De gros joueurs comme Boeing, Airbus, Thalès et Bell flight, étaient présents à Alma pour discuter de l’avenir des drones.

Déployer le plein potentiel des drones

Près de 150 manufacturiers, opérateurs, chercheurs et gestionnaires internationaux de l’espace aérien se sont rassemblés au Centre d’excellence sur les drones d’Alma au cours des deux derniers jours pour créer des synergies afin d’ouvrir le plein potentiel de déploiement des robots volants.

Pourquoi prendre un taxi roulant dans le trafic en pleine heure de pointe dans une grande métropole quand on peut prendre un taxi volant ? Transporter les gens et le matériel, du point A au point B, dans les airs, est le concept sur lequel travaille une filiale de Boeing, HorizonX, souligne Stephanie Wojcik, chef du développement des véhicules volant. « Nous croyons qu’il existe un marché énorme pour le transport urbain de personnes en utilisant des véhicules aériens sans pilotes », a-t-elle déclaré lors de l’événement TECH DEMO, présenté au Centre d’excellence sur les drones (CED) d’Alma, les 26 et 27 septembre.

En plus de faire une présentation sur la vision de développement de HorizonX, Stephanie Wojcik souhaitait aussi rencontrer les entreprises technologiques pour réaliser des partenariats. « Nous investissons dans plusieurs petites compagnies pour permettre le développement des technologies, car nous croyons qu’il se fait beaucoup de bonnes choses à l’extérieur de Boeing », a mentionné la femme qui a fait de belles découvertes, notamment en ce qui a trait à l’expertise sur le système de télédétection Lidar, qui permet entre autres de détecter les obstacles en vol.

Créer des synergies entre les manufacturiers et les développeurs de logiciels est d’ailleurs un des principaux objectifs de cet événement, souligne Marc Moffat, directeur général du CED, qui se réjouit de la participation, en citant en exemple la présence des gros joueurs comme Boeing, Airbus, Thalès et Bell flight. « On souhaite créer des liens d’affaires entre les entreprises de l’extérieur et les entreprises régionales et québécoises, en mettant en valeur notre savoir-faire », a-t-il dit.

Plusieurs représentants de Transport Canada étaient d’ailleurs sur place pour créer des liens avec l’industrie, dans le but de faire avancer la réglementation.

Mais dans combien de temps ces technologies pourront-elles être déployées ? D’ici quelques années, si les gouvernements peuvent mettre en place la législation rapidement, croit Stephanie Wojcik. « La technologie est mûre, mais il faut démontrer aux autorités que les vols sont sécuritaires en faisant davantage de tests de vols », souligne cette dernière, qui croit que le CED joue un rôle clé pour y parvenir.

Marc Moffat croit également que les drones pourront accomplir une foule de tâches d’ici quelques années, quand les infrastructures seront prêtes pour permettre le partage de données. « Les opérateurs pourront éventuellement utiliser une application sur une tablette ou sur un portable pour soumettre un plan de vol, voir qui d’autre vole dans les airs et partager des informations de géolocalisation », dit-il.

Pour partager l’espace aérien avec les avions et les hélicoptères, la collaboration est la clé, croit Eugen Hoeven, président et fondateur de Unifly, un développeur de logiciels de vols. Pour y arriver, un système de certification efficace doit d’abord être mis en place pour offrir des vols sécuritaires. Et le CED compte bien faire partie de l’équation pour démontrer le plein potentiel des drones. « Grâce à cet événement, les manufacturiers qui veulent tester leurs systèmes ont pu voir nos installations, nos espaces, et la collaboration avec la base de Bagotville », a mentionné Marc Moffat, enthousiaste à propos de l’avenir des drones.