Le responsable du groupe de hockeyeurs baieriverains, André Boudreault, rappelle que les joueurs de la ligue de hockey du matin ont commencé à travailler le dossier du défibrillateur il y a une dizaine d'années.

Défibrillateur dans les arénas: une démarche payante

Un incident survenu en fin de semaine au tournoi de hockey amateur qu'ils organisent depuis déjà plusieurs années a brassé des souvenirs aux habitués de la ligue de hockey du matin de La Baie, mais il leur a aussi rappelé qu'une démarche effectuée il y a une dizaine d'années avait toute sa raison d'être.
Lors d'un match du tournoi présenté exceptionnellement à l'aréna de Kénogami, un hockeyeur d'une équipe de Dolbeau-Mistassini a été victime d'un malaise cardiaque pendant qu'il était sur la glace. Les arbitres de la rencontre, Chantal Tremblay et Stéphane Lavoie, se sont immédiatement portés à son secours et ils ont été en mesure de le réanimer en utilisant un défibrillateur. Le hockeyeur a ensuite été transporté à l'hôpital par des ambulanciers.
Une belle victoire
Pour les joueurs de la ligue de hockey du matin de La Baie, chaque utilisation efficace d'un défibrillateur dans un aréna du Saguenay-Lac-Saint-Jean est une belle victoire, un rappel d'un dossier qui leur a longtemps tenu à coeur. Ils ont été les premiers à doter un aréna de la région d'un défibrillateur.
« Nous avons commencé à nous intéresser à ce sujet il y a une dizaine d'années, rappelle le responsable du groupe de hockeyeurs baieriverains, André Boudreault. À l'époque, il n'y avait rien du tout au Centre Jean-Claude Tremblay. Nous pouvions utiliser un genre de numéro d'urgence comme un 9-1-1 au cas où quelque chose se passait. Tous les joueurs de notre groupe avaient 57 ans et plus. On se demandait ce qu'on pouvait faire de plus pour nous protéger en cas de besoin. Dans le temps, des ambulanciers venaient prendre leur café à l'aréna et ils restaient dans les gradins pendant notre match. Nous en avons discuté avec eux. Carol Tremblay et les frères Yves et Martin Harvey nous ont souligné que nous étions peut-être sujets à des crises de coeur. Nous avons décidé de demander à la ville d'avoir quelque chose pour mieux nous protéger. »
« Au début, nous avons essuyé un refus. Nous avons décidé de l'acheter nous-mêmes. Nous avons mis nos amis les ambulanciers sur le coup en nous disant que nous allions suivre des cours. Les deux ou trois premières années, quand nous commencions notre hockey, un ambulancier nous donnait un cours pour l'utiliser. Tous ceux qui le voulaient ont suivi le cours. Un peu plus tard, pour être encore mieux protégés, nous avons accepté les ambulanciers même s'ils n'avaient pas l'âge pour jouer dans notre ligue. Ils sont encore avec nous. »
Événement marquant
André Boudreault note qu'un événement précis a aussi incité son groupe à vouloir mieux se protéger. Le décès d'un de ses joueurs, Paul-Dominique Gagnon, l'ancien maire de Laterrière, pendant une partie a grandement contribué à sensibiliser les habitués de la ligue du matin.
« Il est mort dans nos bras », souligne André Boudreault, avant de rappeler qu'un autre joueur de son groupe a été sauvé grâce à l'appareil, il y a quelques années, pendant le tournoi. « Nous étions tous là et ce sont les ambulanciers qui l'ont sauvé. »
Aujourd'hui, André Boudreault ne peut que se féliciter des démarches effectuées par son groupe. Dans bien des endroits, le défibrillateur est devenu un outil aussi normal qu'un bureau ou un téléphone.
« À Saguenay, je pense qu'il y en a dans tous les arénas maintenant, avance le Baieriverain. Quand la ville a commencé à en distribuer un peu partout, nous avons donné le nôtre à une maison des anciens. Nous n'en avions plus besoin puisque nous en avions un nouveau. »
« Avec le temps, ce dossier a eu des suites. Nous avons parti une affaire de fou et tout s'est bien fini. Aujourd'hui, un monsieur de Dolbeau peut continuer à vivre sa vie grâce au défibrillateur. Ç'a fait boule de neige et aujourd'hui tout le monde en est bien content et reconnaissant. »
Pas encore obligatoire
Le président de l'Association des arénas du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Paul Morel, note que le défibrillateur n'est pas encore un appareil obligatoire dans les centres sportifs du Québec. « C'est un équipement encore optionnel, mais il est évidemment très recommandé. Il sauve des vies. C'est devenu un appareil inestimable. Dans la région, je ne sais pas si tous les arénas ont un défibrillateur puisque certains ne font pas partie de l'association, mais il est évident qu'il y en a un dans la grande majorité des arénas de la région. À Dolbeau, nous avons eu un incident comme celui de Kénogami, il y a un ou deux ans. C'est donc dire qu'au moins deux joueurs de hockey dans la région sont encore en vie grâce à un défibrillateur. On ne peut plus vraiment s'en passer. »