Athéna Gervais, 14 ans, a perdu la vie il y a deux ans après avoir bu des boissons fortement alcoolisées et sucrées.
Athéna Gervais, 14 ans, a perdu la vie il y a deux ans après avoir bu des boissons fortement alcoolisées et sucrées.

Des actions réclamées deux ans après la mort d’Athéna Gervais

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
Il y a deux ans, la jeune Athéna Gervais perdait la vie noyée dans un ruisseau près de son école secondaire de Laval après avoir consommé des boissons fortement alcoolisées et sucrées. Insatisfaite par le peu d’actions entreprises depuis, l’Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) demande au gouvernement du Québec d’agir en accélérant la révision de son Règlement sur la promotion, la publicité et les programmes éducatifs en matière de boissons alcooliques afin d’encadrer la publicité des produits de l’alcool dans les espaces publics.

Le 26 février 2018, la jeune fille de 14 ans, dont les parents sont originaires du Lac-Saint-Jean, avait consommé de la boisson FCKD UP sur l’heure du dîner. En état d’ébriété, elle n’est pas retournée en classe. Son corps a été découvert dans un ruisseau derrière son école trois jours plus tard.

L’ASPQ déplore que depuis ce drame, peu d’actions ont été prises pour prévenir d’autres cas d’intoxication alcoolique.

« Les publicités d’alcool sont omniprésentes dans nos quartiers et sont visibles par des mineurs et des personnes en situation de dépendance à l’alcool. On les retrouve sur les abribus, dans les vitrines des commerces, sur des panneaux, sur des colonnes de rue et dans le métro. Puisque l’exposition à la publicité est associée à l’initiation précoce à l’alcool et à un niveau de consommation accru, il faut cesser de banaliser de tels incitatifs et limiter la présence de publicité dans les lieux publics », affirme Me Marianne Dessureault, chargée de dossiers à l’ASPQ.

L’ASPQ, qui regroupe des citoyens et des partenaires qui font de la santé durable par la prévention une priorité, affirme que plusieurs jeunes banalisent les dangers liés à une surconsommation d’alcool.

14 hospitalisations liées à l’alcool par jour

L’association rapporte qu’une enquête de l’Institut canadien d’information sur la santé chez les Québécois de 10-24 ans a répertorié plus de 5000 hospitalisations liées à l’alcool en 2017-2018. Près de la moitié des 18-24 ans (40 %) affirme d’ailleurs boire de l’alcool de manière abusive. L’enquête révèle également que le taux d’hospitalisation est plus élevé chez les jeunes femmes que les jeunes hommes.

« Chez les jeunes de moins de 24 ans, on compte, en moyenne, près de 14 hospitalisations liées à l’alcool chaque jour, au Québec. Il est impensable de laisser une telle situation perdurer », s’insurge Me Dessureault.

L’ASPQ affirme que l’industrie dispose de plusieurs moyens pour attirer les jeunes consommateurs. Elle estime qu’en plus de la publicité affichée, la promotion numérique, les rabais et les commandites d’événements, qui sont aussi utilisés afin de promouvoir la consommation d’alcool, doivent être remis en question.


« Il est impensable de laisser une telle situation perdurer. »
Me Marianne Dessureault

« La mise en marché de l’alcool au Québec est, à la fois, intensive, criarde et tape-à-l’œil. L’ASPQ ne peut que déplorer le manque d’actions visant à protéger les jeunes et les autres personnes vulnérables contre le marketing de l’alcool, surtout dans les lieux publics. Le gouvernement doit en faire davantage. »