Simon Mélançon et Félix Daviault-Ford sont les fondateurs de la Pie Braque Microbrasserie, lancé au courant de la dernière années. Depuis, les deux hommes se s’assurent de faire parler d’eux.

De la place pour tous les joueurs

Du beau monde, de la bonne bouffe, une température estivale et une fébrilité dans l’air provoquée par le passage de Sean Paul à Chicoutimi. Ajoutez à ces ingrédients beaucoup de bonnes bières et vous retrouvez un cocktail explosif pour le lancement de la 10e édition du Festival des bières du monde de Saguenay.

La soirée d’ouverture a été lancée en grande pompe jeudi, en milieu d’après-midi. Vers 19 h, le site de la Zone portuaire était saturé de festivaliers, verre de bière ou bouchées à la main. Ou parfois, les deux.

Cette dixième édition se veut un heureux mélange de continuité et de nouveautés. Les microbrasseries qui en sont à leur première visite au Festival des bières du monde de Saguenay sont faciles à trouver. Elles sont situées près de la scène où sont présentés les spectacles gratuits.

Les festivaliers ont pris d’assaut la Zone portuaire de Chicoutimi pour le lancement de la 10e édition du Festival des bières du monde de Saguenay, jeudi.

La Pie Braque Microbrasserie fait partie des nouveaux joueurs du monde brassicole. En cette première année d’existence, ses fondateurs voient leur présence sur le site comme une excellente occasion de faire découvrir les produits.

« On s’est donné comme mandat de mettre notre nom sur la carte, on a fait beaucoup de bruit et on est content que les gens commencent à nous reconnaître et qu’ils commencent à connaître nos produits », a partagé un des deux membres fondateurs de la Pie Braque, Félix Daviault-Ford, accompagné de son acolyte Simon Mélançon.

Installée à Jonquière, la Pie Braque a passablement fait parler d’elle depuis sa création, en succédant les collaborations. Le Festival des bières du monde de Saguenay est d’ailleurs l’occasion de faire découvrir La Pano, une session ale IPA à cause sociale puisque les fonds amassés vont aller au financement du futur chalet d’accueil du centre de vélo de montagne Le Panoramique.

La Pie Braque Microbrasserie est un des nouveaux joueurs dans le monde brassicole au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Les gens sont curieux d’en savoir un peu plus et si on réussit à faire connaître encore un peu plus le nom de Pie Braque, on va être content », a exprimé Félix Daviault-Ford, qui constate que les gens de la région sont bien présents au kiosque.

« Les Saguenéens sont très fiers de leur région et on est celle où il y a le plus de microbrasseries par habitant, a-t-il fait remarquer. Il y en a 16, ce qui a permis de lancer la Route des bières. On distribue une carte à notre kiosque et les gens peuvent faire le tour des brasseries de la région. On gagne des parts de marché sur les macrobrasseurs et on voit une belle solidarité. On aime encourager les gens à boire local et on ne se perçoit pas comme des compétiteurs. On est plutôt une fraternité qui travaille à produire des bières de qualité, produites localement. »

Autre microbrasserie au nombril vert, La Pécheresse de La Tuque vient pratiquement célébrer ses trois ans d’existence à Saguenay. Après avoir goûté au Festival des bières d’Alma l’an dernier, ses acteurs tenaient à être à Chicoutimi cette année.

Carl Charland et Russ Adams, de la Microbrasserie La Pécheresse, en sont à leur première visite au Festival des bières du monde de Saguenay.

« Notre priorité est de faire découvrir nos produits aux gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais on veut aussi savoir ce que les gens en pensent », a mentionné Russ Adams de La Pécheresse, qui a été fondée par Michael Martineau et Marc-André Ayotte le 24 juillet 2015.

« On réussit à se démarquer malgré notre jeunesse, a noté Russ Adams. Les gens commencent à nous connaître et ce genre de festival nous aide beaucoup. Les microbrasseries sont en essor au Québec et je ne pense pas qu’il y en ait trop. Ça ne fait que pousser les brasseurs à se diversifier et à se démarquer. C’est une saine compétition. »

Le Festival des bières du monde de Saguenay se poursuit toute la fin de semaine au Vieux-Port de Chicoutimi. Une chose est sûre, les festivaliers n’ont aucune chance de mourir de faim et de soif.

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D'UNE MODE À UN MOUVEMENT

Le directeur général et fondateur du Festival des bières du monde de Saguenay, Robert Hakim, remarque que le public, les produits et les saveurs ont complètement changé depuis la première édition. 

« Il y a 10 ans, quand on a commencé, on disait que l’attrait pour la bière artisanale était une mode. Aujourd’hui, on voit que c’est un mouvement », a-t-il confié en marge du lancement. Il ne pensait pas que l’attrait pour la bière artisanale allait grandir aussi vite. Le nombre de participants a significativement augmenté dans les dernières années et pourrait atteindre 90 000 personnes pour la 10e édition.

« Les barrières qu’il y avait concernant la bière artisanale sont tombées. Aujourd’hui, on voit du monde de tous les âges, de tous les niveaux. Dans nos deux derniers sondages, il y avait maintenant 51 % de femmes », a affirmé le promoteur. Il pense que la tendance se poursuivra cette année.

« Le goût pour la bière a changé, c’est maintenant comme le vin, il y a plus de saveurs. Les gens découvrent plus, et ils aiment beaucoup. Nous sommes à un autre niveau complètement », a confirmé le directeur.

Une soixantaine d’exposants présenteront leurs produits au courant de la fin de semaine, dont une dizaine de la région. 

De plus, le festival ne se limite plus qu’à la bière. « Maintenant, il y a des bières sans alcool, des distilleries, des vins, des spiritueux et des mixologues qui sont présents sur place, et on peut maintenant manger, sans sortir du site, a indiqué Robert Hakim. « C’est vraiment trois festivals en un, de la musique, de la bière, mais aussi de la nourriture. » Myriam Arsenault