Étudiante en sciences humaines au Cégep de Chicoutimi, Jeanne Palardy est celle qui a entrepris les démarches pour attirer l’exposition entre les murs du centre d’études collégiales.

Démystifier la question de l'habillement avec une exposition

Depuis lundi et jusqu’à mercredi, le Cégep de Chicoutimi est le tout premier établissement collégial à présenter l’exposition « Que portais-tu ? », un outil de sensibilisation aux violences à caractère sexuel.

Jeanne Palardy, une étudiante en sciences humaines et membre de l’Association générale des étudiantes et étudiants du Cégep de Chicoutimi (AGEECC), a eu l’initiative d’attirer l’exposition dans les murs de l’établissement d’enseignement. 

La jeune femme de 19 ans a entrepris les démarches pour reproduire la présentation qui été créée par l’Université du Kansas, en 2013. Depuis, elle a également été présentée à l’Université Laval.

Une dizaine de vêtements sont suspendus sur un mur, reproduisant l’habillement des victimes de violences à caractère sexuel, avec un témoignage à la fin de chaque assemblage.

L’exposition « Que portais-tu ? » invite à la réflexion.

Habillement

L’idée derrière ce projet est de mettre en contexte la question de l’habillement souvent posée aux victimes de violences à caractère sexuel. Une question jugée impertinente par les intervenants impliqués dans le projet.

« Il arrive qu’on dise aux victimes qu’un événement malheureux aurait pu être évité si la jupe avait été plus longue, si le décolleté avait été moins plongeant ou si les vêtements avaient été moins révélateurs, alors que la seule question est : y avait-il consentement ? , a soulevé Jeanne Palardy. 

Les tenues vestimentaires n’ont pas d’incidence sur les agressions sexuelles, pas plus que la consommation de drogues ou d’alcool, ou encore le passé de la victime. Personne ne cherche à être violenté, humilié ou agressé. »

L’étudiante native de la Côte-Nord a sauté sur l’occasion d’amener l’exposition à Chicoutimi lorsque l’occasion s’est présentée.

« L’exposition m’avait beaucoup émue, j’ai donc décidé de l’apporter au Cégep, surtout qu’on en est un de région et qu’on a parfois l’impression d’être moins inclus dans les mouvements (comme #Moiaussi et #Etmaintenant), a ajouté l’étudiante. C’était important pour nous de faire une action pour montrer que les violences à caractère sexuel sont un combat dans notre cégep. »

À la suite de cette exposition, Jeanne Palardy doit compléter un document dans le cadre de l’un de ses cours.

Appel à tous

Directeur général du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil a avoué avoir été lui-même remué par l’exposition « Que portais-tu ?». Assurant offrir du soutien aux personnes concernées, il a invité un maximum de gens à assister à l’exposition gratuite, afin de toucher le plus grand auditoire possible.

Des outils seront donnés aux visiteurs qui auront été bouleversés par l’exposition. Les coordonnées d’une psychologue, d’une technicienne en travail social et d’une travailleuse sociale à l’emploi du centre d’études collégiales de Chicoutimi sont inscrites sous chacun des témoignages.

L’exposition « Que portais-tu ?» s’inscrit dans le cadre de la campagne « Sans oui, c’est non ! », à laquelle le Cégep de Chicoutimi s’est associé l’an dernier. L’événement est gratuit, ouvert à tous, et est situé à l’Animatek, près de l’entrée principale (porte 11).

Exemple de témoignages présentés à l'exposition

  •  «Un pyjama. Un pyjama quand j’avais 8, 9 et 10 ans. Un pyjama quand j’avais 13 ans. Un pyjama quand j’en avais 17. J’ai encore peur du noir.»
  • «Un t-shirt, des jeans et des Converse. Tout le monde a l’air confus quand je leur dis ça, comme si ils ne comprennent pas ce que je leur dis. Comme si ils ne comprennent pas que ce que je portais n’avait pas d’importance. C’est presque drôle. Presque.»
  • «Mon chandail préféré, mais je ne me rappelle pas des pantalons que je portais. Je me rappelle être confuse et vouloir quitter la chambre de mon frère pour retourner regarder mes dessins animés.»