De nouveaux hangars pour les chasseurs à Bagotville

Normand Boivin
Normand Boivin
Le Quotidien
Le gouvernement fédéral lance les appels d’offres pour la construction des hangars devant accueillir les 88 nouveaux chasseurs à Bagotville et Cold Lake, un projet estimé à plus de 500 millions $ qui créera plus de 900 emplois dont 450 au Saguenay.

« Alors que la pandémie de COVID-19 continue d’affecter les principaux secteurs de l’économie canadienne, il est primordial pour l’équipe de la Défense de continuer à investir dans les grands projets d’infrastructures de la défense, tout en stimulant les économies locales », peut-on lire sur le site du gouvernement.

Le fédéral estime que 272 M$ plus taxes seront investis à Cold Lake et 250 M$ plus taxes à Bagotville, sans fournir plus de détails. On comprend toutefois qu’il est normal que Cold Lake obtienne une plus grosse part car Bagotville possède deux escadrons de chasseurs, comme sa jumelle albertaine, mais cette dernière accueille aussi un escadron de formation des pilotes de chasse.

Or, comme le confiait en entrevue au Progrès en juillet 2018 le colonel William Radiff, alors qu’il était commandant de Bagotville, l’arrivée des nouveaux chasseurs va sonner le glas des immenses hangars sur les bases. Comme cela se fait aux États-Unis, on aménagera dorénavant des petits hangars, un par appareil, évitant ainsi des frais de chauffage importants l’hiver quand on doit ouvrir d’immenses portes pour ne sortir qu’un ou deux avions. « À -30 degrés, les techniciens doivent attendre au moins 30 minutes avant de pouvoir aller travailler dans nos hangars si on a ouvert les portes pour faire sortir un ou deux avions. Le chauffage représente notre plus grosse facture l’hiver, » expliquait le colonel Radiff.

Par conséquent, le nombre de hangars qui sera construit à Bagotville dépendra du nombre d’appareils qu’elle va accueillir, lequel risque d’être inférieur à celui de Cold Lake.

Pour les deux bases, les contrats qui seront attribués en août (Cold Lake) et septembre porteront sur le desing des nouvelles installations de chasseurs, la démolition de certaines infrastructures existantes et la préparation du chantier pour le début de la construction des hangars à l’été de 2022 afin qu’ils soient prêts à accueillir les nouveaux chasseurs en 2025. Ils comprennent aussi des options pour les travaux de construction des hangars et d’autres installations supplémentaires lorsque le choix du futur chasseur sera arrêté.

La Défense nationale ne peut fournir plus de détails en raison justement du fait qu’on ne sait toujours pas lequel du F-18 Super Hornet de Boeing, du Grippen de la suédoise SAAB ou du F-15 Lighting de Lockheed-Martin équipera la flotte canadienne. Il en va ainsi des coûts «que nous pourrons estimer une fois que le futur avion de chasse aura été choisi et que nous aurons précisé la portée des infrastructures nécessaires», nous a-t-on répondu par courriel.

Zone d’alerte

Cet investissement s’ajoute aux 87 millions de dollars que la Défense va dépenser pour déménager la zone d’alerte où deux CF-18 sont prêts à décoller en quelques minutes, 24 heures sur 24, 365 jours par année. Ottawa annonce qu’elle vient d’octroyer le contrat pour la conception de ce projet qui, lors de sa réalisation, devrait créer 260 emplois au Saguenay.

Après le 11-Septembre 2001, le système de défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) avait renforcé ses critères de sécurité et la zone d’alerte de Bagotville posait problème en raison de sa proximité de la Route 170.

On avait alors investi dans des murs de béton et tenu compte du fait que la construction de l’autoroute de l’Aluminium allait éloigner le trafic de la base, mais ce n’était que temporaire.

Le QRA (Quick Release Aircraft), comme l’avait aussi indiqué le colonel Radiff, devra être déménagé plus loin des regards indiscrets, de l’autre côté de la piste 11-29.

Les nouvelles installations de riposte rapide d’une superficie de 7000 mètres carrés à l’intérieur d’un complexe clôturé de 17 000 mères carrés renfermeront des hangars pour avions, des locaux à bureaux, une zone de maintenance et des quartiers confortables pour les membres de l’unité qui doivent passer des périodes de 24 heures en alerte sans interruption.