Michel Potvin a proposé une baisse de salaire des élus de 10 000 $. Simon-Olivier Côté a pour sa part proposé une baisse de salaire de 5000 $.
Michel Potvin a proposé une baisse de salaire des élus de 10 000 $. Simon-Olivier Côté a pour sa part proposé une baisse de salaire de 5000 $.

Débat à finir sur le salaire des élus

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le dossier de la baisse de rémunération des élus de Saguenay divise le conseil municipal plus que jamais, sur fond de rejet du budget survenu le 18 décembre.

Tel qu’annoncé en décembre, le président de la Commission des finances de Saguenay, Michel Potvin, est allé de l’avant lundi soir lors de la séance régulière du conseil avec son projet d’abaisser la rémunération de ses collègues autour de la table du conseil.

M. Potvin a déposé l’avis de motion visant à abaisser la rémunération annuelle de base de la mairesse pour la faire passer de 155 771 $ à 145 771 $ à compter du 1er janvier 2020. Les conseillers se verront octroyer 42 500 $ en 2020, en baisse de 10 000 $ également, ce qui constitue un retour à la situation de l’année 2018.

Lors du dépôt de l’avis de motion, M. Potvin a expliqué que la première tranche de 5000 $ a trait au fait que le gouvernement du Québec a renoncé à son intention d’appliquer les mesures fiscales relativement aux allocations de dépenses des élus. L’autre tranche de 5000 $ s’appliquera dans le désir des élus de montrer l’exemple à la suite du rejet de la première version du budget et de donner l’exemple à la population, selon M. Potvin. Une économie de 200 000 $ serait ainsi générée, selon les chiffres fournis par M. Potvin.

Second avis de motion

Le dossier n’en est pas resté là puisqu’un second avis de motion portant sur le même sujet a été présenté par le conseiller Simon-Olivier Côté, appuyé par le conseiller Jean-Marc Crevier. Cet avis vise à abaisser la rémunération des élus de 5000 $. Selon Côté, les calculs réalisés ont démontré qu’il existe des écarts importants de 3000 $ à 5000 $ entre le conseiller ayant la plus basse rémunération et celui ayant la plus haute. La décision de présenter ce second avis de motion a été prise en assemblée plénière, a précisé M. Côté.

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a présidé un conseil où les échanges ont parfois été houleux.

Lors de la période d’interventions des conseillers, Kevin Armstrong a fait un retour sur les événements du mois de décembre en reprochant à la mairesse Néron d’avoir cristallisé le débat en l’incitant à proposer des solutions au redressement de la dette et des finances municipales plutôt que de discuter du rôle des élus et se donner un temps d’arrêt pour débattre des projets majeurs.

« Je ne m’attendais pas de votre part que vous alliez dire qu’on mettrait un holà et qu’on regarderait les projets à la pièce. Le rôle d’un conseiller municipal, selon la loi, est d’administrer la ville. Plusieurs citoyens comprennent la question. Le deuxième 5000 $ est une punition », a déclaré M. Armstrong.

Le conseiller Marc Pettersen y est allé également d’une salve en reprochant à son collègue Michel Potvin de ne jamais l’avoir consulté sur l’ajustement à la baisse, tout en affirmant que sa prestation de travail atteint les 55 heures par semaine. « M. Potvin est comme un enfant dans une cour d’école à qui on enlève un suçon », a déclaré M. Pettersen. Selon lui, bien d’autres postes budgétaires pourraient être amputés.

En point de presse, la mairesse Néron a expliqué que la décision d’aller de l’avant avec la coupe du premier 5000 $ s’explique par le fait que les conseillers n’avaient pas droit au montant, du fait que le gouvernement a renoncé à mettre de l’avant ses mesures fiscales tandis que l’autre 5000 $ découle de la volonté des élus d’être à l’écoute de la population, en référence à un sondage réalisé en novembre dernier, alors que la population a lancé un message clair en désapprouvant les hausses accordées.

Affaires courantes

Parmi les affaires courantes, le conseil a adopté le règlement décrétant les travaux de démolition, de mise aux normes et de construction du nouvel atelier mécanique sur le site du garage municipal de La Baie. Selon les plans préparés par la firme Ardoises Architecture, il en coûtera 4,5 M $ pour reconstruire l’atelier, dont 2,6 M $ pour le nouveau bâtiment.

Le Service de l’aménagement du territoire recommande d’entamer le processus d’attribution d’un statut patrimonial légal pour le pont de Sainte-Anne.

L’église Saint-Nom-de-Jésus a perdu son statut patrimonial à la suite d’une demande d’amendement par son propriétaire, qui désire la démolir afin de construire une douzaine de condos répartis sur plusieurs étages. Le conseiller Marc Pettersen a précisé que personne ne s’était présenté à la consultation publique portant sur le projet de règlement.