De passage devant les membres de l’Association des administrations portuaires du Canada, Robert Michaud, directeur scientifique et président du GREMM, a entretenu son auditoire sur le comportement du béluga et les mesures destinées à le protéger.

Déclin du béluga: « Ne prenons pas de chance »

Aucune étude ne démontre que la présence de bruit dans le Saguenay ou dans le Saint-Laurent causé par le trafic maritime est la cause du déclin du béluga, sauf que le principe de précaution devrait s’appliquer afin de favoriser le rétablissement de ce mammifère en voie de disparition.

De passage devant les membres de l’Association des administrations portuaires du Canada, réunis en congrès à Chicoutimi, Robert Michaud, directeur scientifique et président du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), a entretenu son auditoire sur le comportement du béluga et les mesures destinées à le protéger.

Rappelant que les premiers cris d’alerte pour la protection du béluga du Saguenay ont eu lieu en 1988, M. Michaud a indiqué que la population de bélugas n’a pas connu de hausse jusqu’en 2000 en raison de la présence de contaminants, et ce, malgré le renouvellement des efforts de rétablissement. Des hausses de mortalité ont été observées ces dernières années chez les femelles et les nouveau-nés, lesquelles sont explicables, selon lui, par les changements climatiques, l’écrasement des stocks de poissons qui servent de nourriture, la présence de brome et les dérangements par les petites embarcations.

De nombreuses études ont été réalisées ou sont en cours afin de comprendre le comportement du mammifère et, parmi celles-ci, M. Michaud explique qu’un modèle de simulateur a été développé à l’Université du Québec en Outaouais, dont l’objectif est de comprendre les effets du bruit sur l’animal.

Parmi les résultats tangibles, il a été démontré que la réduction de la vitesse des bateaux sous la barre des 10 noeuds permet de réduire le bruit ainsi que la mortalité en cas de collision. « Les données accumulées à travers les différentes études commencent à nous donner un portrait de situation réaliste, mais beaucoup de travail reste à accomplir », commente le chercheur.

La création de refuges maritimes, qui permettraient de ne pas exposer le béluga au bruit, et la construction de bateaux de plus en plus silencieux afin de réduire l’empreinte acoustique, sont des solutions à envisager, tout comme la circulation de bateaux en cohorte afin de permettre de longues périodes de calme. « La gestion du bruit dans l’eau est la seule qu’on peut gérer à court terme. Il y a des options qu’on peut appliquer. Quand une population est en déclin, ça ne va pas bien. On ne sait jamais quand ça peut partir en chute libre. Ne prenons pas de chance. »