Les maires Richard Burcombe (Lac-Brome), Louis Villeneuve (Bromont), Jacques Drolet (Bolton-Ouest), Steve Lussier (Sherbrooke) et Patrick Melchior (Farnham) étaient sur les lieux du déraillement, dimanche matin.

Déraillement d’un train à Bolton-Ouest: «C’est inquiétant», estime Louis Villeneuve

Des représentants de l’Alliance du corridor ferroviaire Estrie Montérégie (ACFEM) se sont déplacés sur les lieux du déraillement à Bolton-Ouest afin de constater l’état du chemin de fer. Préoccupés, ils interpellent les gouvernements pour que des actions soient portées. Respectivement président et vice-président de l’ACFEM, les maires de Bromont (Louis Villeneuve) et de Farnham (Patrick Melchior) ont rejoint sur les lieux, dimanche matin, les maires de Lac-Brome (Richard Burcombe), de Bolton-Ouest (Jacques Drolet) et de Sherbrooke (Steve Lussier).

Drame évité

« Pour nous, c’était hyper important d’être là parce que c’est un déraillement, explique M. Villeneuve en insistant sur le dernier mot. L’ACFEM est là pour la sécurité, on veut rendre cette voie ferrée sécuritaire. Et c’était important d’être là en appui au maire de Bolton-Ouest. Ce déraillement-là aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus graves. Trois cents mètres plus loin, il y a des wagons de propane qui sont stationnés. Tout près du déraillement, il y a un cours d’eau qui se déverse dans le lac Brome, qui est notre source d’eau potable. »

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Sur le même tronçon circulent également le Orford Express et ses passagers. Ce train est par ailleurs stationné à Bromont jusqu’à nouvel ordre. Il venait de laisser des passagers à Bromont et s’en retournait à Orford lorsqu’il s’est arrêté dans la voie d’évitement pour laisser passer le train de marchandises, explique M. Villeneuve. Il a dû rebrousser chemin vers Bromont.

Si la cause du déraillement n’est pas connue pour l’instant, il souligne que l’état de la voie ferrée soulève des questions. Le maire de Bolton-Ouest, Jacques Drolet, indiquait samedi que les rails étaient en mauvais état.

« Un train de marchandises comme ça, ça avance à peine. On peut quasiment les dépasser à la course à pied », illustre le président de l’ACFEM. 

Pour qu’un train déraille à cette vitesse, « il y a un problème, croit-il. Ce que j’ai vu ce matin, c’est inquiétant. [...] Il faut arrêter de parler de sécurité et passer aux actes. Maintenant. Là, on a juste des rapports. Il va se passer quoi ? On interpelle les gouvernements là-dessus. »
L’ACFEM travaille sur un projet de 300 millions de dollars en trois volets. Premièrement, la mise à niveau de la totalité de la voie ferrée. Deuxièmement, l’amélioration de la fluidité du transport de marchandises. Et finalement, la mise en service d’un train de passagers entre Montréal et Sherbrooke.

Récemment, un sous-comité présidé par Patrick Melchior a été mis en place pour se concentrer uniquement sur la sécurité de la voie ferrée. La première rencontre du sous-comité est mardi. L’ACFEM se rencontrera ensuite jeudi. Le déraillement de samedi sera évidemment abordé.

Réparations effectuées

Un ordre ministériel émis le 6 septembre dernier par le ministre des Transports du Canada, à l’époque Marc Garneau — le nouveau conseil des ministres du gouvernement Trudeau n’est pas encore connu — venait d’imposer des mesures au propriétaire de ce chemin de fer.

« Lors d’une inspection en mai dernier, les inspecteurs de Transports Canada ont identifié plusieurs lacunes sur une section de 125 miles (201 km) de la voie ferrée appartenant à Central Maine & Quebec Railway (CMQR), entre Farnham et Lac-Mégantic, affirmait alors le ministre dans une déclaration. Entre autres, la présence de rails et de traverses défectueux ainsi que des situations de ballast colmaté et de boue ont été observées à certains endroits. Un examen de la documentation et une analyse des données provenant d’inspections ultrasoniques réalisées par CMQR ont également révélé la présence de 253 rails défectueux sur ce même tronçon. Le ministère a immédiatement agi en ordonnant que CMQR effectue les réparations de toutes les irrégularités, augmente la fréquence de ses inspections ultrasoniques, et fournisse les résultats de ces inspections à Transports Canada. Depuis, CMQR a informé Transports Canada que les 253 défectuosités avaient été corrigées sur cette section de la voie ferrée. Une limite de vitesse de 10 miles à l’heure (16 km/h) a également été mise en vigueur sur certains tronçons comme mesure de sécurité additionnelle. »

L’ordre ministériel prévoyait notamment trois inspections par ultrason sur tout le tronçon avant septembre 2020 et que les résultats soient remis à Transports Canada pour analyse, le maintien de la limite de vitesse déjà en vigueur sur certaines sections jusqu’à ce que les correctifs aient été apportés et que les inspecteurs de Transports Canada aient complété leurs vérifications ainsi que la réalisation d’un examen interne sur les procédures d’inspection et d’entretien des voies ferrées. 

Les représentants de Transports Canada devaient s’assurer que les correctifs avaient été réalisés dans les règles de l’art. 

Émilie Simard, directrice des communications du ministère, précise que CMQR a réalisé des tests en octobre et effectué les réparations requises, incluant celles au niveau du tronçon où a eu lieu le déraillement de Bolton-Ouest. Le ministère a envoyé deux inspecteurs sur le site, dimanche, pour avoir plus de détails et s’assurer que l’entreprise a suivi les mesures imposées par l’ordre ministériel.