Décès à l'usine de Graphic Packaging: le mystère demeure

Au lendemain de l'accident qui a causé la mort d'un homme de 55 ans survenu aux installations de l'ancienne usine de Graphic Packaging, à Jonquière, le mystère demeure quant au statut des personnes présentes sur le site.
Clément Munger, porte-parole de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a déclaré au Quotidien que deux inspecteurs sont présents depuis vendredi sur le site afin d'établir les circonstances de cet événement qualifié de particulier.
 « Pour l'instant, on n'a pas encore établi le statut de la personne décédée. On tente de comprendre le lien par rapport aux travaux effectués et le propriétaire ontarien BayShore Group. Nous sommes en communication pour tracer la chaîne hiérarchique », explique-t-il.
Impossible de savoir si les quatre personnes présentes sur place oeuvraient pour un sous-traitant ou même savoir si le quatuor disposait de toutes les autorisations nécessaires pour oeuvrer sur place. Rien ne laisse présager à cette étape de l'enquête, selon M. Munger, qu'il s'agirait de squatters ou de personnes malveillantes s'étant introduites dans l'usine pour y dérober des métaux destinés à la revente pour la ferraille. Dans le milieu de la démolition industrielle, il est courant de constater de telles intrusions par des personnes qualifiées « mites à fer ».
Parmi les faits établis, la CNESST, a pu constater que le groupe était affairé à démanteler des poutres d'acier, un chantier qui n'a jamais fait l'objet d'un avis d'ouverture tel que l'exige la loi régissant ce type d'activités. « Nous sommes toujours en attente d'une confirmation de la part de BayShore pour le lien d'emploi. Est-ce qu'il s'agissait de travailleurs au sens de la loi ? Si ce n'est pas le cas, c'est autre chose », affirme M. Munger.  (N.D.L.R. La compagnie a fait le point sur cette question en soirée. Voir autre texte.)
Certains autres facteurs laissent croire qu'aucun chantier n'était actif sur le site de l'ancienne usine Cascades au moment de l'accident puisque le chemin d'accès n'était pas déneigé, même avant la tempête de jeudi, ce qui a passablement retardé l'intervention d'urgence des pompiers, policiers et ambulanciers. L'opération d'un chantier de démolition nécessite l'adoption d'un programme de santé et sécurité du travail incluant un plan d'intervention et d'évacuation d'urgence. 
Du côté de la Sécurité publique de Saguenay, le lieutenant Dominic Lemieux a mentionné que le dossier repose maintenant entre les mains du docteur et coroner Jean-Marc Picard oeuvrant dans la région de la Capitale nationale. Le lieutenant a mentionné que les opérations de secours avaient été compliquées. 
L'accès des secours à l'usine par la route non déneigée a nécessité à un certain moment une communication avec le poste la Sûreté du Québec à Chicoutimi pour la fourniture de motoneiges. L'accident survenu en milieu clos, la présence possible de produits chimiques dangereux ont nécessité plusieurs précautions.
L'homme n'était pas un employé
(Isabelle Tremblay) - L'homme qui est mort dans des circonstances tragiques, jeudi, dans les installations de l'ancienne usine de Graphic Packaging de Jonquière n'était pas à l'emploi du Groupe BayShore, propriétaire des installations.
La compagnie a mis plus de 24 heures à réagir par voie de communiqué, à la suite de l'accident qui a coûté la vie à un homme de 55 ans.
« Groupe Bayshore a été informé aujourd'hui (hier) d'un accident tragique qui s'est produit le jeudi 2 mars, vers 16h30, à l'ancienne usine à Jonquière de Graphic Packaging. Cet accident a causé le décès d'un individu qui n'était pas un employé du Groupe BayShore », peut-on lire dans un communiqué.
« En ce moment, Groupe BayShore collabore pleinement avec l'enquête menée par les autorités et mène également sa propre enquête. »
L'entreprise précise que l'ancienne usine était complètement fermée depuis le mois de novembre 2016 et qu'elle faisait l'objet d'un permis de démolition.