Le Directeur général des élections du Québec, Pierre Reid, est préoccupé par une diminution significative de la participation au vote chez les 18-34 ans alors qu’il est passé sous la barre des 50 % dans quatre des 16 régions administratives du Québec.

De moins en moins de jeunes vont voter

Le Directeur général des élections du Québec identifie des enjeux importants pour le prochain scrutin général. La participation au vote des 18-34 ans, qui a baissé de façon importante lors des élections générales de 2014 dans certaines régions du Québec, dont le Saguenay-Lac-Saint-Jean, en fait partie.

De passage devant le Cercle de presse du Saguenay, mercredi, le patron du DGE, Pierre Reid, a fait part de ses préoccupations sur l’écart qui se creuse entre les 18-34 ans et les autres groupes d’âge pour la participation au vote. Son mandat l’autorise à se pencher sur les différentes facettes de la participation au vote incluant des stratégies pour favoriser la plus grande participation à cet exercice à la base de la démocratie.

« La participation à un premier vote peut être déterminante pour le comportement futur d’un électeur », croit Pierre Reid. Il prend donc au sérieux les chiffres qui confirment une baisse de participation chez les jeunes électeurs, principalement ceux et celles qui participeront à un premier scrutin. « Je leur répète souvent que les décisions qui se prennent aujourd’hui auront un impact plus important pour eux que pour moi », reprend Pierre Reid.

Selon les statistiques analysées par la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l’Université Laval, le taux de participation aux élections générales des 18-34 ans dans la région a été de 51 % alors que 71 % des personnes inscrites sur la liste électorale ont exercé leur droit de vote.

Les chiffres sont encore plus catastrophiques pour quatre autres régions du Québec où le taux de participation chute sous la barre des 50 %. Ce sont les électeurs de demain qui se désintéressent déjà d’une participation à la vie démocratique et le DGEQ entend déployer les efforts nécessaires pour contrer ce phénomène.

« Il devrait y avoir une formation dans les écoles. Bien souvent, c’est l’effort d’un professeur », ajoute Pierre Reid.

Le DGE a mis sur pied des programmes pour intervenir au niveau scolaire. Les jeunes du secondaire sont invités à un exercice de participation au vote pour des candidats inscrits. Cette année, les enfants qui accompagneront les parents auront une expérience du bureau de vote alors qu’ils pourront répondre à une question. Il s’agit de projets visant à démystifier cet exercice. Mais Pierre Reid maintient que le DGE ne peut agir seul et doit compter sur l’ensemble de la société pour intégrer dans la vie des jeunes cette responsabilité qu’est l’expression du vote.

Le DGE n’est pas le seul à s’inquiéter de cette diminution de l’intérêt des jeunes pour la politique. Il note au passage que les partis politiques doivent composer avec les mêmes dynamiques au chapitre du militantisme.

Le DGE étend aussi ses tentacules dans les élections municipale et scolaire. Il agit alors à titre de conseil pour ces organisations. Dans le cadre des dernières élections municipales, le DGE a mené une campagne de publicité en utilisant l’humour pour faire comprendre aux citoyens l’importance de se présenter aux urnes puisque les décisions prises par les gouvernements ont un impact sur leur vie.

Pierre Reid peut difficilement expliquer les raisons de ce désintéressement des jeunes dans certaines régions. Les chiffres ne sont pas semblables à la grandeur du Québec. Il a souvent comme réponse par les principaux intéressés qu’ils manquent d’information. Les médias ont donc à ses yeux un rôle central à jouer dans cette dynamique. Malgré tout, le Québec affiche une performance historique supérieure au Canada pour l’expression du vote populaire.

+ Exploitation des réseaux sociaux

Le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) n’hésitera pas un seul instant à intervenir si des groupes tentent d’influencer le processus électoral en exploitant les réseaux sociaux.

« À titre d’exemple, si on publie une information voulant qu’un candidat n’est pas dans l’élection et qu’il est inscrit sur nos listes, nous allons rectifier les choses », a assuré Pierre Reid, tout en reconnaissant que le nouveau paysage numérique doit être considéré. Il assure que l’organisation qu’il dirige réfléchit sur toute cette dynamique.

L’un des premiers enjeux soulevés devant le Cercle de presse du Saguenay est celui de la protection des données personnelles des Québécois contenues dans la liste électorale. « Nous transmettons deux à trois fois par année la liste électorale aux partis politiques », rappelle M. Reid, conscient que l’usage qui en est fait n’assure pas nécessairement la protection de ces renseignements.

« La liste électorale comprend le nom des personnes en âge de voter, leur âge et leur adresse. On se rappelle que les listes électorales étaient affichées sur les poteaux de téléphone », reprend Pierre Reid qui a sensibilisé les parlementaires à cet enjeu dans un monde où l’exploitation des données par des systèmes informatiques peut influencer le résultat d’un scrutin.

Le DGEQ n’a pas écarté définitivement le vote par courriel ou autre système de communication.

« Dans les endroits où ce système a été mis en place, on constate une augmentation au début et un retour à la longue. C’est un déplacement d’électeurs qui se produit », a conclu le DGE.