Sur la photo, on reconnait Martin Lambert, fondateur de A3 Surfaces, Jean-Luc Bernier, vice-président technologie et développement des affaires, et Maxim Dumont, coactionnaire de l'entreprise. Trois autres actionnaires, Michel Lavoie, Jean-Pierre Collard et Jocelyn Lambert, sont absents de l'image.

De l'aluminium qui tue les bactéries

Une jeune entreprise de Chicoutimi, A3 Surfaces, est sur le point de percer le marché de la fabrication des équipements sanitaires et médicaux. Elle a mis au point un procédé de traitement de surface de l'aluminium qui a la propriété de tuer les bactéries de façon beaucoup plus efficace que le cuivre ou l'acier inoxydable.
L'entreprise, présentement logée entre les murs du Cégep de Chicoutimi, a affiché ses couleurs au Salon de la Vallée de l'aluminium afin d'attirer l'attention sur le caractère novateur du procédé développé depuis 2009 avec la participation, entre autres, du docteur Daniel Gaudet, directeur du Centre de recherche et développement de l'hôpital de Chicoutimi. M. Gaudet détient les brevets du procédé unique.
En entrevue, Martin Lambert, l'un des fondateurs de A3 Surfaces, explique qu'il a oeuvré à l'hôpital de Chicoutimi dans le passé à un poste de technicien de laboratoire médical. Avec son frère Jocelyn et Maxim Dumont, diplômé d'un DEC en transformation de l'aluminium, le trio a oeuvré à développer un procédé visant à rendre des surfaces d'aluminium antimicrobien par l'injection de molécules d'ammonium et de sels d'argent. Le procédé d'anodisation complexe nécessite onze bassins de trempage par électrolyse contribuant à créer une couche d'oxyde d'alumine. 
Le processus de recherche et développement n'a pas toujours été facile puisqu'il a fallu approfondir le travail pour savoir pourquoi les propriétés biocides du traitement n'étaient pas toujours présentes. Les contributions de Promotion Saguenay, Rio Tinto, de la Société de la Vallée de l'aluminium et du Conseil national de recherche du Canada à Boucherville (CNRC) ont permis de peaufiner le procédé jusqu'à l'obtention d'une surface complètement biocide. «Avec les analyses faites par le CNRC, on a réussi à prouver à des manufacturiers qu'on répond à toutes les attentes. Dès qu'une bactérie touche à notre surface d'aluminium, elle disparaît complètement après cinq minutes », explique M. Lambert.
Selon lui, l'aluminium ainsi traité s'attaque à la paroi des bactéries et contribue à leur mort, faute de pouvoir se nourrir de façon plus efficace que le cuivre ou l'acier inoxydable. L'hôpital de Chicoutimi aurait fait connaître dans les derniers jours son intention d'aménager les murs d'une salle de bain avec ce matériau antibactérien dans le cadre d'un projet-pilote.
En ce qui a trait aux coûts du traitement, M. Lambert mentionne qu'ils sont plus élevés que ceux de l'aluminium non traité, mais se comparent à ceux de l'acier inoxydable à plus ou moins 10 %.
Applications
Maintenant que les propriétés biocides ont été démontrées, A3 Surfaces entrevoit d'importants débouchés pour cet aluminium biocide. Présentement, 16 projets de développement sont en gestation. Du travail est effectué avec un fabricant allemand de distributeurs de savon à main ainsi qu'une compagnie pharmaceutique pour un équipement de distribution de pilules. Des parois de roulotte anti-moisissure, la fabrication de meubles pour laboratoires médicaux et la mise au point d'une tour de refroidissement utilisée dans la climatisation d'immeuble figurent sur la liste des projets. Rappelons que ces tours de refroidissement susceptibles d'abriter des bactéries responsables de la légionellose avaient causé une douzaine de décès dans la région de Québec il y a quelques années.
Mardi, A3 Surfaces a reçu une bonne nouvelle alors qu'un projet de recherche interuniversitaire piloté par le chercheur Grant Chen, de l'UQAC, a été retenu dans le cadre du Programme de recherche en partenariat sur la production et la transformation de l'aluminium. L'enveloppe de 900 000 $ permettra à des chercheurs des universités de Sherbrooke et de McGill de vérifier certaines propriétés du nouveau procédé.