Début de la collecte des bacs bruns dans la MRC du Fjord-du-Saguenay

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Les citoyens de Bégin et de Saint-Charles-de-Bourget ont fait oeuvre de pionniers lundi en devenant les premiers au Saguenay-Lac-Saint-Jean à bénéficier du nouveau service de collecte de bacs bruns destinés à recevoir les matières organiques putrescibles. Ces matières seront recyclées pour être transformées en compost par la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean.

Selon Gérald Savard, préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, la mise en place de la collecte des matières organiques sur le territoire de la MRC qu’il représente fait suite à la signature d’une entente avec la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean.

Au total, ce seront 49 municipalités qui bénéficieront du service de collecte lorsque toutes auront débuté les opérations.

Chaque résidence a reçu au cours des dernières semaines deux bacs, l’un de six litres destiné à emmagasiner les matières en cuisine et un autre de 240 litres qui sera vidé toutes les deux semaines d’octobre à mai et aux semaines pendant la saison chaude.

M. Savard convient que la collecte de matières putrescibles composées de restants de table constitue une nouvelle habitude à acquérir, et que certains trouvent l’opération répugnante. Les citoyens devront développer certains trucs afin de faciliter la tâche comme l’utilisation de papier brun dans le fond des bacs et le nettoyage régulier des contenants.

Il rappelle qu’à ses débuts, la collecte des matières recyclables trouvait ses détracteurs, mais qu’avec le temps et les préoccupations environnementalistes grandissantes, l’habitude est devenue ancrée.

En milieu rural, certains craignent que l’accumulation de matières dans les bacs ne soit un attrait pour les ours, les animaux sauvages et les petites bestioles en raison des odeurs dégagées. Parmi les trucs suggérés, il est proposé de repousser les rongeurs en appliquant du « Vicks » sur l’ouverture du bac, de nettoyer ce dernier avec du vinaigre et de le rincer régulièrement.

Sur le territoire de la MRC, ce sont 2500 tonnes de matière qui devraient être récupérées et détournées des sites d’enfouissement sanitaire annuellement sur un potentiel de 4500 tonnes.

Même si le gouvernement du Québec a accordé des subventions pour l’acquisition des bacs et l’aménagement de plate-forme par la Régie des matières résiduelles, la nouvelle collecte impliquera une facture pour les contribuables. Selon M. Savard, une nouvelle taxe variant entre 60 $ et 90 $ par porte sera imposée pour défrayer les coûts de la nouvelle collecte. « Les matières organiques représentent environ 40 % du contenu de notre bac vert. On paie pour enfouir ces matières avec l’aménagement de sites d’enfouissement. Si on réduit le volume du bac vert, on va prolonger la vie utile de nos sites d’enfouissement », mentionne M. Savard. Il émet même l’hypothèse qu’un jour, le contenu du bac vert soit levé aux trois semaines.

Chaque tonne de matières récoltées sera pesée par municipalité et facturée par la MRC.

L’entrée en vigueur de la collecte des matières organiques nécessite une discipline de la part des citoyens afin d’obtenir un compost de qualité.

Les sacs de plastique, même s’ils sont compostables ou biodégradables, ne sont pas acceptés, car ils ne se dégradent pas au même rythme que les matières organiques. Les sacs de papier sont privilégiés puisqu’ils sont compostables et pratiques pour la gestion des matières organiques.

Les gens sont invités à consulter le site www.monbacbrun.com pour connaître la liste des matières acceptées et refusées ou à télécharger l’application Ça va où?, de Recyc-Québec.

La collecte débutera à partir du 19 octobre sur le territoire du Lac-Saint-Jean.