De nombreuses adoptions d’animaux pendant la crise

Alors que les humains sont confinés dans leur maison, les animaux continuent de voyager. Que ce soit par l’entremise de refuges, d’animaleries, d’éleveurs ou de particuliers, les bêtes se vendent comme des petits pains chauds.

Par exemple, à la Société protectrice des animaux (SPA) Mauricie, dans la dernière semaine, les adoptions ont doublé par rapport à l’an dernier.

Pendant qu’on demande aux gens de restreindre leurs déplacements et de respecter une distanciation, les animaux se promènent de famille en famille, voire même d’une région à l’autre.

Sur Kijiji, un éleveur de Montréal annonce des chiots golden retriever croisés caniche à vendre pour 1500 $. Les intéressés sont conviés à un point de rencontre hors de l’élevage pour voir et manipuler les chiots. D’autres chiots sont vendus moins cher, car ils n’ont pas pu être vaccinés. Une négligence qui peut mettre à risque la santé de l’animal.

À ce jour, rien ne dit que la COVID-19 peut être transmise à un animal, mais on sait que ce dernier peut transporter le virus sur lui.

Le 30 mars dernier, moins de deux heures après avoir affiché des chiots caniches sur Facebook, une animalerie de Chicoutimi avait trouvé preneurs pour ses chiots. Deux jours plus tard, le commerce affichait quatre nouveaux chiots à adopter. Quelques heures plus tard, ils avaient rejoint leurs familles. Ce jeudi, l’animalerie prévoyait un arrivage d’oiseaux provenant de l’extérieur du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

De son côté, l’animalerie Terre Animale, aussi située à Chicoutimi, a temporairement interrompu la vente d’animaux. Pour la sécurité de tous, les animaux, y compris les rongeurs, sont isolés dans une section où les clients n’ont pas accès.

Quant aux cliniques vétérinaires, le mot d’ordre est de ne faire que les urgences. Même les stérilisations et la vaccination sont des interventions mises sur la glace.

Adoptions suspendues

À Saguenay, les deux mandataires pour le contrôle animalier, dont le Refuge des animaux de Chicoutimi et la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) Saguenay, restent disponibles pour répondre aux urgences, mais ne font plus adopter d’animaux.

« Je me prépare pour le retour à la normale. J’aurai une trentaine de chats stérilisés et vaccinés à faire adopter, mais pour l’instant, il n’est pas question d’adoption. Je ne mettrai pas en danger mon équipe, souligne Marc Villeneuve, le propriétaire du Refuge des animaux. Il faut tous rester chez nous, mais pour adopter un chien, il ne semble pas y avoir de restrictions. »

Jeudi matin, en moins d’une heure, le Refuge des animaux de Chicoutimi avait reçu près d’une dizaine d’appels de gens qui souhaitaient adopter.

Il est vrai que le confinement semble être un moment idéal pour intégrer un nouvel animal dans la famille. D’autres y voient une façon de combler l’ennui. Certains vont jusqu’à parler de zoothérapie, alors que le moral est bas.

Mais certains s’inquiètent du sort de ces animaux quand le retour au travail sera annoncé. Auront-ils été bien socialisés ? Seront-ils prêts à rester seuls plusieurs heures ? Les adoptants doivent aussi penser au budget pour éventuellement stériliser et offrir les soins de base, tels que la vaccination.

« Du côté de Saguenay, notre position est basée sur les mesures et les règles déterminées par le gouvernement du Québec. Les animaleries demeurent ouvertes, car il s’agit d’un service essentiel afin de continuer à nourrir nos animaux à la maison », a mentionné la mairesse de Saguenay, Josée Néron.

« Nous comprenons que les gens veuillent faire de la zoothérapie en cette période de confinement. Mais la décision d’adopter ou de se procurer un animal doit être réfléchie. Car une fois que la pandémie sera passée, votre animal de compagnie demeurera toujours un membre de la famille. Nous ne voudrions pas que nos refuges pour animaux se retrouvent avec de nombreux chiens, chats ou oiseaux dont les gens ne voudront plus. »