De plus en plus de corps non réclamés

Il s'agit peut-être d'un signe que l'anonymat de la vie moderne gagne tranquillement les régions du Québec jusque dans la mort ; quoi qu'il en soit, les morgues de Québec et de Montréal sont de plus en plus remplies de corps non réclamés provenant de citoyens vivant dans les régions périphériques.
Ce constat, il peut être vérifié lorsqu'on consulte la longue liste de dépouilles non réclamées que gère le Bureau du coroner du Québec. On peut y lire présentement les noms et adresses de 211 personnes décédées depuis deux ou trois ans, parmi lesquelles on compte 81 corps de citoyens ayant pour adresses de petits milieux en incluant la région de Québec. Trois d'entre eux proviennent du Saguenay.
En entrevue, Charles Lord, conseiller aux morgues au sein du Bureau du coroner, explique qu'il n'existe pas d'étude portant sur la provenance des corps non réclamés, mais que la tendance est à la hausse. « L'an dernier, nous avions prévu recevoir 80 dépouilles et nous en avons reçu 93 », explique-t-il.
Dans son dernier rapport d'activités pour l'exercice 2015-2016, le Bureau du coroner a dû demander au ministère de la Sécurité publique un transfert de crédits supplémentaires. L'augmentation de la tarification des transporteurs et du volume de transport de cadavres explique en grande partie cette demande de crédits additionnels. Le budget de fonctionnement est donc passé de 2,2 M $ à 3,1 M $ de dollars. 
M. Lord explique qu'avant de statuer qu'un corps est non réclamé, un processus d'enquête est entrepris afin de retrouver des proches ou des amis désireux de disposer du corps. « Il arrive que l'on retrouve des proches et qu'ils se désistent pour ne pas avoir à assumer les frais d'inhumation. »
Des personnes qui vivent seules dans leur logement, des sans-abri, de parfaits inconnus dont on ne peut retrouver aucun lien figurent dans la liste. Au terme du processus au cours duquel les policiers attestent qu'ils n'ont pu retracer aucun lien, le Bureau du coroner dispose des corps. Au plan légal, le Bureau du coroner peut en disposer après trente jours. Même si certains corps peuvent être conservés en réfrigération pendant quatre à cinq ans, il est question d'une durée moyenne variant entre 12 et 18 mois. Avant la disposition finale, des prélèvements d'ADN sont effectués et la charte dentaire est conservée. 
Ossuaire
Depuis peu, le Bureau du coroner gère également un ossuaire constitué d'os humains de petite taille qui sont retrouvés dans la nature, souvent lors du dégel du printemps, en bordure de rivières, lors de travaux d'excavation et de construction ou autres. Chacun des ossements fait l'objet d'une analyse afin de déterminer s'il n'appartient pas à un individu ayant fait l'objet d'un enlèvement dans le passé et sera conservé pendant une trentaine d'années au cas où des renseignements supplémentaires s'ajouteraient.
La morgue de Québec, située sur le boulevard Wilfrid-Hamel, possède une salle d'examen ainsi que des espaces réfrigérés pouvant recevoir un maximum de 15 personnes décédées. La morgue de Montréal dispose aussi d'une salle pour examens externes et d'espaces réfrigérés pouvant recevoir 138 personnes.
Trois dépouilles viennent du Saguenay
La liste de dépouilles non réclamées du Bureau du coroner du Québec comprend la liste de trois citoyens ayant vécu sur le territoire du Saguenay.
C'est le cas pour Réjean Couture, né le 13 février 1964 et dont la dernière adresse connue est le 459 rue Jacques-Cartier Est. Le coroner a pris avis le 11 mai 2005.
S'ajoute le nom de Johanne Gariépy née le 21 mars 1967 qui demeurait au 2754 rue Saint-Dominique à Jonquière. Elle figure sur la liste des dépouilles non réclamées depuis le 13 avril 2015. 
Enfin, le corps de Robert Imbeault, né le 7 juin 1954, demeurant au 987 rue Saint-Paul à Chicoutimi, figure depuis le 26 février sur la liste du Bureau du coroner.
Les personnes intéressées à obtenir davantage de renseignements concernant ces corps non réclamés peuvent communiquer au 1 888 267-6637 poste 20220.