Stéphane Bédard et Janick Tremblay entourés de leurs trois enfants, Marc-Antoine, Eugénie et Sandrine.

Derrière la personnalité

Derrière chaque grand homme se cache une femme. En cette Journée internationale de la femme, Le Quotidien a voulu s'inspirer de cet adage pour parler à quelques-unes des femmes qui se cachent derrière des personnalités publiques régionales. Bien que dans l'ombre de leur conjoint, elles sont avant tout des femmes épanouies, déterminées et impliquées dans leur milieu. Voici le portrait des quelques femmes qui ont accepté de nous parler.
Guylaine Potvin : Conjointe Du Député Sortant Jean-Marie Claveau
Guylaine Potvin connaît bien les aléas de la vie politique: son conjoint, Jean-Marie Claveau, le député sortant de Dubuc, a été conseiller municipal de Saint-Félix-d'Otis pendant deux ans, maire pendant 30 ans, tout en cumulant pendant 10 ans la tâche de préfet de la MRC du Fjord. «En fait, on s'est mariés en décembre, et en novembre suivant, il était élu conseiller municipal», raconte-t-elle.
Les responsabilités publiques de son conjoint - qui amenaient même les citoyens à téléphoner à la maison parfois en pleine nuit - ne l'ont cependant pas empêché de développer sa propre carrière comme adjointe administrative, maintenant chez Canmec, tout en élevant trois enfants.
«On s'est toujours arrangés pour passer nos fins de semaine ensemble et on a toujours réussi à concilier le travail et la famille, il m'a toujours aidé", ajoute celle qui partage 35 années de mariage avec Jean-Marie Claveau.
Dans ses temps libres, elle se consacre à l'ébénisterie et à la remise à neuf de vieux meubles. «J'ai commencé bien avant que ce soit à la mode à la télévision, lance-t-elle. J'ai suivi un cours et ça a passé trop vite! J'aime travailler le bois, j'aime la senteur du bois.»
Guylaine Potvin aime aussi effectuer toute sorte de travaux manuels. «Quand il y a des réparations à faire dans la maison, c'est souvent moi qui les fais! indique-t-elle en riant. Jean-Marie n'est pas très manuel.»
Elle rêve un jour d'avoir son propre atelier près de sa maison pour y travailler sur ses projets de décoration et d'ébénisterie. Mme Potvin n'est toutefois pas prête à prendre sa retraite. «J'aime garder le lien du travail et les liens avec les gens», souligne-t-elle.
Ann Coulombe : Conjointe Du Souffleur De Verre Giuseppe Benedetto
Certains l'appellent «Madame Benedetto», et cela la fait sourire. Ann Coulombe est toujours surprise d'être reconnue lors des activités qui regroupent les artistes régionaux, mais ceux qui connaissent Giuseppe Benedetto savent que l'administration, la comptabilité et le service à la clientèle de la boutique Touverre située à La Baie reposent sur les épaules d'Ann Coulombe, qui partage depuis 25 ans sa vie avec le souffleur de verre. «Dans les 5 à 7, c'est moi qui donne les cartes professionnelles», raconte-t-elle en riant.
Elle préfère demeurer discrète et n'ose pas s'attribuer une partie de la réussite de Touverre. «Je ne dirais pas ça, ce serait prétentieux, répond-elle. Mais je dois l'inspirer un peu, je crois. Au début quand je l'ai rencontré, ses peintures étaient plus sombres, et ensuite des couleurs pastel se sont ajoutées!»
Son conjoint lui demande toujours son avis sur ses créations ou sur les bijoux qu'il fabrique. «On n'a pas les mêmes goûts, ajoute Mme Coulombe. Parfois il pense qu'il a raté une pièce et j'arrive à le convaincre que c'est beau, même si ce n'était pas ce qu'il avait en tête.»
Celle qui fait partie de la Corporation des femmes d'affaires du Saguenay depuis 15 ans et qui a siégé au conseil d'administration pendant quelques années consacre maintenant sa retraite à la boutique Touverre, après avoir travaillé comme personnel de soutien à l'hôpital de Chicoutimi. "Ça ne me dérange pas, il faut bien s'occuper à la retraite», explique-t-elle, ajoutant qu'elle a même suivi différentes formations pour bien maîtriser son rôle d'administratrice.
Janick Tremblay : Conjointe Du Député Sortant Stéphane Bédard
«Avant d'être une conjointe et une mère, je suis moi-même», lance Janick Tremblay, qui partage la vie du député sortant de Chicoutimi, Stéphane Bédard, depuis 18 ans. Elle ne s'est jamais oubliée pour se consacrer à ses deux autres rôles.
Tout en étant une mère et une conjointe, il était important pour elle de se réaliser professionnellement. «Je n'ai jamais laissé passer les opportunités, ajoute celle qui est conseillère en placement chez Valeurs mobilières Desjardins et associée au Groupe Tremblay-Larouche. Je les ai saisies au moment où elles se présentaient et au moment où elles pouvaient s'intégrer dans ma vie.»
Pour Janick Tremblay, tout est une question d'équilibre et d'organisation. Elle parvient à jongler sans difficulté avec ses trois rôles en aménageant son horaire et à planifier des moments en famille avec son conjoint et leurs trois enfants qui ont cinq, huit et 12 ans.
«On arrive à s'organiser, et je ne vois pas la politique comme un fardeau, mais comme un plaisir, souligne-t-elle. Même lorsque les enfants étaient petits, je n'hésitais pas à faire nos bagages pour quelques jours pour suivre Stéphane lors des congrès. C'est pour cela que nous sommes en famille lors d'activités politiques, cela a toujours été une habitude.»
Mme Tremblay a aussi plusieurs implications communautaires à son actif, au sein de Centraide, de la Fondation communautaire de la région, de la Société d'art lyrique du royaume, du Conseil des arts du Saguenay et de la Fondation campagne des 500 jours.
Carmen Albert: Conjointe Du Producteur De Québec Issime, Robert Doré
Carmen Albert n'a pas hésité à s'impliquer avec son mari Robert Doré dans le projet de ses enfants Pierre, Sylvain et Frédéric. Elle ne se doutait pas alors que ce projet d'été allait donner naissance à plusieurs méga-productions sous la signature de Québec Issime, un nom maintenant connu et reconnu à travers le Québec.
Lors des débuts de la troupe, elle vendait les billets des spectacles à la maison et participait à la confection des costumes, en plus de s'occuper de ses trois adolescents et de travailler comme secrétaire à la Clinique médicale Montcalm.
Mme Albert, qui partage maintenant 43 années de mariage avec Robert Doré, a délaissé son travail de secrétaire pour se consacrer entièrement à Québec Issime en 1999.
«J'appuie Robert dans tout cela et on coopère, indique la présidente de Québec Issime. J'ai toujours été là pour l'encourager et on a cru ensemble au projet. J'ai toujours été positive. C'est un grand projet de famille, on travaillait ensemble et avec les enfants. On a toujours été fiers de faire travailler les gens de la région.»
Maintenant, elle se consacre surtout, l'automne, à la vente de billets du spectacle Party! et donne un coup de main de temps à autre pour les tâches de secrétariat.
L'absence de son conjoint, que son travail amène souvent à l'extérieur de la région, ne la dérange pas. Elle ne manque pas d'activités pour s'occuper: elle s'implique au sein du Club Richelieu au féminin du Saguenay (qui soutient entre autres l'organisme Aide-parent plus) ainsi qu'auprès de la Fondation Châtelaine. Aujourd'hui, elle participe d'ailleurs pour la deuxième fois à la marche de 15 km des Pichous.
Marie-Claude Perron : conjointe du député sortant Alexandre Cloutier
Marie-Claude Perron, enseignante au secondaire en anglais au Séminaire Marie-Reine-du-Clergé de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, adore son métier et ne pourrait se passer du contact avec les jeunes. Elle a travaillé quelques années à Québec avant d'effectuer un retour en région pour fonder une famille avec son conjoint, Alexandre Cloutier. «J'aime vraiment mon nouveau milieu de travail, c'est très stimulant, car puisque c'est une petite école, je peux autant enseigner aux jeunes de secondaire un, deux, d'adaptation scolaire ou aux jeunes de secondaire quatre», souligne la jeune mère de famille de deux enfants, Amélia, trois ans, et Emmanuel, 18 mois.
Même si son conjoint, avec qui elle partage sa vie depuis huit ans, est souvent à l'extérieur de la région, elle parvient à jongler avec toutes ses responsabilités. Elle peut aussi compter sur le soutien de ses parents et de ses beaux-parents.
«Notre bébé a 18 mois, et il y a 18 mois, on était en pleine campagne électorale, alors à ce moment-là c'était plus difficile, ajoute-t-elle. Ça nous a demandé un temps d'adaptation. Alexandre essaie d'être présent le plus possible. C'est le contexte idéal, c'est un conjoint très attentionné. On forme une équipe.»
La jeune femme trouve le temps de s'impliquer au sein de son établissement d'enseignement. Elle siège au conseil d'administration de la Fondation des services éducatifs du Séminaire.
À travers leurs occupations, les deux jeunes parents s'assurent de prendre le temps d'effectuer plusieurs activités de plein air en famille. «Je ne vois pas nos occupations comme un fardeau, au contraire, c'est un défi qui nous permet de nous dépasser dans nos vies respectives», souligne-t-elle.
Caroline Bergeron : conjointe d'alain Gagnon du SNEAA
Caroline Bergeron débutait son implication dans des comités d'institutions d'éducation en même temps que son conjoint, Alain Gagnon, faisait ses premières armes comme représentant syndical, il y a une quinzaine d'années.
«Ça tombait bien, notre fille venait d'entrer au primaire, raconte-t-elle. J'ai suivi ma fille dans son parcours scolaire pour mes implications. J'étais sur des comités quand elle était au primaire, même chose au secondaire. J'ai arrêté au cégep, à cet âge-là les enfants ne veulent plus nous voir à l'école!»
Celle qui a été pendant plusieurs années technicienne forestière, et qui travaille maintenant comme préposée aux bénéficiaires au Centre d'hébergement Georges-Hébert de l'hôpital de Jonquière, dit partager les valeurs syndicales qui animent son conjoint. Elle a elle-même été sollicitée pour être présidente de son syndicat, mais a refusé.
«Je suis convaincue de l'importance d'un syndicat, mais je n'ai pas une personnalité forte comme Alain, indique celle qui partage la vie du représentant syndical depuis 30 ans. Je n'aime pas la confrontation, je suis davantage axée sur la médiation. Je suis plus douce de nature.»
Même si son conjoint est souvent occupé ou absent en raison de ses obligations syndicales, Caroline Bergeron est loin de se morfondre chez elle. «Il faut savoir être présente et positive, mais aussi se trouver des activités, souligne-t-elle. J'ai plusieurs activités que je fais seule et ça me convient très bien. Je ne suis pas un petit chien qui l'attend!»
Mgauthier@lequotidien.com
Précision
Le Quotidien a tenté de joindre les conjointes d'hommes politiques de différents horizons et de différents paliers, tels que le maire d'Alma Marc Asselin, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, le ministre Denis Lebel, le député Claude Patry et le chef du parti libéral, Philippe Couillard. Nous avons aussi tenté de joindre la conjointe de Pierre Lavoie, Line Routhier pour inclure une personnalité sportive. Dans tous les cas, nous avons essuyé des refus pour différentes raisons, ou n'avons pas eu de réponse.