Départ de Michel Potvin: un calcul politique, selon Josée Néron

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le départ du conseiller municipal Michel Potvin de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) a eu l’effet d’une bombe dans le monde de la politique municipale. La mairesse Josée Néron considère que cette décision est un positionnement politique de la part de son ex-bras droit, qui pourrait se présenter à la mairie pour l’élection de novembre prochain.

En réaction au départ de Michel Potvin, Josée Néron a repassé les éléments soulevés par le président de la Commission des finances et ex-président de Promotion Saguenay dans Le Quotidien, vendredi. La mairesse remet en question l’idée selon laquelle il y a toujours eu des divergences entre elle et lui.

Au contraire, a soutenu Josée Néron, Michel Potvin lui a régulièrement confié qu’ils partageaient la même vision pour la gestion municipale. Cette sortie du conseiller constitue évidemment une déception pour la mairesse de Saguenay.

La semaine a débuté par le caucus de l’ERD. C’est à ce moment que la mairesse a demandé au conseiller municipal de faire connaître honnêtement ses intentions. Elle a demandé à son collègue de prendre le temps de penser à la suite des choses et a finalement reçu un message texte jeudi soir dans lequel Michel Potvin confirmait la rupture.

Le conseiller avait laissé entendre à mot couvert dans la dernière livraison du Progrès qu’il ne fermait pas la porte à la mairie.

«C’est certain que c’est décevant», plaide la mairesse. Elle se demande aujourd’hui la part de vérité dans les discussions qu’elle a eues pendant les trois dernières années avec Michel Potvin. Il lui a répété à plusieurs reprises qu’ils avaient la même vision. Elle se demande si le conseiller avait deux discours et pourquoi il n’a jamais été question de ces divergences depuis l’élection de 2017.

Josée Néron est aussi surprise des raisons évoquées par Michel Potvin quant aux désaccords fondamentaux. Le mur financier dont il est question dans les explications du conseiller ne semble pas tenir la route, selon la mairesse.

«Je l’entends répéter en comité plénier à Kevin Amstrong de ne pas se préoccuper avec les 8 ou 10 M$ qu’il faut trouver. C’est la même chose chaque année», ajoute la mairesse qui entend bien se présenter en campagne électorale à la tête d’une délégation de candidats de l’ERD.

Elle a aussi apporté des précisions sur le principe des stationnements payants pour financer l’amphithéâtre. Josée Néron a expliqué être défavorable aux parcomètres payants à la grandeur du centre-ville, mais elle est en accord avec une approche où les commerçants du centre-ville procéderaient à l’achat d’un certain nombre de cases dans une nouvelle infrastructure.

Elle a aussi rappelé que l’ERD était en ce moment en période de réflexion et de consultation pour la préparation d’un nouveau programme électoral. Il s’agit selon la mairesse d’un outil essentiel qui permet de faire connaître à la population les positions du conseil.

Malgré la position minoritaire de l’ERD au conseil municipal, la mairesse rappelle que le programme présenté à la population en 2017 a été réalisé en bonne partie. Elle soutient que sa gestion ouverte des affaires municipales a permis de réaliser le programme avec un certain succès.

Josée Néron n’a aucune inquiétude quant à la survie de l’ERD. Le résultat de l’élection complémentaire à Jonquière alors que l’ERD a terminé au quatrième rang n’ébranle pas les convictions de la mairesse quant à la nécessité des partis politiques sur la scène municipale.

Michel Potvin va devoir quitter la présidence de Promotion Saguenay puisque Josée Néron a annoncé son retour aux commandes de l’organisme de développement économique. Le président de la Commission des finances, qui siégeait bénévolement comme observateur au comité exécutif sera exclu des rencontres et il pourra conserver son poste à la présidence de la Commission des finances. La mairesse ne peut le remplacer sans demander un vote au conseil et il est assuré que Michel Potvin recueillerait l’appui de la presque totalité de ses collègues pour conserver cette fonction.