La conseillère municipale de Shipshaw, Julie Dufour (au centre, devant), a écouté le mécontentement de 150 citoyens réunis lundi soir au centre multiservice de l’endroit.

De la grogne, mais peu de solutions

À l’instar de Laterrière, quelque 150 citoyens de Shipshaw se sont réunis pendant plus de deux heures au centre multiservice, lundi soir, pour partager leur mécontentement auprès de la conseillère municipale du secteur et présidente du conseil d’arrondissement de Jonquière, Julie Dufour.

Et comme il y a quelques semaines, la taxation, le rôle d’évaluation municipale et la hausse du salaire des élus ont été les principaux sujets abordés. Accompagnée de la directrice d’arrondissement Sonia Simard et du conseiller Kevin Armstrong, Julie Dufour a tenté d’apaiser la grogne autant que possible, mais sans grand succès.

L’ambiance était moins explosive qu’à Laterrière, mais la frustration était palpable. Certes, la démocratie a une fois de plus parlé, mais elle a opté pour un ton généralement haut.

Au final, Julie Dufour a suggéré aux citoyens présents de se réunir entre eux afin de former un comité de travail, du même type que celui de Laterrière, et quatre personnes ont proposé de s’impliquer, après une légère hésitation.

« Les gens ont été polis et ils ont fait part de leur mécontentement, même s’il n’y a pas eu tant de pistes de solutions, a reconnu la conseillère en poste depuis 2013. Il y a certains constats qui sont durs et le sujet n’est pas très agréable. »

Environ 150 citoyens de Shipshaw ont fait connaître leur mécontentement.

Une pétition a toutefois été déposée par une citoyenne, demandant de réviser en totalité le dernier budget de Saguenay. Plus de 500 personnes avaient apposé leur signature, lundi soir.

« Le mécontentement vient des secteurs de Laterrière, Lac-Kénogami et Shipshaw, c’est-à-dire des périphéries (des grands arrondissements). C’est facile à comprendre, c’est parce qu’on paye beaucoup, mais on reçoit peu », a lancé un citoyen, suivi des applaudissements de la foule.

« Il y a un souci d’équité à travers le territoire et on le comprend bien, mais en même temps, lorsqu’on demeure en périphérie, on s’attend à moins de services de proximité, a mis en contexte Julie Dufour. On devra trouver des façons de faire judicieuses, en faisant des coupes aux bons endroits et en tentant de trouver de nouvelles sources de revenus. »

La situation de l’eau courante a été abordée par quelques citoyens, blâmant la qualité du service d’aqueduc. Les problèmes de déneigement, la perte de valeur des habitations, l’asphaltage, et plusieurs autres sujets sont d’autres irritants des Shipshois, mais le mouvement de contestation entourant le projet de l’Amphithéâtre+ et des bacs bruns a refait surface.

Les citoyens mécontents de la baisse de l’évaluation immobilière ont été invités à communiquer à la Ville de Saguenay au 418-698-3300. Une explication complète peut être donnée à chaque propriétaire d’une résidence, et Julie Dufour a fait savoir qu’il était possible d’amorcer un processus de réévaluation avant le 30 avril.

« Je suis contente de vous avoir entendus et je vais vous faire une reddition de comptes, c’est certain », a résumé Julie Dufour au terme de la rencontre, ayant dû rappeler qu’elle ne pouvait changer la hausse du taux de taxe à 3,9 pour cent, votée lors de l’approbation du dernier budget.

Julie Dufour n’a pu calmer la grogne.

« Il y a des choses légales que je ne peux changer, a clarifié Mme Dufour. Par contre, c’est ensemble qu’on trouve des solutions et je suis prête à travailler avec vous. Je m’engage à porter vos propositions au conseil de ville. »

Une rencontre similaire est prévue mercredi soir, pour les citoyens de Lac-Kénogami. Le conseiller du secteur Jonathan Tremblay sera présent, accompagné de Julie Dufour, à la salle municipale.