L’ex-député Denis Trottier estime à 700 M $ le manque à gagner régional du fait que le nombre de travailleurs a décru de 7000 en quelques décennies.

Denis Trottier joint sa voix à André Harvey

Estimant que Rio Tinto a rompu le contrat social signé avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’ex-député péquiste Denis Trottier joint sa voix à celle de l’ex-député libéral/conservateur André Harvey qui réclame la prise en charge des centrales hydroélectriques du producteur d’aluminium.

À la suite de la sortie effectuée il y a deux semaines par M. Harvey, dans Le Progrès, M. Trottier estime lui aussi qu’il est temps que la région prenne le bâton du pèlerin pour réclamer davantage d’emplois dans la production et la transformation d’aluminium en retour des avantages hydrauliques consentis par l’État. Selon lui, l’économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean subit annuellement un manque à gagner de 700 M$ du fait que le nombre de travailleurs a décru de 7000 en quelques décennies. « Il y a deux semaines, on apprenait que Rio Tinto a confié la réalisation d’une table de coulée à des équipementiers chinois. La compagnie bénéficie de plus en plus d’avantages et je pense qu’il est temps de revoir le contrat social », explique-t-il. 

Selon lui, la région doit élaborer un chantier collectif pour que tous les intervenants sortent gagnants de la présence de l’industrie de l’aluminium.

L’approche de la campagne électorale doit être l’occasion pour que les partis politiques s’expriment et prennent des engagements qui peuvent aller du statu quo à la nationalisation des centrales hydroélectriques ou même des alumineries possédées par Rio Tinto. 

Confronté au fait que l’idée de la nationalisation des centrales hydroélectriques ne fasse pas l’objet d’un débat ou soit à contre-courant de la pensée dominante, M. Trottier n’est nullement démonté. « Les premiers qui ont parlé de faire l’indépendance du Québec étaient peu nombreux. Il faut faire de l’émulation autour des idées », affirme-t-il.

Il rappelle qu’en 2005, il avait été le premier à parler de la tenue d’un référendum portant sur la gouvernance régionale des ressources naturelles ou encore du projet de former un comité de protection de la rivière Ashuapmushuan. 

« Mon petit doigt me dit qu’il va se passer quelque chose », conclut-il.