Les PAB stagiaires apprendront beaucoup de leur pair sur le terrain.
Les PAB stagiaires apprendront beaucoup de leur pair sur le terrain.

Début des stages pour les préposés aux bénéficiaires de la formation accélérée

Les 122 étudiants du centre de formation professionnel de l’Oasis qui ont suivi la formation accélérée de préposés aux bénéficiaires (PAB) lancée par le gouvernement au début du mois de juin dernier débuteront leur première journée de stage, lundi, dans les différents CHSLD du Saguenay–Lac-Saint-Jean. D’ailleurs, ces derniers se montrent très optimistes pour la suite des choses et se disent prêts et bien outillés pour venir en aide au système de santé de la région.

À l’approche de leur première journée de stage, Le Quotidien a pu s’entretenir avec quatre étudiants de la première cohorte ayant débuté leur formation le 15 juin dernier ainsi qu’avec une de leur enseignante, mardi, dans les locaux de l’établissement scolaire. En visitant quelques classes, le journal a également pu constater une grande motivation et fébrilité chez les élèves présents.

Au fond, de gauche à droite, l’enseignante Genevieve Boivin et les étudiants Scott Ross et Kathreen Aubut Dalaire. À l’avant, de gauche à droite, Karine Fortin aux côtés de Chantale Morneau.

«Nous avons des professeurs d’expérience qui nous apportent beaucoup, a fait valoir au Quotidien Chantal Morneau (41 ans), ancienne coiffeuse de profession. Donc oui nous sommes prêts! Nous avons reçu les bonnes techniques. Oui, la formation était accélérée, mais nous avons appris beaucoup depuis que nous avons commencé. La matière a bien été ciblée.»

Geneviève Boivin, enseignante et spécialiste de contenus à la reconnaissance des acquis aux services aux entreprises de l’Oasis, a tenu à renchérir. «La matière enseignée a été ciblée spécifiquement pour les CHSLD. Nous avons donné tous les outils nécessaires aux étudiants pour qu’ils soient prêts à partir. Par la suite, tout va se concrétiser et se mettre en œuvre dans leur lieu de stage.»

Plus qu’une profession
Une formation de courte durée de 375 heures réparties sur 12 semaines offrant une bourse d’études de 760 $ par semaine, l’accès à un emploi à temps plein en CHSLD après l’obtention de l’attestation d’études professionnelles et un salaire annuel de 49 000 $... Voilà de bonnes raisons qui auraient pu motiver bien des gens à retourner sur les bancs d’école le 15 juin dernier. Mais selon l’enseignante Geneviève Boivin, le désir d’aider venait avant tout pour la plupart des 122 étudiants.

Chez les quatre élèves rencontrés, les principales motivations faisaient l’unanimité. «Je pense que c’est pas mal général pour tout le monde, a lancé, Scott Ross (30 ans), lui qui est père de famille et anciennement facteur chez Postes Canada. Ça nous permet d’améliorer notre situation. Pour moi, la formation m’a permis de changer de situation plus rapidement. Mais en même temps, ça nous permet aussi d’aider les gens.»

La pandémie n’a pas freiné les ambitions de Kathreen Aubut-Dalaire, une étudiante de 35 ans. Au contraire, celle qui travaillait en service de garde privé auparavant a mentionné s’être sentie interpellée suite à l’annonce de la formation. «Tous les jours, je donnais mon nom pour le programme Je contribue. À partir du moment où la formation a été ouverte, j’ai sauté sur l’occasion», a-t-elle lancé.

Même chose pour Karine Fortin, âgée de 46 ans, l’ancienne serveuse qui oeuvrait dans le domaine de la restauration depuis l’âge de 12 ans s’est également sentie appelée à devenir PAB. «Moi, la COVID, je l’ai vécu avec ma fille qui est proposée aux bénéficiaires. Elle, qui demeure à la maison, m’a transmis sa passion. Pendant la pandémie, j’ai vécu ses craintes et je me suis dit que moi aussi, je voulais [...] aider», a-t-elle souligné.

De l’aide pour les PAB en CHSLD

Selon l’enseignante Geneviève Boivin, la matière enseignée a été ciblée spécifiquement pour les CHSLD. Tous les étudiants ont reçu les outils nécessaires afin d’être fins prêts à partir dans leur milieu de stage.

Pour les quatre futurs PAB formés à l’Oasis, leur présence en CHSLD n’est pas là pour nuire au travail des employés, bien au contraire! «Il faut amener ça différemment, insiste Chantal Morneau. Nous sommes venus les aider. Nous sommes ici parce qu’on veut... On n’a pas fait le cours pour le fun. Nous sommes ici pour leur apporter notre aide, pour qu’ils puissent avoir des vacances, pour qu’ils puissent avoir moins de charge de travail.»

Kathreen Aubut-Dalaire est tout à fait en accord avec les propos de sa collègue. «Nous avons tellement répété avec les professeurs que nous sommes prêts pour la prochaine étape. Est-ce qu’on est prêt à vraiment prodiguer tous les soins de manière impeccables? C’est certain, fait-elle valoir. Ça va venir avec l’expérience.»

«C’est sûr que ce sera plus difficile, parce qu’en temps normal, les PAB superviseurs auraient plus de temps pour nous intégrer. Sauf que là, la machine est enclenchée, a également ajouté l’étudiant Scott Ross. Il faut qu’on saute dans le bateau, parce que le bateau va partir.»

Selon l’enseignante, ces derniers vivront l’expérience dès la première semaine puisqu’ils seront jumelés à des préposées. «Ils seront déjà dans l’horaire du CHSLD. Ils toucheront à différents quarts de travail, ils seront là une fin de semaine sur deux, de soir, de nuit.»

Outre cette formation pratique en milieu de stage à raison de trois jours par semaine, une formation théorique de 120 heures leur sera donnée les mercredis et jeudis par le biais de cours par correspondance.

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FSSS-CSN: DES DEMANDES CLAIRES POUR RÉUSSIR L'ACCUEIL DES PAB STAGIAIRES

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN), qui représente la vaste majorité des PAB, a d’ailleurs tenu à souhaiter la bienvenue et à remercier le personnel en place pour l’accueil des PAB stagiaires par voie de communiqué, mardi.

Toutefois, afin de permettre une bonne intégration de ses futurs travailleurs de la santé, la FSSS-CSN veut s’assurer que le gouvernement soit à l’écoute des besoins de chacun. «Notre objectif est clair : parvenir à bien appuyer les stagiaires tout en donnant tout le support aux équipes en place dans un environnement de travail sécuritaire.»

Ainsi, pour la FSSS-CSN, il faut favoriser le volontariat dans la sélection des PAB superviseurs, prioriser un stagiaire par PAB pour prendre en compte la distanciation physique et veiller à ne pas surcharger les équipes en place en réduisant les tâches des superviseurs.

Le syndicat demande au gouvernement de créer, dès cet été, des postes de qualité à temps plein, pour le personnel en place, d’assurer la santé et sécurité des équipes de travail, de s’assurer que les suivis et l’évaluation des stagiaires soient menés par les enseignants et de s’assurer de la présence des stagiaires sur tous les quarts (jour, soir, nuit).