitée à 75 exemplaires, dont le colonel Molstad (au centre) tient une copie, 300 $. Il est flanqué, à droite, de l'auteur Marc-André Valiquette et du major Patrick Dumont, responsable du spectacle.  Ils posent devant le CF-18 de démonstration.

Des avions jamais vus dans le ciel du Saguenay

« C'est mon legs, l'héritage que je laisse à la région qui m'a si bien accueilli. » C'est avec ces mots de que le colonel Darcy Molstad a qualifié le Spectacle aérien international de Bagotville qui se tiendra les 24 et 25 juin.
Le commandant de la base militaire avait donné à ses troupes la mission d'en faire la plus grosse édition jamais présentée pour le 75e anniversaire de Bagotville ainsi que les 150 ans du Canada. Et mardi matin, en présentant la version finale du programme, il pouvait se permettre de dire « mission accomplie ».
Plus d'avions américains
L'un des changements qu'on verra dans un mois est l'augmentation de la participation de l'armée américaine. Et l'explication est toute simple. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le spectacle aérien de Bagotville n'était pas reconnu comme un événement militaire par nos voisins du Sud. Car pour ce faire, il faut recevoir une accréditation, que ne possédait pas le SAIB, le définissant comme un spectacle aérien militaire à porte ouverte.
« Ça rendait la participation américaine plus difficile », explique le colonel Molstad. D'ailleurs, lors des trois dernières éditions du SAIB, on a noté à plusieurs reprises que les appareils promis par les États-Unis n'étaient pas au rendez-vous.
« Nous sommes allés chercher cette reconnaissance auprès de l'organisme responsable aux États-Unis en décembre », poursuit le commandant.
Ainsi, on pourra voir en action, pour la première fois au Québec, le meilleur avion de chasse furtif au monde, le F-22 Raptor, un appareil que les Américains gardent jalousement pour eux. « Même moi, j'ai hâte de le voir faire ses prouesses extraordinaires », avoue le pilote de chasse.
Le CF-18 Super Hornet, qui est 25 % plus gros que le CF-18 dont dispose le Canada, sera également de la partie pour les démonstrations en vol, de même que le Sea Harrier, le mythique avion britannique à décollage et atterrissage vertical qui avait permis au Royaume-Uni de remporter la guerre des Malouines contre l'Argentine, en 1982. Ce pourrait être la dernière chance qu'on aura de voir les prouesses de l'Harrier qui n'est plus en service dans la Royal Navy.
S'ajoutent le CF-18 de démonstration aux couleurs du 150e anniversaire du Canada piloté par un membre de l'Escadron 425 de Bagotville, l'équipe de démonstration des Snowbirds, les parachutistes Skyhawks, les Griffons de l'équipe de recherche et sauvetage, la simulation d'attaque des six CF-18 et le mur de feu, qu'on allonge à chaque édition pour battre la précédente, et plusieurs avions acrobatiques civils.
Au sol, les visiteurs pourront revoir, après plusieurs années d'absence, le B-52 Stratofortress, un appareil conçu pour livrer des bombes nucléaires en URSS pendant la période sombre de la Guerre froide toujours en service après plus de 60 ans, un KC-135 Stratotanker, le gigantesque avion de transport CC-177 Globemaster, le plus gros de la flotte canadienne, des chasseurs américains F-15 et F-16, le vieux CH-124 Sea King, qui est à l'aube de la retraite, ainsi que le CH-148 Cyclone qui le remplace. Quelques « Warbirds » de la Seconde Guerre mondiale, dont le Harvard, qui a déjà confirmé sa participation, seront aussi de la partie.
Plus beau, plus écologique
Le major Patrick Dumont, officier responsable de la fête, promet de remplir le mandat que lui avait confié le colonel Molstad d'en faire une édition carboneutre avec le minimum d'impacts sur l'environnement. Le SAIB 2017 s'est associé à la chaire en Éco-conseil de l'UQAC et comptabilisera l'ensemble du carburant qui sera brûlé pendant l'événement pour ensuite planter les arbres qui seront nécessaires pour absorber le CO2 qu'il aura généré. Avec l'organisme saguenéen Eurèko, on va composter le maximum de déchets et disposer du reste de façon à limiter les résidus.
Le major Dumont ajoute qu'on a aussi mis le paquet pour améliorer la qualité du son pendant les spectacles, on a mobilisé plus de 20 « food truck » pour rassasier les quelque 100 000 visiteurs attendus sur les deux jours et il sera possible de télécharger une application sur son téléphone intelligent via Google Play ou Appstore, grâce à laquelle on pourra avoir des renseignements sur chaque exhibit.
À un mois de l'événement, les 500 places de camping sur le site affichent déjà complet, ce qui laisse présager une bonne affluence. La STS offrira encore le service de navette et Intercar offre des forfaits à partir de Québec.