Le CHSLD Jacques-Cartier de Chicoutimi n’a toujours pas été muni d’un site de décontamination à l’entrée de l’immeuble similaire à celui installé à l’entrée de l’hôpital de Chicoutimi.
Le CHSLD Jacques-Cartier de Chicoutimi n’a toujours pas été muni d’un site de décontamination à l’entrée de l’immeuble similaire à celui installé à l’entrée de l’hôpital de Chicoutimi.

Déconfinement: le CIUSSS veut transformer les CHSLD en forteresses

La présidente et directrice générale du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Julie Labbé, désire profiter de la courte période qu’il reste avant l’ouverture des routes pour transformer les CHSLD en « forteresses ». Elle évoque la nécessité que ces établissements se « referment » encore plus tout en y améliorant significativement l’hygiène.

La mise en place de cette vaste opération débutera vendredi alors qu’une formation accélérée débutera avec l’objectif d’embaucher 200 préposées aux bénéficiaires additionnelles qui seront assignées uniquement dans les CHSLD. Il s’agit d’une priorité pour avoir une couverture permanente des plages horaires sans devoir recourir à du personnel qui œuvre ailleurs au CIUSSS. Les CHSLD auront au terme de cet exercice la capacité d’assumer les remplacements à l’interne.

L’autre volet du plan a débuté au cours des dernières heures. Il s’agit d’une sorte de réingénierie des façons de faire à l’intérieur de ces établissements. La patronne du CIUSSS ne veut surtout pas critiquer les gestionnaires et le personnel des CHSLD qui travaillent dans un milieu de vie et non un hôpital. Par contre, la pandémie oblige à revoir des choses et Julie Labbé compte déployer les ressources qu’il faudra pour atteindre rapidement les objectifs en matière de transmission des infections.

« J’ai demandé un audit à de la Colline. Un CHSLD est à la base un milieu de vie et ça fonctionne de cette façon. À titre d’exemple, une infirmière revient au poste et travaille sur le clavier avant de repartir dans une section. Le clavier doit être désinfecté. Même chose pour une employée qui utilise un cartable et le replace sans qu’il soit désinfecté. »

Elle reprend en confirmant que le CIUSSS rehaussera les mesures de protection en santé et sécurité à de la Colline, mais également dans les 15 autres CHSLD du réseau régional. « Ce qui nous guette tantôt, quand on va rouvrir la 175, il y aura de la circulation communautaire. Donc, j’ai des CHSLD qui n’ont pas encore cette habitude de prévention à leur poste de travail, à la salle de collation, à leur vestiaire », explique Mme Labbé.

Le CIUSSS a déjà identifié six personnes additionnelles qui vont appuyer l’équipe de prévention des infections pour supporter ces transformations. L’opération comporte également une nouvelle signalisation à l’intérieur des immeubles pour organiser la circulation des visiteurs. Le CIUSSS doit également faire des plans pour les périodes de chaleur accablante pendant l’été alors qu’il sera difficile de confiner des personnes dans certaines zones.

On dispose encore de quelques jours avant l’ouverture des routes. C’est certain que je mets une pression pour soutenir de la Colline, mais de bien s’assurer de préparer les CHSLD, nos équipes d’éclosion et bien soutenir nos propriétaires de RPA pour bien faire face à une circulation communautaire du virus que nous n’avons pas encore vécue. »

En plus de la mécanique interne pour amener les employés à modifier leurs comportements afin d’adopter des mesures qui vont limiter la contagion, il doit y avoir des ajouts aux immeubles, principalement à l’entrée, pour créer une zone de décontamination des objets des employés. Ces infrastructures ont été installées à l’hôpital de Chicoutimi, mais ne sont pas encore présentes aux entrées des CHSLD.

Devant les difficultés rencontrées à de la Colline au cours des dernières semaines, des questions ont été soulevées quant à la capacité du CIUSSS de faire face à deux ou trois foyers d’éclosion dans son réseau de CHSLD. Julie Labbé assure que les équipes sont prêtes à intervenir afin de maîtriser les sites si jamais la situation l’exige, et que personne ne souhaite de nouvelle éclosion.

D’ici quelques semaines, les activités hospitalières vont reprendre. Le personnel sera réaffecté à ses fonctions. Le CIUSSS n’aura pas beaucoup de joueurs sur le banc pour supporter les CHSLD et encore moins si une autre éclosion survient. Julie Labbé compte pour cette transition sur le personnel provenant du monde scolaire ainsi que des cégeps. Elle a bon espoir qu’il sera possible d’accueillir ces personnes afin de supporter les équipes en place.

Dans toutes les activités, s’est engagée la patronne du CIUSSS, les CHSLD vont demeurer la priorité puisque le virus ne pardonne pas quand il s’installe dans ces établissements.