Le cercueil de Bertrand Temblay était recouvert d’un drapeau aux couleurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Dernier adieu au journaliste Bertrand Tremblay

Bertrand Tremblay, décédé le 28 septembre dernier, a écrit lundi matin l’ultime chapitre de son illustre vie. Le journaliste a été porté vers son dernier repos au cours d’une cérémonie empreinte d’émotions à laquelle plus de 200 personnes ont assisté à la Cathédrale de Chicoutimi.

Véritable monument de l’information régionale au Saguenay–Lac-Saint-Jean, le départ à 89 ans de celui qui a œuvré pendant 68 ans dans l’univers médiatique régional — notamment dans les pages du Quotidien — a été souligné comme il se doit par les membres de sa famille, mais aussi par des personnalités publiques, autant politiques, sportives ou médiatiques, qu’il a côtoyées au fil de son illustre carrière.

L’ex-député péquiste Marc-André Bédard, le député fédéral actuel de Chicoutimi–Le Fjord Richard Martel et le conseiller de Saguenay Michel Potvin étaient entre autres présents à la cérémonie.

Uu homme humble
La grande famille de Bertrand Tremblay, menée par sa femme Suzanne Beaulieu et leurs enfants, Normand, Danyelle, Diane et Patrice, était évidemment aux prises avec de grandes émotions devant ce dernier adieu au patriarche qui laisse derrière lui 18 arrière-petits-enfants.

« Papa était très humble. Il n’aimait pas parler de lui et aimait mettre les autres en valeur. Il était beaucoup plus facile pour lui d’écrire sur les autres, mais pour maman, pour nous, pour ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants, c’était celui sur lequel nous pouvions compter et celui à qui on pouvait tout dire », a témoigné sa fille Danyelle Tremblay durant la cérémonie.

La famille de Bertrand Tremblay, dont sa femme Suzanne (au centre), était sous le coup de l’émotion lorsque le cercueil du journaliste a fait son entrée dans la Cathédrale de Chicoutimi.

Sa petite-fille Sandra a aussi livré un dernier message senti à son grand-père, elle dont la voix a été étranglée par l’ampleur émotive du moment à quelques reprises.

Drapeau
Signe de son appartenance indéfectible à la région, c’est recouvert d’un drapeau aux couleurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean que le cercueil de Bertrand Tremblay a été amené pour une dernière fois devant ses proches et amis, lundi matin.

« C’était un ardent défenseur de la région. Vous en avez une bonne preuve sur son cercueil. Il n’était pas un homme complexe, mais un homme complet, accompli. Il était un modèle pour sa profession », est venu témoigner son ami de longue date et fondateur de l’entreprise Remac, André Poulin.

Apport extraordinaire
Celui qui a côtoyé M. Tremblay durant de nombreuses années, notamment en tant que membre du Club des 21, a aussi noté qu’en cette ère où l’exode des cerveaux régionaux demeure toujours préoccupant dans la région, le choix qu’a fait Bertrand Tremblay de mener sa carrière de front ici, malgré son potentiel de percer au niveau national, démontre toute la grandeur d’esprit et l’avant-gardisme du chevronné journaliste.

« Bertrand est l’exemple type des cerveaux que nous avons eu la chance de conserver dans la région et de l’apport extraordinaire qu’il a apporté à la communauté. Je me compte choyé d’avoir eu Bertrand comme ami. Il a démontré une intégrité journalistique à tous points de vue et a été un modèle pour sa profession », a poursuivi André Poulin.

Parents et amis ont lu plusieurs témoignages touchants à l’intention du journaliste de 89 ans décédé le 28 septembre dernier.

Le corps de M. Tremblay doit maintenant être incinéré et ses cendres seront déposées au Colombarium du Complexe funéraire de Chicoutimi.

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CE QU'ILS ONT DIT

«Bertrand, c’est un ami personnel très cher, et un grand défenseur de la région. Il a toujours su respecter les politiciens et les vedettes de quelque domaine que ce soit, avec beaucoup de déférence, mais en étant critique intelligemment. C’était un homme de coeur. Ce n’est pas un homme qui voulait indiquer de force ses convictions, au contraire. C’était un homme passionné d’information. Il était convaincu qu’à partir du moment ou tu informe les gens correctement, tu leur donnes la chance d’exercer valablement leur droit de s’exprimer.» 

– Marc-André Bédard, ex-député provincial de Chicoutimi (1973-1985)

Marc-André Bédard

«Bertrand, c’est le dernier de son époque. La façon de présenter l’information n’a plus rien à voir avec ce qu’on faisait il y a tout juste 15 ou 20 ans. Il a été chanceux d’une certaine manière, parce qu’il a pu vivre toutes les transformations qui se sont faites dans le monde de l’information. Bertrand a beaucoup donné et il a suscité beaucoup de réflexions, en plus d’être à l’origine d’une pensée régionale... il était très régionaliste. Je pense que c’est ce qui va rester [de lui].» 

– Carol Néron, ex-éditorialiste du Quotidien

Carol Néron

«Dans la vie, il y a des personnes qui viennent te chercher, et Bertrand était l’un de ceux-là. J’ai appris à connaître l’homme, surtout lorsque j’étais avec les Saguenéens. On le sentait entier, intègre. C’était un passionné. Il a été un personnage extrêmement important pour la région au niveau journalistique, mais aussi dans plein de domaines. On pouvait discuter de n’importe quoi avec lui. Il était fort en politique, en développement économique, en culture. Il a tellement été bon pour moi quand j’ai dirigé les Saguenéens de Chicoutimi. Je me sentais privilégié connaissant l’homme et il a toute mon admiration.»

– Richard Martel, député fédéral de Chicoutimi–Le Fjord et ex-entraîneur des Saguenéens de Chicoutimi.  


«Bertrand était un grand régionaliste. On pouvait se fier à lui. Tout le monde le connaissait. Je ne connais pas un politicien, pas un athlète qui était fâché contre lui à cause d’un de ses écrits. Il s’organisait toujours pour dire ce qu’il avait à dire, mais en trouvant un bon côté pour dire ses affaires. Tout le monde était ami avec Bertrand...»

– Gilbert Gravel, ami de longue date de Bertrand Tremblay

Richard Martel