Des aliments déposés sur le perron de l’hôtel de ville pour dénoncer le gaspillage alimentaire

Eve-Marie Fortier
Eve-Marie Fortier
Le Quotidien
Une imposante quantité de nourriture a été déposée sur le perron de l’hôtel de ville de Saguenay dans la nuit de dimanche à lundi. Selon le petit groupe qui a revendiqué le geste d’éclat sur les réseaux sociaux, l’entièreté des aliments a été trouvée dans les poubelles d’un supermarché en une seule soirée. Par leur geste, les membres des Justiciers alimentaires – division Saguenay souhaitent qu’une loi anti-gaspillage soit adoptée.

Après avoir déversé des dizaines de fruits, de légumes et de miches de pain, Christophe Boivin et Simon-Pier Boivin, deux frères qui sont à l'origine du groupe, ont diffusé une vidéo en direct sur Facebook.

« On veut qu’il y ait une loi anti-gaspillage. Tout ça, c’était dans les poubelles […]. On veut que le gouvernement passe une loi. On veut que ça arrête », a déclaré l’un d’eux dans la vidéo.

Les deux frères ont d’ailleurs fondé les Justiciers alimentaires afin de sensibiliser les citoyens du Saguenay au gaspillage alimentaire. 

« On trouve que c’est facile de penser que ça arrive juste ailleurs. On essaie donc de démontrer que ça existe ici aussi », a expliqué Christophe Boivin, à l’occasion d’une entrevue téléphonique avec Le Quotidien, mardi midi.

En déposant des aliments à l’hôtel de ville, le groupe cherchait à attirer l’attention sans causer de grabuge.

« Nous avons réfléchi sur ce que nous pourrions faire comme geste sans causer de lourdes conséquences, mais qui nous ferait tout de même remarquer afin qu’il y ait du changement. Nous sommes prêts à assumer notre action », a-t-il conclut.

Aucune plainte déposée  

Même si les policiers ont été avisés du geste de revendication, aucune plainte n’a été déposée par Saguenay.

« Des véhicules municipaux ont dû se rendre sur les lieux pour ramasser la nourriture , mais aucune plainte n’a été déposée par la Ville, a expliqué Simon Lespérance, attaché politique au cabinet de la mairesse Josée Néron. Je ne sens pas qu’il s’agit d’une situation qui nécessite un plus grand suivi, car rien n’a été brisé. »

Luc Tardif, porte-parole du Service de police de Saguenay, confirme également que des accusations ne sont habituellement portées que lorsque le vandalisme cause des bris majeurs ou permanents.