Les parents de Laura n'ont pu étouffer quelques sanglots lorsqu'ils ont posé leurs mains sur le cercueil de leur fille.

Derniers adieux à Laura Leblanc

«Vole, vole mon amour. Puisque le nôtre est trop lourd. Puisque rien ne te soulage. Vole à ton dernier voyage».
C'est sur ces touchantes paroles de la chanson Vole de Céline Dion, interprétée par Jocelyne Tremblay, que Laura Leblanc a été portée à son dernier repos, hier, à l'église Sainte-Claire de Chicoutimi-Nord.
La pièce composée par Jean-Jacques Goldman était doublement symbolique, puisqu'elle a été écrite pour la nièce de la diva québécoise, Karine, emportée par la fibrose kystique il y a quelques années. Laura était atteinte de cette grave maladie. Elle est décédée le 17 janvier à 19 ans, quelques jours après avoir subi une greffe des poumons.
De nombreux proches et amis sont venus dire adieu à la jeune femme qui a touché tout le Québec avec son courage, sa persévérance et sa détermination à vivre. Elle était aussi reconnue pour sa gentillesse et son désir d'aider les autres.
Les parents de Laura, Lina Gagnon et Steeve Leblanc, ont assisté à la cérémonie dans le silence et le recueillement, en compagnie des deux soeurs de la disparue, Audrey et Noémie. Ils ont écouté l'homélie du prêtre Luc Bergeron, assis aux premiers rangs du petit temple religieux, blottis les uns contre les autres. L'homme de foi a rappelé que Laura était une personne animée d'une grande force de caractère, qui savait encourager les gens autour d'elle. Chaque personne présente aux funérailles portait un petit bâton lumineux autour de son cou. Ce geste visait à rappeler la luminosité et la couleur de Laura.
«Elle s'en va, mais sa lumière va rester en nous. Malgré tout son combat, elle avait trouvé un sens à sa vie», a exprimé le prêtre. Le célébrant a rappelé la grandeur de l'héritage laissé par Laura. La jeune femme s'était donnée pour mission de sensibiliser la population au don d'organes.
Émotion
Les titres choisis par la famille pour envelopper de mots et de musique ce dernier au revoir à Laura ont ajouté au haut degré d'émotion qui planait déjà sur la petite église. Un peu plus haut, de Ginette Reno, Une chance qu'on s'a, de Jean-Pierre Ferland et Le coeur est un oiseau de Richard Desjardins ont noué les gorges, suscité les larmes et provoqué les accolades.
Deux oncles de Laura ont pris la parole au nom de la famille, quelques minutes après la cérémonie.
«Ça nous touche qu'un enfant qui vient juste de sortir de l'adolescence puisse nous donner une telle leçon de vie», a illustré Louis Vaugeois. Denis Leblanc y est allé de ces mots fort éloquents à propos de sa nièce, la voix fragilisée par la tristesse: «C'était comme un arc-en-ciel. C'était une femme de coeur. Elle avait beaucoup de couleur».
Laura avait de qui retenir. Denis Leblanc a fait valoir que ses parents, eux aussi des gens de coeur, ont tout donné pour leur fille. «Ils sont touchés pas son départ», a-t-il dit, tout simplement.
Notons que des dizaines de peluches collectionnées par Laura et recueillies par ses proches au cours des derniers jours seront remises au CSSS de Chicoutimi pour encourager les enfants malades à faire preuve de courage et de persévérance.