Des adieux émouvants pour le juge Larouche

Les salles de cour de la région vont s'ennuyer du sens de la répartie du juge Rosaire Larouche. Le Robervalois prend sa retraite après plus de 25 ans de magistrature.
Il y a peut-être seulement les accusés qui ne s'ennuieront pas de ce juge marquant aux répliques assassines! Rosaire Larouche n'hésitait pas à remettre à leur place ou à sermonner ceux qui passaient devant lui. Il pouvait souvent être impitoyable.
Une sévérité qui émanait de son imperturbable sens de la justice. Pour souligner cette grande carrière de ce pince-sans-rire, une cérémonie a été organisée, mardi, au Palais de justice de Roberval.
C'est l'amour pour le juge Larouche qui a surgi lors des témoignages prononcés. Procureurs de la Couronne, avocats-criminalistes, juges, greffières, constables, familles et amis étaient présents pour souligner la carrière de cet homme qui a commencé sa pratique à Saint-Félicien, avec Robert Côté. En 1977, il est devenu procureur de la Couronne jusqu'en 1990, année où il fut nommé juge.
Son ami de longue date, Denis Dionne, qui a oeuvré avec lui pour la Couronne, a témoigné de leur complicité de manière très drôle.
«Je me souviens d'un juge que nous avions étourdi à force de nous lever chacun notre tour. Il nous avait surnommés Pixie et Dixie. Au début, quand tu siégeais comme juge, je n'étais pas capable de te regarder quand je plaidais, ne sachant pas comment j'allais réagir, a-t-il relaté avant de lancer ''Rosaire, nous t'aimons, je t'aime! ''».
Larmes
Même s'il a tenté de garder sa prestance, Rosaire Larouche n'a pu empêcher des larmes de couler.
Les premières ont glissé sur ses joues quand le bâtonnier régional, Benoit Amyot, a lu un texte écrit par le grand nageur Claudio Plitt. Ces deux hommes sont devenus de très grands amis. «Ça fait quarante ans que je te connais. Tu m'as marqué et tu as été une inspiration pour moi. Tu es un exemple de modèle familial qui m'a guidé. Bonne retraite, nous t'attendons en famille en Argentine», a-t-il lu.
C'est justement quand le juge Larouche a pris la parole et qu'il a abordé le soutien de sa famille qu'il a craqué devant sa femme, Michelle, et ses trois enfants, Caroline, Pierre-Samuel et Jean-Simon. «J'étais souvent absent de la maison alors que mes enfants étaient au secondaire ou au primaire. Je n'aurais pu faire cette carrière sans le soutien de ma femme qui a composé avec mes nombreuses absences de la maison. Certains vont penser que ça faisait peut-être son affaire», a-t-il enchaîné à la blague pour essayer de camoufler son émotion.
Sa plus belle récompense: quand ces deux petits enfants, Clarisse et Louis-Vincent, lui rendaient visite dans un palais de justice pendant un ajournement. Rosaire Larouche était fier de pouvoir les asseoir, mardi, dans cette chaise où il a entendu tant de causes au cours des 25 dernières années.
À Roberval
Le juge Richard P. Daoust tenait à ce que cet hommage soit rendu à Roberval. C'est la première fois qu'on soulignait le départ à la retraite d'un juge au palais de justice de l'endroit, d'autant plus que Rosaire Larouche est un fils de cette ville et qu'il y habite toujours.
De plus, l'arrière-grand-père du juge Daoust, Francis O'Brien, a siégé à Roberval; un clin d'oeil qu'il souhaitait faire.
Comme on ne pouvait pas nommer une salle en l'honneur de Rosaire Larouche, une grande photo de l'homme sera placée à un endroit significatif au Palais de justice de Roberval. Un témoignage de l'importance de cet homme marquant qui ne laisse personne indifférent. Un grand Robervalois.
Comme l'a souligné son fils Jean-Simon, son père a toujours été heureux dans sa profession. Une passion qu'il lui a transmise. «J'ai toujours été très fier de toi. Quand on parlait que mon père siégeait au Palais de justice de Roberval comme juge, c'est comme si Justin Bieber était en ville.»
C'est le 20 mai que Rosaire Larouche sera officiellement à la retraite.