Le Cap au Leste à Sainte-Rose-du-Nord était le théâtre de la dernière journée de tournage de la série à succès Trop de Radio-Canada.

Dernier épisode de la série Trop: Cap au Leste en mode tournage

Le Cap au Leste à Sainte-Rose-du-Nord était le théâtre de la dernière journée de tournage de la série à succès Trop de Radio-Canada. La série est écrite par une auteure de L’Anse-Saint-Jean, Marie-Andrée Labbé, qui vit « un rêve » de voir sa création être tournée dans sa région natale.

C’est à la demande de Marie-Andrée Labbé que la production s’est déplacée au Saguenay. « C’est un souhait que j’avais depuis le début de l’écriture de la troisième saison. La réalité de la télé fait qu’on n’était pas sûr de le faire. On me tenait au courant pendant la production “Pour ton Saguenay, on n’est pas sûr qu’on va être capable de le faire”. J’avais une idée pour la finale et j’ai essayé de la vendre comme il faut. Finalement, on m’a dit qu’on allait le faire et pour moi, ça termine cette aventure de la plus belle façon qui soit », raconte Marie-Andrée Labbé.

L’auteure de L'Anse-Saint-Jean, Marie-Andrée Labbé, a écrit les trois saisons de Trop. Elle avait la chance de tournée un épisode de sa série tout près de son fjord natal.

Pour l’occasion, c’est une équipe d’une soixante de personnes qui s’est déplacée de Montréal jusqu’à Sainte-Rose-du-Nord. Marie-Andrée Labbé est touchée de voir que l’équipe de production s’est mobilisée pour lui faire plaisir. « L’épisode aurait pu se passer ailleurs dans l’histoire. C’est un beau cadeau de fin de projet. »

Cinq comédiens de la série étaient sur place dont Louise Portale, originaire de Chicoutimi. Virginie Fortin, Evelyne Brochu, Éric Bruneau et Germain Houde étaient les autres présents. Dans la série, la famille Desbiens est originaire de Saguenay. La troisième et dernière saison de Trop sera présentée à l’automne.

La comédienne originaire de Chicoutimi, Louise Portal, et son mari dans la série, Germain Houde, originaire de Petit-Saguenay, lors du tournage.

C’était une première pour Marie-Andrée de voir son œuvre être tournée dans sa région. « J’ai hâte que les gens de la région la voient. Ce sont des gens fiers. Je me souviens quand j’étais adolescente et que je voyais des choses tournées ici, j’avais le sentiment de fierté et ça c’est important pour moi. Je suis contente de voir qu’on a choisi des gens de la place pour être figurant dans la scène. » Trop est la première série écrite au complet par l’auteure du Bas-Saguenay.

C’est une auteure qui excelle dans la comédie dramatique, un style qui lui vient de sa personnalité et de sa famille. « La comédie, c’est la chose que je préfère parce que ça vient naturellement dans ma vie. Je viens d’une famille très drôle, on est de grands niaiseux, raconte Marie-Andrée. Je trouve que souvent, les situations les plus dramatiques viennent de l’humour. Ça me touche beaucoup la ligne très fine entre le drame et la comédie. »

Bien qu’elle croit que la comédie occupera son travail pour une bonne partie de sa carrière, elle pense être en mesure de proposer d'autres émotions. « La télévision c’est un médium d’émotion avant tout. Quelque chose de juste niaiseux, drôle, qui n’est installé sur rien, ça ne lève pas. »

La suite des choses

Marie-Andrée Labbé juge que c’est une bonne période pour le monde de la télévision, mais garde une réserve sur son avenir. « J’ai plusieurs idées. Je sens qu’il y a de la liberté, de l’audace. Les producteurs et les diffuseurs ont le gout d’essayer des affaires, mais surtout, le public est présent et il est capable d’en prendre. Je veux leur en donner et je veux essayer de bousculer les affaires et de mettre ma couleur dans cette télé là. »

Elle espère un jour avoir l’occasion de revenir dans la région pour un tournage. « C’est sur, on dirait que c’est un rêve. Il y a beaucoup de sacrifices à faire pour se déplacer ici et je me sens responsable. Je veux que les gens aiment ça et qu’ils aient du bon temps, mais quand on arrive ici, le paysage parle à ma place. Tout le monde à l’air heureux, je suis contente. »

L’auteure Marie-Andrée Labbé au centre, accompagnée des deux comédiennes principales de la série, Evelyne Brochu à gauche et Virginie Fortin à droite.

Bien que ce soit la fin pour Trop, Marie-Andrée ne croit pas qu’un deuil soit nécessaire. « Je voulais faire trois saisons, je pense que cette histoire-là et les personnages pourront vivre dans notre imaginaire pour la suite. Il faut apprendre à laisser les choses au bon moment. C’est plus faire un deuil des contacts avec les personnes que j’ai côtoyées durant tout ce temps là. » Elle avait de bons mots à dire sur l’équipe. « On a été chanceux, c’est un projet qui est assez “bonbon”. On entend toujours des productions que c’était compliqué, c’est long, mais dans notre cas ce n’est pas ça qui s’est passé. Tout le monde a été très disponible et généreux. »

Une belle visibilité

Pour les propriétaires du domaine, Sylvie et Henri-Jean Vittecoq, recevoir un tournage du genre « est une très belle visibilité pour la clientèle du Québec ». Selon M. Vittecoq, les Québécois ne sont pas assez conscients de la chance d’avoir dans leur milieu un fjord d’une beauté incomparable. Selon les estimations de M. Vittecoq, seulement 20 % de leurs clients sont Québécois. La majorité de sa clientèle vient de l’Europe francophone, mais il sent un petit intérêt grandissant du côté des Italiens et des Espagnols. Ils ont reçu tout près de 22 000 visiteurs lors de la dernière année.

Les propriétaires du Cap au Leste, Sylvie et Henri-Jean Vittecoq. Ils étaient également figurant pour la scène tournée à leur établissement.

Le Cap au Leste est ouvert 10 mois par année, été comme hiver, et Mme Vittecoq dit que l’endroit « est magique toute l’année ». Le couple originaire de France qui a fondé l’établissement il y a de cela un peu plus de 20 ans, avait aussi l’occasion de faire partie des figurants lors du tournage. Une expérience unique qu’ils ont tous deux grandement appréciée.

Les comédiens Éric Bruneau, Evelyne Brochu et Virginie Fortin lors du tournage de la scène au Cap au Leste.