Denis Lebel avait annoncé son retrait de la vie politique lundi matin en conférence de presse, mentionnant avoir des plans pour l'avenir, sans toutefois en dire davantage.

Denis Lebel avec le Conseil de l'industrie forestière

Les administrateurs du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) ont accepté mardi midi la nomination du député conservateur démissionnaire de Roberval, Denis Lebel, au poste de président et directeur général de l'organisme. Il succède ainsi à Me André Tremblay qui occupait cette fonction depuis maintenant sept ans.
La nouvelle a commencé à circuler quelques heures après la décision du conseil d'administration pour le choix du nouveau président. Le conseil avait eu recours aux services de l'ex-ministre péquiste qui avait occupé le ministère des Forêts, Guy Chevrette, pour assumer cette fonction avant l'embauche d'André Tremblay. Il s'agit donc d'un retour à la stratégie politique pour l'organisme dont le principal mandat est de défendre les intérêts de l'industrie auprès des deux paliers de gouvernement.
Le départ de Me André Tremblay n'est pas une surprise pour les membres du conseil. Un mandat avait été confié à un « chasseur de têtes » il y a quelque mois afin d'identifier des candidats pour assurer la succession à la présidence. Selon les informations obtenues par Le Quotidien, au moins une autre personne de la région, un ingénieur forestier, a été approché par le consultant du conseil, mais a rapidement indiqué ne pas être intéressé par ce travail.
Denis Lebel, qui a assumé des fonctions au sein du cabinet Harper, avait essuyé les critiques de l'industrie lorsque son gouvernement avait accepté une entente pour mettre un terme à la cinquième guerre commerciale sur le bois d'oeuvre avec le gouvernement américain. Les entreprises canadiennes avaient alors été forcées de laisser pas moins d'un milliard de dollars sur la table, dont 500 M $ ont été partagés entre huit entreprises de sciage américaines qui font toujours partie du groupe qui a initié une nouvelle plainte contre l'industrie canadienne.
Il est toutefois assuré que le choix de Denis Lebel a fait l'objet d'une consultation auprès des membres influents du conseil comme Résolu.
Sur le plan stratégique, le CIFQ a choisi de mettre à sa tête un président qui a ses entrées à Ottawa. Il y a en ce moment la crise du bois d'oeuvre et tout le problème de la surtaxe sur le papier surcalandré qui menace dans un avenir rapproché les opérations des papeteries de Kénogami et Dolbeau, avec des effets sur celle d'Alma.
Un autre dossier majeur devra être placé à l'ordre du jour du CIFQ dès le mois d'octobre. Les provinces déposeront alors au gouvernement fédéral leur plan de protection de l'habitat du caribou forestier. Il s'agit de la date limite pour le dépôt de ces stratégies. Il faut rappeler qu'Ottawa pourrait très bien imposer ses propres mesures de protection si jamais les plans provinciaux n'atteignent pas les objectifs des scientifiques d'Environnement Canada.
Pour l'industrie québécoise, ce sont des milliers d'emplois qui pourraient disparaître avec une réduction des approvisionnements forestiers dans la grande forêt boréale sous aménagement. Il s'agit d'un enjeu central pour l'économie régionale qui compte le tiers des emplois et des volumes de la possibilité forestière québécoise.
Selon les sources du Quotidien, André Tremblay avait déjà indiqué vouloir diminuer ses activités professionnelles. Pendant sa présidence, le conseil a eu à endosser l'entente avec le gouvernement américain pour la fin de la dernière crise en plus de devoir composer avec les problèmes reliés à la certification du Forest Stewardship Council. Il a de plus été dans l'obligation de contrer la mise en place des mesures de protection de l'habitat du caribou forestier par le gouvernement du Québec proposées par l'Équipe de rétablissement du caribou en raison des impacts sur l'emploi et la possibilité forestière.
Le CIFQ a aussi eu à démontrer au gouvernement du Québec que le nouveau régime forestier comportait son lot de problèmes pour les entreprises en raison des modifications majeures qu'il intégrait à la planification des opérations.
« Atouts importants »
Le président du conseil d'administration du CIFQ, Éric Bouchard, a mentionné mardi que M. Lebel entrera en fonction en septembre. M. Bouchard a affirmé que l'ancien lieutenant politique de Stephen Harper au Québec avait des « atouts importants », notamment sa maîtrise des enjeux et sa « sensibilité quant à l'importance économique du secteur forestier pour les régions du Québec ».