Dépistage: les retards accumulés comblés d’ici 24 heures

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le laboratoire de l’hôpital de Chicoutimi qui analyse tous les prélèvements des cliniques de dépistage COVID-19 de la région aura repris les retards accumulés d’ici 24 heures alors qu’une série de facteurs hors du contrôle du personnel ont provoqué un ralentissement dans le traitement des 1500 à 1600 échantillons quotidiens.

Le directeur clinico-administrtatif du CIUSSS, Normand Brassard, explique que le personnel a fait face en même temps à des changements importants à effectuer dans les méthodes de travail tout en assimilant le fonctionnement de deux nouveaux appareils dotés d’une nouvelle technologie. Ce qui implique, selon le directeur du service, un apprentissage pour réaliser un travail de qualité alors que la pression sur le système est très forte.

« Nous avons effectivement eu un bris d’équipement le 31 octobre. En même temps, on a connu une hausse importante du nombre d’échantillons positifs. Cette augmentation a obligé le personnel à changer de technique de travail. Ce changement a eu un impact sur notre capacité de traitement des échantillons.

«Tant et aussi longtemps que les échantillons analysés au laboratoire donnaient des résultats positifs de 1 %, les techniciennes travaillaient avec la méthode des regroupements (batch). Ils mettaient ensemble 10 échantillons et lorsque le test était positif, elles procédaient à une seconde étape pour tester chacun des échantillons pour trouver celui qui était positif. Il pouvait ainsi y avoir plusieurs groupes de 10 échantillons négatifs.

« À partir du moment où vous avez un taux de positivité qui atteint 10 % dans les échantillons, il n’est plus possible de faire des tests en regroupant 10 échantillons. Vous devez tester de façon indépendante tous les échantillons prélevés. Ça diminue votre capacité de façon importante. »

En plus du bris d’équipement, de l’intégration dans le travail d’une nouvelle technologie et du changement de méthode pour faire face à l’explosion des tests positifs, les laboratoires ont dû absorber l’augmentation rapide du nombre d’échantillons provenant des sites de dépistage en raison de la transmission communautaire. La capacité de traitement du laboratoire de l’hôpital de Chicoutimi est maintenant dépassée.

« Ce matin (lundi) à 8h, nous avions 1800 échantillons à analyser alors que notre capacité est de 1200 à 1300 échantillons par jour. Nous avons envoyé 700 échantillons dans un laboratoire privé de Montréal qui a été retenu par le ministère pour préserver nos capacités d’analyse. Ce sont nos employés qui procèdent aux opérations d’identification et de classement avant de les acheminer dans la métropole. En fin de semaine, nous avons fait des envois de 100 échantillons », reprend M. Brassard.

Au plus fort des retards, le laboratoire a pris jusqu’à 4 jours pour les résultats, mais tout sera normalement revenu à des délais normaux à partir de mardi. Il faut aussi expliquer que le laboratoire doit répondre à une grille de priorités qui vont de M-1 pour les personnes qui arrivent à l’urgence et doivent être hospitalisées rapidement, à M-22 pour des personnes dont l’état de santé n’est pas problématique. Le laboratoire peut faire les tests rapides avec un résultat dans une heure et normalement, il faut deux heures pour l’analyse avec les équipements de masse.

Meilleure transmission des résultats

L’autre partie de l’équation est la transmission des résultats aux personnes qui ont passé des tests. Selon le directeur de la Santé publique, Dr Donald Aubin, les personnes dont le test est positif sont informées rapidement afin qu’elles prennent les précautions nécessaires. L’enquête épidémiologique est également réalisée.

Le CIUSSS avait cependant accumulé un retard de 2400 cas. Il s’agit, selon le docteur Aubin, des contacts modérés, c’est-à-dire des personnes qui ont été en présence d’un cas positif, mais qui portaient un masque et respectaient les mesures de distanciation sociale. Certaines directions de Santé publique avaient choisi d’abandonner ces contacts alors que les préposés de la région continuaient de les appeler pour vérifier leur état. Le médecin ne croit pas que cette situation ait provoqué une augmentation de la propagation. La direction de la Santé publique du Québec a d’ailleurs demandé aux directions régionales de reprendre les communications avec les contacts modérés.

Le directeur régional de la Santé publique a réitéré les consignes à la population. Les personnes qui ont des symptômes associés à la COVID-19 doivent obligatoirement s’isoler et prendre un rendez-vous pour passer un test de dépistage. Il s’agit de la seule façon de freiner la circulation du virus dans la communauté.

Le renfort arrive

La Santé publique de la région recevra des renforts, au cours des prochains jours. Des fonctionnaires de Revenu Québec et de la Régie du bâtiment reçoivent la formation nécessaire pour se joindre aux équipes afin de réaliser des enquêtes et de communiquer avec les citoyens.