La dernière période de questions de Sylvain Gaudreault à titre de chef intérimaire du Parti québécois avait lieu, mercredi, ce qui lui a valu des vers en alexandrin prononcés par le premier ministre Philippe Couillard.

Des alexandrins pour Sylvain Gaudreault

L'Assemblée nationale a fait exception à son décorum, mercredi matin, à la suite d'un accord entre les partis, pour souligner la dernière intervention du député de Jonquière à titre de chef intérimaire du Parti québécois.
C'est en effet sous un tonnerre d'applaudissements (bannis par le nouveau règlement adopté lors de la dernière session) que Sylvain Gaudreault s'est assis une dernière fois sur la banquette du chef de l'Opposition officielle après sa troisième question complémentaire au premier ministre Philippe Couillard.
C'est d'ailleurs par des vers en alexandrin «style XVIIe siècle», comme il l'a dit lui-même, inspiré par sa récente visite au TNM où on joue le Tartuffe de Molière, que Philippe Couillard a ensuite rendu hommage à Sylvain Gaudreault tout en se moquant gentiment de l'option souverainiste du PQ (voir autre texte).
Crise forestière
L'ouverture de cette période de questions, qui s'est déroulée dans une atmosphère bon enfant, a tout de même eu un départ sérieux lorsque le député de Jonquière est revenu sur la crise forestière à une semaine de l'expiration du délai d'un an accordé à l'entente canado-américaine sur le bois d'oeuvre.
Il a dit craindre le retour d'une surtaxe de 25% et les conséquences qu'elle aurait sur l'industrie du bois d'oeuvre au Québec, notamment au Saguenay-Lac-Saint-Jean, et rappelé que le Québec a adopté, depuis la dernière négociation, un nouveau régime forestier qui ne justifie plus l'imposition d'une surtaxe.
«Le rôle du premier ministre est de s'assurer que le nouveau régime québécois soit pris en considération par les négociateurs du Canada», a dit M. Gaudreault.
Or, il soutient que non seulement ce facteur n'est pas pris en compte, mais il accuse M. Couillard de ne pas avoir réussi à convaincre Ottawa «qu'il ne peut plus accepter les conditions d'un accord qui va avantager l'Ouest et les Maritimes». «Quel est le plan de match?», a demandé Sylvain Gaudreault.
Philippe Couillard a d'entrée de jeu répondu qu'il voulait que l'Assemblée nationale parle d'une seule voix pour inciter les Américains à reconnaître notre régime forestier, mais qu'il ne pouvait faire abstraction du débat politique aux États-Unis portant sur le libre-échange ni passer sous silence le fait que certains arguments avancés par nos voisins du Sud démontrent leur mauvaise foi. «Mais je veux rassurer mon collègue; tous ces messages, on les transmet et on va se battre jusqu'au bout», a promis Philippe Couillard.
Juste avant de recevoir les vers du premier ministre. Sylvain Gaudreault a mis fin à son règne de chef intérimaire par une profession de foi souverainiste en rappelant que lui et Philippe Couillard représentent les citoyens d'une même région qui dépendent d'usines touchées par la crise forestière tant dans le bois d'oeuvre que le papier surcalandré, et qu'il a embrassé la politique pour défendre les travailleurs.
«Je refuse que nos usines ferment et je veux que le premier ministre m'appuie là-dedans. Je demeure convaincu que la solution demeure la souveraineté, car nous serions assis à la même table que les Américains.»
En attendant Gaudreault
De nos courtes vies les Parques filent la toile
Bien osé pour nous d'en deviner le cours
Le PQ bientôt montrera un troubadour
Capable selon eux de redresser les voiles
D'un bien fragile esquif voguant vers les hauts fonds
D'un récif acéré qui n'offre rien de bon
De notre collègue la voix s'éteindra-t-elle
Un autre fauteuil déjà attend son appel
On y entendra parler de... séparation
Pourtant quelle douceur dans le beau mot union
Redoutable adversaire aujourd'hui il demeure
De son ralliement futur nous attendons l'heure
Car de notre grand parti est issu le sien
Travaillons ensemble pour refaire ce lien